Le Développement Personnel pour les Gens Intelligents

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Phrase-résumée de “Le développement personnel pour les gens intelligents” : Être heureux signifie être parfaitement accordé avec les principes universels de la Vérité, de l’Amour, du Pouvoir, et de ses dérivés, l’Unité, l’Autorité, le Courage et l’Intelligence ; ce livre nous guide vers un meilleur nous-même en nous exposant la théorie et la pratique de chacun de ces principes.

De Steve Pavlina, 250 pages, publié en 2008.

Résumé et chronique de “Le Développement Personnel pour les gens intelligents”:

(Note : Ce livre ne fait pas partie du défi PMBA)

Connaissez-vous Steve Pavlina ? Programmeur de jeux vidéos ayant connu un certain succès dans le domaine des sharewares – ces programmes que vous pouvez essayer 30 jours avant de les acheter – il a lancé en 2004 son blog sur le développement personnel avec pour ambition de devenir un acteur important du secteur, alors même qu’il n’avait aucune référence, aucun diplôme en relation et écrit aucun livre à ce sujet. Mais il lisait depuis 10 ans environ 50 livres par an sur le développement personnel, et, nourrit de ce gigantesque savoir accumulé, il a commencé à faire des connexions entre des concepts en apparence disparates et, en testant et en faisant des erreurs, à innover. Résultat : 4 ans après son lancement, son blog attire environ 2 millions de visiteurs par mois et est une des plus éclatante réussite de la blogosphère. Au bout de deux ans, son blog lui rapportait environ 1 000$ par jour en revenus publicitaires et d’affiliation, sans qu’il ait jamais dépensé le moindre centime en publicité ou marketing !

Je suis moi-même un fan de Steve Pavlina et ait lu la majorité de son blog, qui propose des centaines d’articles sur des sujets très variés, dont certains sont de purs joyaux qui scintillent au milieu d’un monceau de pépites d’or – ne ratez pas ses bests-of dans la colonne de gauche, qui sont tous des must-read (ils valent vraiment leur pesant de cacahouètes).

Steve Pavlina publie donc son premier livre sur le développement personnel, qui se nomme comme son blog Personal Developpement for Smart People. Je fais partie des 400 heureux bloggueurs qui l’ont reçus gratuitement en avant-première, et je l’ai lu le plus rapidement possible en l’insérant entre les livres de mon défi.

Tout d’abord, même si l’on retrouve de nombreux passages de son blog, ce livre n’est clairement pas une compilation de ses meilleurs articles : Steve va bien plus loin en proposant un système de développement personnel, que j’irai même qualifier de système philosophique, tant il se veut cohérent, profond et universel, et en même temps pratique et progressif. Je vais vous en brosser le portrait.

Pour Steve, les lois de la physique sont universelles et s’appliquent partout de la même manière; pourquoi le domaine du développement personnel devrait-il être différent ? Des lois de la conscience universelle ne devraient-elles pas exister, elles-aussi ? Ces questions le frappait, alors qu’il tournait une à une les pages des centaines de livres qu’il lisait, tous à propos du développement personnel, mais tous emplis de contradictions, les uns envers les autres, mais aussi contradictoires envers eux-même.

Il s’est donc mis à réfléchir et est parti à la recherche de ces règles fondamentales, qui doivent satisfaire à de nombreux critères, dont les plus importants sont :

Universalité. Ces principes doivent s’appliquer à tout le monde, partout, dans n’importe quelle situation, et doivent bien fonctionner dans n’importe quel domaine de la vie : la santé, l’amitié, les relations amoureuses, la carrière professionnelle, le développement spirituel, etc. Il est aussi attendu qu’ils puissent fonctionner dans 1000 ans, et ils auraient pu fonctionner il y a 1000 ans. Ils sont indépendants de toute culture, et s’appliquent à la fois individuellement et collectivement.
Système. Ces principes doivent être complets et cohérents, et donc pourvus de toutes les éléments essentiels sans qu’un seul ne manque. Il doit être possible de relier tous les lois universelles efficaces du développement personnel à ces fondations, et idéalement ces principes doivent créer par eux-même une structure qui est à la fois simple et élégante.
Fondamentaux. Ces principes doivent être irréductibles, comme les nombres premiers en mathématiques. Ils doivent servir de blocs atomiques fondamentaux du développement humain. Ainsi, il doit être possible de combiner deux principes fondamentaux ou plus pour en créer des secondaires, et les combinaisons résultantes doivent être aussi universelles et cohérentes.
Cohérence. Ces principes ne doivent pas être contradictoires entre eux. Ils doivent s’interconnecter logiquement et intuitivement.
Pratiques. Ces principes doivent être capables de générer des résultats concrets et intelligents dans le monde réel. Vous devez être capable de les utiliser pour faire des diagnostics de situations problématiques et imaginer des solutions pratiques et atteignables.

On le voit, Steve Pavlina a placé la barre très haut, en se donnant ainsi pour objectif de découvrir des principes satisfaisants à tous ces critères. Après deux ans et demi de recherche, il nous les livre; il y a trois principes fondamentaux :

Vérité : La capacité à adhérer à la réalité de la manière la plus exacte possible, qui se décline par :
    La perception  : La capacité à percevoir la réalité avec acuité.
    La prédiction : La capacité à prédire le plus efficacement possible les conséquences de ses actions.
    L’exactitude : La capacité à avoir une représentation interne de la réalité la plus proche possible de la vraie réalité.
    L’acceptation : La capacité à accepter la Vérité même dans ses aspects les plus douloureux.
    La conscience de soi : La capacité à être pleinement conscient de vous et de votre environnement
Amour : La capacité à aimer les êtres vivants et à se connecter avec eux, qui décline par :
    La connexion : La capacité à se connecter avec les autres et le monde.
    La communication : La capacité à communiquer efficacement et honnêtement avec les autres.
    La communion : La capacité à percevoir et créer de profonds liens de camaraderie, d’amitié et d’amour, accompagné du délicieux sentiment de complétude qui accompagne le partage de son vrai soi.
Pouvoir : La capacité à combler vos besoins et vos désirs, qui se décline par :
    La responsabilité : La capacité à accepter la pleine responsabilité de votre vie.
    Le désir : La capacité à à comprendre et accepter vos désirs les plus profonds.
    L’auto-détermination : La capacité à comprendre ce que vous voulez dans la vie et à prendre des décisions qui vous y amène.
    La focalisation : La capacité à vous focaliser sur l’essentiel et à ne pas se disperser en futilités.
    L’effort : La capacité au travail et à l’effort dans la poursuite de vos objectifs.
    L’auto-discipline : La capacité à rester collé à ce que vous avez décidé et au travail à accomplir pour accomplir vos objectifs.

Certains de ces concepts peuvent vous sembler être du bon sens. Ainsi, le principe de la Vérité est compris intuitivement par les scientifiques, le principe d’Amour est commun à toutes les religions majeures, et le principe du Pouvoir est omniprésent dans les entreprises et les gouvernements. Mais ces principes ont tendance à être compartimentés, ce qui les affaiblit et est une énorme erreur de notre société, selon l’auteur.
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es trois concepts fondamentaux se combinent entre eux pour former :

L’Unicité (Amour, Vérité) : Le plus mystique de tous, à mon sens, et celui qui m’a le moins parlé : la capacité à ressentir la connexion entre tous les êtres vivants et qui se décline par :
    L’empathie : la capacité à percevoir et comprendre les émotions des autres, voire ses états émotionnels.
    La compassion : La capacité à ressentir une affinité avec chacun et à vouloir les aider.
    L’honnêteté : La capacité à établir des relations honnêtes et véritables.
    L’équité : La capacité de traiter chacun d’une manière qui nous honore et pour le bien de tous.
    La contribution : La capacité d’optimiser et d’élargir votre contribution à l’humanité et au monde.
    L’unité : La conscience globale. La responsabilité complète, du niveau individuel au niveau le plus large. Si vous pensez que la planète a besoin d’aide, il est de votre responsabilité de l’aider plutôt que de vous replier sur vous-même.
L’Autorité (Vérité, Pouvoir) : La capacité de prendre totalement les commandes de votre vie, et d’atteindre vos buts, qui se décline par :
    La maîtrise : La capacité de prendre les décisions par rapport à vous même et pas par rapport à une autorité extérieure, gourou, leader ou professeur.
    L’efficacité : La vraie mesure de l’autorité. La capacité à accomplir intelligemment des décisions éclairées, et à prédire avec une faible marge d’erreur les résultats.
    La persistance : La capacité à rester collé à vos objectifs en investissant une somme considérable de temps pendant longtemps – souvent des années.
    La confiance : La vraie confiance n’est pas le fameux "fake it until you make it" (fait semblant jusqu’à ce que tu le fasses), l’apparence plutôt que l’essence, l’outer-game plutôt que l’inner-game. C’est la reconnaissance profonde, émotive, d’une certaine vérité, la vérité que vous êtes un être humain puissant.
    L’importance : La capacité à utiliser son Pouvoir à des choses significatives plutôt que des choses frivoles et sans importance.
Le Courage (Amour, Pouvoir) : La capacité à agir pour surmonter un obstacle afin d’atteindre un objectif à plus long terme, à agir quand vous prédisez un court-terme négatif nécessaire pour un long-terme positif attendu; qui se décline par :
    Le coeur : La connexion à votre vous profond. La capacité à choisir le chemin du coeur, celui qui intuitivement vous fait vibrer. Demandez-vous toujours "est-ce que ce chemin a du coeur ?".
    L’initiative : La capacité à faire le premiers pas, à garder les choses en mouvement, à ne pas laisser l’attente vous ronger.
    La franchise : La capacité à aller droit au but plutôt qu’à faire des circonvolutions afin de minimiser vos risques d’échec et de rejet.
    L’honneur : La capacité à vivre en honorant ses principes, à les placer au centre de sa vie.
L’Intelligence (Vérité, Amour et Pouvoir) : L’union gracieuse des trois principes, qui nous définit en tant qu’être conscient. Notre plus grande force, notre plus grand allié, et notre but le plus noble, qui se décline par :
    L’authenticité : La capacité à vous exprimer de manière cohérente. L’image que vous envoyez à l’extérieur reflète votre image intérieure, que vous discutiez avec un ami de coeur ou un parfait inconnu.
    L’expression créative : La capacité à créer, qui demande un vecteur et un message.
    Le développement : La capacité à s’améliorer, à grandir, à mûrir, à devenir plus intelligent.
    La fluidité : La capacité à utiliser le courant de la vie plutôt que de se battre contre lui. Vos efforts ne deviennent pas faciles, ils sont positionnés de manière à donner les résultats désirés.
    La beauté : La capacité à comprendre les lois sous-jacentes de la réalité, qui rend la vie incroyablement fascinante.

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L’auteur propose pour chacun de ces principes un chapitre complet pour les détailler et préciser les points qui peuvent vous bloquer dans l’accomplissement de chacun de ces principes, et des exercices concrets afin de les développer.

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La deuxième partie du livre est consacrée aux actions pratiques de ces principes. Alors que la première partie est fondamentalement originale, la deuxième l’est moins pour qui a lu la majeure partie du blog de Steve Pavlina : on y retrouve l’essentiel de ses meilleurs articles, mais articulés avec les 7 principes, ainsi que tout de même des conseils originaux. Les sujets abordés sont :

Les Habitudes

Qui sème une pensée, récolte une action ; qui sème une action récolte une habitude ; qui sème une habitude, récolte un caractère ; qui sème un caractère, récolte un destin.
Stephen R. Covey, "les 7 habitudes de ceux qui réalisent tout ce qu’ils entreprennent" (1989)

Cette phrase de Covey résumé bien l’intérêt des habitudes : passer en pilote automatique des actions régulières. Supprimer un maximum de mauvaises habitudes et en créer un maximum de bonnes peut créer une énorme différence sur une vie entière : et si, au lieu de fumer plusieurs cigarettes par jour, vous faisiez un peu de sport ? Et si, au lieu de regarder la télé, vous lisiez un bon livre sur un sujet intéressant ? Et si, au lieu de surfer au hasard sur le web, vous écriviez quelque chose – billet de blog, nouvelle, roman, ou même journal ? Une heure par jour consacrée à un projet peut conduire au bout d’un an à des réalisations remarquables : un site générant des revenus, un livre terminé, une forme physique bien plus élevée, un défi fou relevé… 😉

Steve explore le concept des habitudes passé au prisme des 7 principes, et en propose 66 à tester, pendant 30 jours par exemple, comme :

    Pyramide : Passez 15 à 30 minutes à faire des tâches faciles pour vous échauffer. Ensuite prenez en main votre projet le plus difficile pendant de nombreuses heures. Finalement, finissez avec 15 à 30 minutes sur des tâches faciles pour faire une transition avec la fin du travail.
    Tempo : Augmentez délibérément le rythme et essayez d’aller un peu plus vite que d’habitude. Marchez plus vite. Lisez plus vite. Tapez plus vite… Rentrez chez vous plus tôt.
    Ponctualité : Arrivez toujours en avance à vos rendez-vous. La ponctualité renforce l’Autorité.
    Non : Dites juste non aux requêtes non critiques qui vous demandent du temps. Si cela énerve des personnes, laissez faire.
    Travailleur miracle : Estimez le temps que va mettre une tâche à être terminée. Ensuite démarrez un chronomètre, et forcez-vous à la terminer à la moitié du temps imparti.

La Carrière

Le débouché principal de votre expression créative. A un niveau plus simple, ce que vous faites pour occuper votre temps. Steve vous propose de nombreuses questions afin de vous interroger sur votre carrière, comme celles-ci, inspirées par Maslow et sa fameuse pyramide des Besoins :

    Corps (Besoin) : Qu’est-ce que je dois faire ?
    Esprit (Capacités) : Qu’est-ce que je peux faire ?
    Coeur (Désir) : Qu’est-ce que j’ai envie de faire ?
    Esprit (Contribution) : Qu’est-ce que je devrai faire ?

Selon Steve, une authentique carrière est une carrière qui répond à ces quatre questions.

L’Argent

Steve explore dans ce chapitre, au delà de l’aspect pratique de ses suggestions, le concept même de l’argent. La société nous conditionne avec tant de vues contradictoires sur le sujet qu’il n’est pas étonnant de voir que tant personnes sont désorientées par rapport à l’argent.
Ainsi Steve a, comme tant d’autres, grandit en développant des croyances incohérentes à propos de l’argent : d’un coté, il voyait bien qu’avoir de l’argent est important et bon. L’argent peut acheter de la nourriture, des vêtements, un abri, des transports, une éducation, des outils et de la technologie, des loisirs, des soins, etc. Si vous avez de l’argent, vous avez des solutions. D’un autre coté, Steve ne trouvait pas normal que l’argent achète des privilèges comme de meilleurs soins, de la nourriture saine, ou une éducation décente, ni que certaines personnes agissent comme des voleurs pour s’en procurer, au détriment des autres.

Pour lui, il y a deux manières basiques de faire de l’argent :

Faire une contribution significative à la société, et recevoir un paiement en relation avec la valeur sociale de cette contribution.
Tirer partie des défauts du marché pour extraire de l’argent sans apporter une quelque valeur à la société.

Ce qu’il résume par :

Contribuer
Parasiter

La Santé

Difficile à notre époque de se faire une opinion arrêtée sur ce qui est sain ou non pour notre corps, tant les spécialistes divergent souvent sur ces questions : il n’est pas difficile de trouver un livre qui dit exactement l’inverse de celui que vous êtes en train de lire à ce sujet.
Steve propose une méthode pour tenter de s’y retrouver dans cette jungle, essentiellement basée sur le bon sens et l’application des 7 principes, et pour prendre en main votre santé.

Les Relations

Les relations humaines sont une source formidable d’apprentissage et de croissance, ainsi qu’une nécessité pour le bonheur de chacun d’entre nous. Steve les explore, en particulier au niveau des relations intimes, toujours au travers du prisme des 7 principes.

La Spiritualité

Steve propose une méthode qui peut paraître très étrange à certains d’entre vous pour explorer sa spiritualité : explorer différents points de vue. Il a été élevé comme un Catholique pratiquant, mais s’est libéré de cette religion pour explorer d’autres points de vue sur la spiritualité. Pour lui, s’en tenir à une religion en pensant que c’est le seul point de vue possible sur la spiritualité, et pire La Vérité, c’est comme si l’on affirmait que la réprésentation en 2D d’un cube en trois dimensions était la seule possible, alors qu’il peut être représentée d’une multitude de points de vue différents. Il challenge ainsi nos croyances, que nous soyons Chrétiens, Musulmans, Bouddhistes, Raéliens, Athées, Agnostiques, etc, et nous propose d’expérimenter divers points de vue avant de croire que nous détenons une Vérité que nous ne percevons de toute façon que de manière extrêmement tronquée.
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Critique de “Le Développement Personnel pour les gens intelligents” :

Ce livre est indubitablement extrêmement intéressant et extrêmement riche : il fait partie des livres que l’on lit et relit plusieurs fois, partiellement ou entièrement, en y trouvant à chaque fois de nouvelles matières pour réfléchir et agir.

Le système complet que développe Steve Pavlina me semble cohérent et pertinent, et très très profond. Vraiment, c’est pour cela que je n’hésite pas à le qualifier de système philosophique : Steve Pavlina propose, ni plus ni moins, un guide complet pour penser et réussir sa vie – à tous les niveaux – tout en laissant à chacun une marge de liberté gigantesque. De plus, alors qu’il aurait pu utiliser un jargon universitaire ou technico-scientifique pour se faire mousser – comme c’est hélas devenu la règle dans le milieu universitaire – , Steve utilise une langue remarquablement claire et simple, allant droit à l’essentiel.

Le corollaire de ce système, c’est qu’il peut sembler un peu trop universel et directif. Mais la richesse du livre fait que chacun pourra y piocher ce qui l’intéresse en fonction de ses besoins et de ses envies du moment, quitte à y revenir plus tard. Je pense que tout le monde y trouvera au moins une idée et une action à faire qui vaudra le prix du livre et le temps passé à le lire.

Pour continuer sur les défauts, toutefois, je dirais que Steve tombe parfois dans une naïveté qui m’aurait fait mettre en sous-titre Steve Pavlina à Disneyland si j’avais été méchant. Mais je ne suis pas méchant. Je vais juste dire que ce système doit s’appliquer dans un monde imparfait à des êtres imparfaits, et qu’il y a des cas où il me semble difficile de l’utiliser : quid par exemple, de sociétés concurrentes que l’on veut évincer pour dominer le marché ? Quid de la séduction, que Steve aborde d’une manière très touchante mais aussi très naïve, et surtout quid de la mise en pratique réelle de ce système dans la vie de tous les jours, mois après mois, années après années pour la majorité d’entre nous ? Je pense que ce livre vous donnera malheureusement beaucoup de concepts du type J’y pense et puis j’oublie. Oui, je sais, c’est la vie c’est la vie.

Enfin, si vous avez déjà lu la majeure partie de son blog, la deuxième partie plus pratico-pratique du livre vous sera familière, puisque Steve y reprend quelques unes de ses meilleures techniques, comme l’essai de 30 jours ou la manière de découvrir son but dans la vie.

Pour conclure, ce livre est un must-read. Il est riche, complet, diversifié et extrêmement simple à comprendre. Vous auriez tort de vous en priver – si vous lisez l’anglais , mais je pense qu’une traduction française devrait se pointer… un jour ou l’autre.

Bonus

Puisque vous êtes arrivés jusqu’ici, je pense que vous êtes intéressés par le livre. Steve offre l’introduction et le premier chapitre, que vous pouvez télécharger ici au format PDF.

Points forts :

Système solide et cohérent comme fondation au développement personnel
Principes universels
Riche, diversifié : chacun y trouvera son compte
A la fois pratique et théorique
Écrit de manière extrêmement simple : à la portée de tous sans prise de tête
De nombreux passages qui vous étonneront, vous feront réfléchir et vous feront dire : "Ah ah !"

Points faibles :

Parfois naïf (Steve Pavlina à Dysneyland), tout comme l’est d’ailleurs  les 7 habitudes de ceux qui réalisent tout ce qu’ils entreprennent
De nombreuses techniques pratiques viennent de son blog
Pas traduit en Français

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La semaine de 4 heures : Travaillez moins, gagnez plus et vivez mieux !

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Phrase-résumé de “La semaine de 4 heures” : La majorité des personnes restent employées toute leur vie, et travaillent de 9H à 17H pendant 40 ans pour prendre leur retraite à 60 ans (ou plus) ; ce livre nous explique comment briser ce schéma, en réduisant significativement notre temps de travail, en nous libérant de la contrainte géographique – nous permettant ainsi de vivre partout dans le monde – et en automatisant nos revenus, pour nous permettre de faire des mini-retraites quand cela nous chante et de vivre nos rêves.

De Timothy Ferris, 2006 (première édition), 2009 (édition actuelle augmentée), 380 pages

Pour ceux qui ont déjà lu la première édition de La Semaine de 4 heures : qu’y a t-il de nouveau ? Environ 80 pages supplémentaires, incluant essentiellement des dizaines d’études de cas provenant de témoignages de lecteurs (vous pouvez en voir davantage en vidéo – et en anglais – sur le blog de l’auteur ici ou ici, en attendant mon propre témoignage ici même 😉 ), une sélection des meilleurs articles parus sur son blog, et une mise à jour des outils et ressources données (ce qui n’est pas du luxe, la majorité de ces ressources étant online, énormément de choses ont évoluées en trois ans). Cela vaut-il le coup d’acheter la deuxième édition si on a lu la première ? Définitivement oui, au vu du coût absolument ridicule de ce livre en comparaison de la valeur qu’il offre. D’ailleurs dès que la deuxième édition sort en Français, je l’achète pour ne pas en perdre une miette.
Chronique et résumé de “La semaine de 4 heures” :
Etape 1 : D pour Définition

Tim Ferriss commence en racontant une rencontre qu’il a vécu, à plusieurs milliers de mètres d’altitude, dans la cabine de première classe d’un avion, avec un magnat américain, Mark. Mark possédait stations-services, épiceries, et salles de jeu : il arrivait que lui et ses amis puissent perdre de 500 000 à un million d’euros en un week-end à Las Vegas, lui raconta t-il.

Chacun.

Lorsque Tim Ferriss, la curiosité piquée, lui demanda laquelle de ces activités il a préféré, la réponse de Mark fut rapide : “aucune”. Et Mark lui expliqua comment il avait passé 30 ans de sa vie avec des personnes qu’il n’aimait pas, en faisant des activités qu’il n’appréciait pas, pour acheter des choses dont il n’avait pas besoin.

Mark faisait partie des mort-vivants. Et voici précisément l’objet de ce livre : éviter d’en faire partie.

Qu’est-ce qui fait la différence entre ce que l’auteur appelle les Nouveaux Riches, et les Différeurs, ceux qui gardent tout pour la fin juste pour trouver que la vie a glissé en travers de leurs doigts ? Un certain nombre de choses, qui définissent leur philosophie de vie, et donc leurs objectifs et leurs priorités :

Différeurs : Travailler pour soi.
Nouveaux Riches : Faire en sorte que d’autres travaillent pour soi.



Différeurs : Travailler quand vous le souhaitez.
Nouveaux Riches : Eviter le travail pour le travail, et faire le minimum nécessaire pour un effet maximal.



Différeurs : Prendre sa retraite tôt.
Nouveaux Riches : Distribuer des mini-périodes de retraites tout au long de sa vie. Faire ce qui nous passionne.



Différeurs : Acheter toutes les choses que vous voulez.
Nouveaux Riches : Faire toutes les choses que nous voulons, et être toutes les choses que nous voulons.



Différeurs : Etre le patron plutôt que l’employé.
Nouveaux Riches : N’être ni le patron ni l’employé, mais le propriétaire.



Différeurs : Avoir plus.
Nouveaux Riches : Avoir plus de qualité et moins de choses inutiles.

Être financièrement riche et avoir la capacité de vivre comme un millionnaire sont deux choses bien distinctes : la valeur de l’argent est multiplié par quatre choses que vous devez contrôler – 1) ce que vous faites, 2) quand vous le faites, 3) où vous le faites et 4) avec qui vous le faites. C’est le multiplicateur de liberté.

Ainsi un banquier qui travaille 80 heures par semaine et gagne 500 000 € par an est moins libre et moins puissant qu’un Nouveau Riche qui travaille 20 heures par semaine et qui gagne 40 000 € par an, mais qui a une liberté totale sur le quoi, le quand, le où et le qui, quand nous regardons le style de vie que leur permet leur argent et leur temps.

Car la liberté – la capacité de choisir – est le véritable pouvoir.

Chapitre 2 : Les règles qui changent les règles – tout ce qui est populaire est faux

Trop souvent nous ne remettons pas en cause ce qui existe déjà, parce que si des millions de personnes le font, c’est que c’est la meilleure manière de le faire. Mais ce n’est pas la meilleure manière; c’est juste la manière moyenne, habituelle.

Earl Nightingale, Lead the field

L’auteur nous raconte comment il a gagné une médaille d’or de boxe chinoise, 4 semaines après avoir commencé ce sport, en analysant les règles du championnat et en trouvant des failles lui permettant de remporter cette médaille facilement, ce que 99% de ceux qui avaient 5 à 10 ans d’expérience n’avaient jamais réussi à faire.

Tim Ferris utilise cette histoire comme point de départ pour nous expliquer qu’il est nécessaire de challenger le statut quo, la moyenne, ce que tout le monde fait. Evidemment, il faut le challenger intelligemment : ce n’est pas parce que tout le monde marche sur ses pieds qu’il faut commencer à marcher sur les mains. Marcher sur les pieds fonctionne plutôt pas mal. Il ne faut pas réparer ce qui n’est pas cassé. L’auteur nous cite ce qu’il considère comme les 10 règles de base des Nouveaux Riches, qui remettent en cause le consensus :

1- La retraite est une assurance-contre-le-pire : elle devrait être vue comme un capital à utiliser dans l’absolu pire des cas, c’est à dire l’incapacité physique totale de travailler. La vision de la retraite comme rédemption finale est faussée dès le départ car 1) elle demande que vous sacrifiez les meilleures années de votre vie à des tâches qui ne vous plaisent pas, 2) dans la majorité des cas les personnes qui prennent leur retraite doivent adopter un train de vie de classe moyenne médiocre, et 3) si vous vous assurez au contraire un bon train de vie pour votre retraite, il y a de fortes chances que vous soyez une machine à travailler ambitieuse, et alors une semaine après votre retraite vous vous ennuierez tellement que vous sauterez sur la première occasion pour replonger dans un travail.

2 – L’intérêt et l’énergie sont cycliques : il est nécessaire d’alterner les périodes d’activité et de repos, car les capacités, l’intérêt et l’endurance mentale croissent et décroissent. Les Nouveaux Riches ont ainsi pour objectif de répartir des mini-retraites tout au long de leur vie.
3 – Moins n’est pas paresse : faire moins de travail sans signification pour vous permettre de vous concentrer sur les choses qui vous importent vraiment n’est PAS la paresse. La paresse, c’est le fait de supporter une vie qui n’est pas faite pour nous, en laissant les circonstances et les autres décider pour nous. Et être occupé et productif n’ont rien de commun : comme le dit Stuart R. Levine dans Cut to the Chase, si vous et votre équipe passez la journée à pousser contre la Tour Eiffel en espérant les déplacer, vous aurez été très occupé mais pas très productif. Ne confondez pas les deux.
4 – Ce n’est jamais le bon moment : pour la plupart des choses importantes, le timing n’est jamais bon, car si l’univers n’a pas de dent particulière contre vous, il ne va pas non plus aligner les étoiles juste pour vous donner le feu vert. “Un jour” est une maladie qui emportera tous vos rêves dans votre tombe.

5 – Demandez pardon et pas la permission : si cela ne va pas tout dévaster autour de vous, lancez-vous et ensuite justifiez-le. Souvent, les personnes rejettent sur des bases émotionnelles des choses qu’elles accepteraient une fois mises devant le fait accomplis. Apprenez à devenir un fauteur de troubles, et à vous excuser si vous vous plantez.

6 – Concentrez-vous sur vos forces plutôt que de réparer vos faiblesses : comme le disent les auteurs de Strenghts Finder, la plupart des personnes sont bonnes à une poignée de choses, et très mauvaises dans toutes les autres. Il est beaucoup plus lucratif et amusant de tirer parti de vos forces plutôt que de tenter de réparer tous les défauts de votre cuirasse.

7 – Les choses en excès deviennent leur opposé : il est possible d’avoir trop d’une chose bonne. Ainsi ce que nous voulons devient ce que nous ne voulons pas si nous l’avons en excès : le lifestyle, l’art de vivre n’a donc pas pour but de se créer un trop plein de temps oisif, mais d’augmenter et d’utiliser positivement son temps libre.

8 – L’argent seul n’est pas la solution : “si seulement j’avais plus d’argent” est une des excuses les plus couramment employée pour procrastiner et s’empêcher de vivre ses rêves. Se mettre la tête dans le guidon de l’argent est un moyen commode de faire comme si c’était une solution à tout et de créer talentueusement une distraction constante qui nous empêche de voir à quel point tout cela est vain. Le problème est bien plus profond que l’argent.

9 – Le revenu relatif est plus important que le revenu absolu : le revenu absolu est défini avec une seule variable, le gain annuel et mensuel. François gagne 100 000 € par an et Marie gagne 50 000 € par an, donc François est deux fois plus riche que Marie. Le revenu relatif amène une nouvelle variable : le temps, et regarde le salaire horaire. François gagne 100 000 € par an, mais travaille 80 heures par semaine durant 50 semaines et a donc un salaire horaire de 25 €, tandis que Marie gagne 50 000 € par an mais ne travaille que 10 heures par semaine pendant 50 semaines, et gagne donc 100 € de l’heure : Marie est donc 4 fois plus riche que François. Evidemment, il faut que le revenu relatif soit suffisant pour atteindre nos objectifs : cela est difficile si nous travaillons une heure par semaine même à un taux de 100 €.

10 – Le stress et l’Eustress (stress positif) : le stress n’est pas toujours une mauvaise chose ; il faut distinguer le stress négatif qui nous affaiblit, diminue notre confiance en nous et nos capacités, et l’eustress – qui vient du préfixe grec “Eu” qui veut dire “sain” (comme dans “euphorie”) – qui exerce une pression positive sur nous, comme des modèles qui nous poussent à nous dépasser, des critiques constructives, l’excitation de la prise de risque qui nous fait dépasser nos zones de confort. Il n’y a pas de progrès sans eustress.

Chapitre 3 : Passer entre les balles – Gérer la peur et échapper à la paralysie

Faire ou ne pas faire ? La plupart des personnes préfèreront l’insatisfaction plutôt que l’incertitude. Tim Ferris nous raconte que pendant des années, il s’est fixé des objectifs et a pris des résolutions pour changer de direction, sans aucun effet : il était aussi peu sûr de lui-même et aussi effrayé que tout le monde.

Ainsi, en 2002 il se retrouvait à la tête d’une entreprise qu’il avait créé et qui lui rapportait bien plus d’argent qu’il ne pouvait en dépenser – environ 70 000 $ par mois – mais qui lui prenait absolument tout son temps, et avec des défauts dans sa conception la rendait invendable (il l’a vendu tout de même en 2009, comme il l’indique dans la nouvelle édition). Il se sentait à la fois stupide et pris au piège, et se demandait pourquoi il n’était pas assez intelligent pour trouver une solution pour s’échapper de ses 15 heures de travail quotidien, de la prison qu’il avait lui-même construite.

Il eu alors l’illumination : un voyage. C’est ce qu’il lui fallait. Mais pendant 6 mois, il s’est ingénié à trouver des milliers d’excuses et de raisons pour lesquelles ce projet ne pourrait jamais fonctionner, une période qu’il qualifie ironiquement de “sa plus productive”. Et un jour, une idée lui est venue : pourquoi ne pas essayer de définir précisément le cauchemard qu’il redoutait – la pire chose qui pourrait se produire à cause de son voyage ?

Il envisagea donc tous les scénarios catastrophes que son voyage engendrerait, et qui aboutiraient à coup sûr à couler son entreprise : une lettre AR super importante serait forcément ratée, il se ferait voler sa moto, sa voiture, son compte en banque se dégonflerai comme un ballon de baudruche, etc. Il se retrouvait nu et isolé au milieu d’une froide terre étrangère.

Et là quelque chose se produisit : alors qu’il imaginait toutes ces catastrophes qui lui tomberaient sur la tête, il se mit à imaginer également des solutions toutes simples à tous ces problèmes, et à les relativiser. Aucun ne serait fatal, et de loin, et sur une échelle de 1 à 10, 10 étant “chamboulement total et complet de ma vie pour toujours”, son scénario du pire “ma vie est foutue” avait une note d’à peine 3 ou 4. Et qu’il n’avait probablement qu’une chance sur dix millions de se produire.

Il prit alors sa décision, et acheta un aller simple pour l’Europe. Ce fut le point de départ, non pas de la catastrophe ultime qu’il avait envisagé, mais du conte de fées qu’est devenu sa vie. Ses activités se sont portées comme un charme alors qu’il les a presque oubliées pendant qu’elles finançaient 15 mois de voyage autour du monde. En fait, il avait pris un risque de 3 ou 4 pour faire un gain de 9 ou 10 sur l’échelle positive du chamboulement total.

Définissez donc votre peur, et donnez lui une note de 1 à 10 sur l’échelle du “chamboulement total et complet de ma vie pour toujours”, puis imaginez des solutions pour éviter que ce pire arrive, et mettez en balance les bénéfices attendus. Puis : vous attendez quoi pour agir ?

Chapitre 4 : Réinitialisation du système – Être irréaliste et précis

Les hauts sommets sont plutôt déserts : 99% des personnes sont convaincues qu’elles sont incapables de réaliser de grandes choses, et se donnent donc des objectifs médiocres. Il y a ainsi, paradoxalement, beaucoup moins de compétition pour les objectifs irréalistes que pour les objectifs réalistes (Note : c’est ce que professe David J. Schwartz dans La magie de voir grand).

De plus, Tim Ferris confesse ne pas savoir ce qu’il veut : si on lui pose la question “Qu’est-ce que tu veux ?”, il est incapable de répondre. Pourquoi ? Parce que la question n’est pas assez précise. Si on lui demande ce qu’il a envie de faire dans les cinq prochains mois pour apprendre de nouvelles langues, il peut déjà répondre de manière beaucoup plus précise. Mais la question est plus profonde que cela : au fond, cette question générale demande ce que l’on recherche fondamentalement. A cela la plupart des personnes répondront : le bonheur.
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Mais selon Tim Ferris, le bonheur est une notion devenue trop ambigüe à force d’être utilisée. On peut acheter le bonheur avec une bouteille de vin. Et quel est l’opposé du bonheur ? La tristesse ? Non : ce sont les deux faces d’une même pièce, comme l’amour et la haine. L’opposé du bonheur est l’ennui. Que veulent dire les personnes qui disent “l’important est de vivre tes passions” ? Elles veulent dire : “L’important est de faire ce qui t’enthousiasme”. Donc, selon l’auteur, la question que nous devons nous poser n’est pas “Qu’est-ce que je veux ?” ou “Quels sont mes objectifs ?” mais “Qu’est-ce qui m’enthousiasme ?”.

Mais cela ne suffit pas : il faut répondre précisément à cette question, et faire en sorte que ses objectifs ne soient plus des souhaits ambigus mais des étapes précises. Pour cela, l’auteur propose une méthodologie en 6 étapes qui consiste à définir son “chrono-rêve”, à savoir 5 choses que vous voulez posséder, 5 choses que vous voulez faire, 5 choses que vous voulez être d’ici 6 à 12 mois, calculer le coût de chacune de ces choses, puis choisir 4 rêves et définir 3 étapes pour les réaliser. Il fournit un tableau dans le livre, mais vous pouvez aussi télécharger ce fichier Excel pour vous aider.
Etape 2 : E pour Elimination

Chapitre 5 : La fin de la gestion du temps

Oubliez la notion de gestion du temps. Le but n’est pas de remplir chaque seconde de chaque journée avec une boulimie de travail, d’en faire davantage chaque jour. Car être occupé n’est souvent qu’une façon extrêmement courante d’éviter de faire les choses importantes mais désagréables que nous devrions faire. Etre occupé est donc une des manières les plus courantes et les plus subtiles de procrastiner.

Et il y a des milliers et des milliers de manière d’être occupé, et débordé : faire de la prospection téléphonique à une centaine de prospects non qualifiés, tripoter son iPhone ou son Blackberry, réorganiser sa messagerie, traverser l’entreprise pour un document qui ne vous servira à rien, etc.

Car il y a une différence fondamentale entre être efficace et performant : l’efficacité vous rapproche de vos objectifs, alors que la performance consiste juste à accomplir une tâche avec le moins de ressources possibles. Et la performance sans s’occuper de l’efficacité est le mode de fonctionnement de base de l’univers. Ainsi, un as du port-à-porte est performant mais inefficace : il gagnerait bien plus en faisant du mailing par courrier ou email.

Donc, il faut retenir que bien faire une chose sans importance… ne la rend pas importante, et qu’une tâche sans importance qui demande beaucoup de temps… reste une tâche sans importance.

L’auteur introduit ensuite la loi de Pareto ou loi 20/80, découverte par l’économiste et sociologue italien Vilfredo Pareto et qui stipule que 20% des pays du monde se partagent 80% des richesses, et qu’à l’intérieur de ses pays 20% des personnes se partagent 80% des richesses.

Cette loi peut être généralisée à l’extrême, avec la formulation suivante : 80% des résultats sont produits par 20% des causes. Evidemment, ce ratio précis 20/80 est rarement atteint, mais souvent on retrouve des résultats qui tournent autour de cette répartition, et il est possible d’avoir des résultats encore plus déséquilibrés, comme 90/10 ou même 95/5 !

Quand j’ai découvert La semaine de 4 heures en mars 2008, j’ai fait une analyse de la répartition du CA entre mes clients, et découvert que 17% de mes clients faisaient 81% du CA de l’entreprise ! Même si je savais confusément que certains clients étaient plus rentables que d’autres, cette répartition m’a totalement surpris et a constitué le point de départs de très nombreux changements dans mon entreprise et dans ma vie 😉 .

Richard Koch a écrit un livre entier sur le sujet, Bien vivre le principe 20/80, un livre facile à lire et pratico-pratique, que je vous recommande par rapport à son premier livre Le principe 20/80, plus théorique et compliqué.

Quand Tim Ferris a découvert ce principe, il s’est posé deux questions :

Quelles sont les 20% de sources qui causent 80% de ses problèmes ?
Quelles sont les 20% de sources qui causent 80 de son bonheur et des résultats qu’il souhaite ?

Il a passé une journée complète à tout analyser avec ces questions, de ses clients à sa stratégie de communication, en passant par ses loisirs et ses amis. Puis au cours des 24 heures qui ont suivies il a pris différentes décisions difficiles émotionnellement, mais qui ont changées sa vie du jour au lendemain : il a notamment arrêté de contacter 95% de ses clients (et en a même viré 2%), pour se concentrer sur les 3% les plus productifs, minorité productive dont il a analysé les caractéristiques pour trouver d’autres clients identiques.

Résultat ? En un mois, il est passé de 120 clients qu’il devait gérer – dont une bonne partie de casses-pieds – à 8 clients qui commandaient tout seuls sans jamais l’ennuyer, et son revenu mensuel est passé de 30 000 $ à 60 000 $ alors qu’en même temps son temps de travail hebdomadaire passait de 80 à 15 heures. Pas encore la semaine de 4 heures mais déjà une belle avancée ! Et il se sentait en paix avec lui-même, plus optimiste et libre que jamais. Magique non ?

Tim Ferris partage ensuite avec nous la loi de Parkinson, inventée par l’historien et essayiste Britannique Cyril Northcote Parkinson qui stipule que « le travail s’étale de façon à occuper le temps disponible pour son achèvement ». En d’autres termes, si vous vous assignez deux heures pour terminer une tâche qui n’en demande qu’une, vous allez quand même passer deux heures pour accomplir cette tâche.

L’auteur nous indique ainsi qu’il est possible d’utiliser ces deux lois en synergie pour 1) identifier le petit nombre de tâches essentielles qui apportent la plus grande contribution et 2) leur assigner une date butoir très proche dans le temps et précise.

Chapitre 6 : La diète d’information – Cultiver l’ignorance sélective

Tim Ferris commence ce chapitre par une confession : il ne regarde jamais le journal télévisé, et en cinq ans il n’a acheté qu’une fois un quotidien (dans un aéroport, pour avoir un Pepsi gratuit). Il pratique ce qu’il nomme une diète de l’information, en sélectionnant avec soin ses sources d’informations et ses lectures, et en laissant les autres personnes lui parler du reste.

Cela lui permet de se libérer l’esprit d’informations qui autrement ne ferait qu’y transiter sans déclencher aucune action et qui seraient oubliées au bout de quelques semaines, voire quelques jours.

Note : Je détaille comment j’ai appliqué la diète médiatique de Tim Ferris et ce qu’elle m’a apporté dans l’article 3,5 techniques simples pour moins de bêtises et plus d’intelligence avec la diète médiatique. Une telle diète est également excellente pour éviter de se laisser influencer par le pessimisme et la morosité ambiante des médias, comme je l’explique à la fin de mon article La Crise : Pourquoi Elle ne me Touche PAS – Et Pourquoi Elle VOUS Affecte.

Chapitre 7 : Interrompre les interruptions, ou l’Art du Refus

Une interruption est tout élément vous empêchant d’achever une tâche en une seule fois. Il y en a trois catégories principales :

Ce qui vous fait perdre du temps : toutes les choses qui peuvent être laissées de coté avec peu ou pas de conséquences, comme les réunions, les coups de téléphone, les emails qui ne sont pas importants.
Ce qui consomme du temps : toutes les tâches répétitives ou les requêtes que vous devez bien traiter mais qui interrompent un travail plus important. On y trouve notamment l’obligation de devoir répondre à des clients alors que vous êtes concentré sur une autre tâche, le fait de lire et répondre à vos emails, le surf sur Internet, etc.
Les échecs de délégation : quand un de vos employés a besoin d’une validation de votre part pour de petites choses qu’il pourrait très bien gérer tout seul, comme régler les problèmes des clients, des petites dépenses de trésorerie, etc.

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Or toute tâche demande un temps de préparation, de “préchauffement”, par lequel nous devons passer avant d’être pleinement concentré et productif. Et toute interruption peut interrompre cette concentration et nous obliger à refaire en entier le temps de préparation : par exemple si vous avez besoin d’un quart d’heures avant d’être vraiment concentré et productif sur une tâche, toute interruption de 2 ou 3 minutes vous en fera en réalité perdre bien plus, puisque vous devrez vous re-concentrer sur la tâche interrompue.

Pour chacune de ces catégories d’interruptions, il y a des moyens de les prévenir. Examinons-les :

Ce qui vous fait perdre du temps. Solution : devenez ignare.

Les interruptions de cette catégorie sont les plus faciles à prévenir et à éliminer. Vous devez vous rendre moins disponible, et faire en sorte que toutes les communications ne servent qu’à une action immédiate. En particulier, l’auteur recommande de:

Couper l’alerte sonore ou visuelle de votre logiciel de messagerie, afin de ne plus être prévenu automatiquement quand vous recevez un nouvel email.
Désactiver la fonction de réception automatique de votre logiciel email (Note : vous pouvez lire l’article Stoppez votre dépendance aux emails pour savoir comment le faire).
Ne vérifier votre boîte email que deux fois par jour. L’auteur recommande à 12 et à 16H. Puis passez à une fois par jour le plus rapidement possible.
Filtrer les appels téléphoniques, en utilisant dans l’idéal deux numéros de téléphone, un de bureau – non urgent – et un portable – urgent. Laissez systématiquement le téléphone de bureau en silencieux et en mode répondeur. Pour les appels sur votre portable, c’est sans doute urgent, décrochez, mais faites en sorte de minimiser au maximum l’interruption en allant droit à l’essentiel – ne laissez pas votre interlocuteur parler de la pluie et du beau temps.
Réduisez au maximum les réunions, qui sont un des aspirateurs de temps les plus répandus dans les entreprises. Tim Ferris propose un programme en 6 étapes pour éviter de participer aux réunions sans que cela vos collègues vous en veuillent dans une entreprise qui en pratique beaucoup.

Ce qui consomme du temps : groupez et ne faiblissez pas.

Problème : En admettant qu’imprimer un logo en quadrichromie personnalisé sur 20 tee-shirts coûte 300 € et prenne une semaine, combien de temps faudra t-il et quel sera le prix pour 3 tee-shirts ?

Réponse : 300 € et une semaine.

Pourquoi ? Parce que le temps de mise en place du dispositif d’impression (préparation du travail, préparation des plaques et main d’oeuvre pour faire fonctionner la machine) est le même quel que soit la quantité de tee-shirts à imprimer, ce qui fait qu’en deçà d’une certaine quantité les coûts et le délai ne baissent pas.

Donc ce qu’il faut faire est attendre d’avoir un volume de tee-shirts à imprimer suffisamment importants pour passer la commande : c’est le groupage.

C’est la même chose avec toutes ces choses qui ne nous font pas avancer vers notre objectif, mais que nous devons bien faire quand même. Si vous consultez vos emails 20 fois par jour, cela peut vous prendre 1H30 pour traiter et répondre aux messages, alors que si vous ne le faites qu’une fois par jour, cela ne prendre que 1H pour la même quantité de travail réalisé.

Assistanat : règles et réajustements

Beaucoup d’entrepreneurs tombent dans ce piège, ont beaucoup de mal à déléguer (ce n’est pas pour rien que près de 55% des entreprises Française n’ont qu’un seul salarié : leur créateur, selon ces statistiques de l’INSEE), et quand ils le font ils font mal, en s’incluant souvent dans des processus dans lesquels ils sont pourtant le goulet d’étranglement.

L’objectif de la délégation est de faire en sorte que les employés puissent faire un maximum de tâches sans l’intervention de l’employeur, celui-ci ayant un rôle de supervision et de contrôle : plutôt que d’être un homme orchestre qui fait tout mal, il assume pleinement son rôle de chef d’orchestre qui supervise l’ensemble afin que toutes les parties jouent harmonieusement.

Tim Ferris indique qu’en externalisant son service de suivi des commandes clients en 2002, il avait gardé les réponses aux questions sur le produit, et qu’à cause de cela il devait traiter 200 emails par jour, avec un volume qui augmentait de 10% par semaine. Dans ce cas, la moindre augmentation de son business aurait signifié son arrêt de mort : ce n’était pas scalable, comme disent nos amis Anglo-Saxons, c’est à dire que le fonctionnement de son entreprise n’était pas indépendante du volume de données à traiter – ce n’était pas évolutif, pas industrialisable. Et pourquoi cela n’était pas évolutif ? Parce qu’il y avait un goulet d’étranglement dans le système : lui. D’autant plus que nombre des mails qu’il recevait était de la part des personnes à qui il avait délégué la gestion des commandes !

Il a alors pris une décision radicale : il envoya un email à l’entreprise qui s’occupait des emails disant qu’à présent, le leitmotiv était : “rendre le client heureux”, et qu’ils devaient résoudre par eux-même tout problème qui coûtait moins de 100$. Résultat ? Les mails sont passés de 200 par jour à moins de 20 par semaine. Il analysa les résultats toutes les semaines, puis tous les mois, puis tous les trimestres.

(Note : le livre The E-myth Revisited : Why Most Small Businesses Don’t Work and What To Do About It décrit de façon absolument brillante ce piège dans lequel s’enferme de trop nombreux entrepreneurs, qui se créent un job plutôt que de créer un business, et qui finissent par travailler 70 heures par semaine pour un salaire de misère).

Cliquez ici pour la suite de la chronique 😉

Vous pouvez aussi regarder l’interview en vidéo que mon ami Olivier a fait de l’auteur, qui complète très bien la chronique :

Acheter “la semaine de 4 heures” en version Française en cliquant ici :


Astuce ! Achetez la version Anglaise et payez moins cher en cliquent ici :

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Ces idées qui collent – pourquoi certaines idées survivent quand d’autres meurent?

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Titre original : Made to Stick – Why Some Ideas Survive and Others Die.

 Phrase-résumée du livre : Certaines idées marquent leurs interlocuteurs, les poussant à la retenir longtemps et même à agir, tandis que d’autres sont oubliées à peine entendues ; les auteurs décryptent pour nous les idées qui collent et nous expliquent les mécanismes de leur adhésion.

De Chip Heath et Dan Heath, 2007, 285 pages.

Note : ce livre étant également très complet, je publie son résumé en deux parties. En voici la première. Je crains que la majorité des livres de la catégorie Psychologie & Communication ne soient dans ce cas 😉 .

Chronique et résumé du livre :

Vous ne devinerez jamais ce qui est arrivé à l’ami d’un de mes amis – François, pour ne pas le nommer. Il se trouvait à Lille pour un rendez-vous important avec un de ses clients. Une fois qu’il a finit l’entretien, comme il lui restait un peu de temps avant de prendre l’avion il est allé boire un verre dans un bar.

Il venait de finir son premier verre quand une séduisante jeune femme s’est approchée de lui et lui a proposé de lui offrir quelque chose à boire. Surpris mais flatté, il a accepté. Elle est revenue avec deux verres. Merci, lui a-t-il dit avant de prendre une gorgée. Et après ça, le trou noir.

Lorsqu’il s’est reveillé, comateux, il était étendu dans une baignoire de chambre d’hôtel, le corps recouvert de glace. Paniqué, il a regardé autour de lui, essayant de se rappeler ce qu’il faisait là. C’est alors qu’un petit papier a attiré son attention :

SURTOUT NE BOUGEZ PAS. TELEPHONEZ AUX URGENCES.

Un téléphone portable était posé sur une petite table à coté de la baignoire. Il l’a attrapé et tant bien que mal, les doigts engourdis par le froid, a composé le numéro des urgences.

A l’autre bout du fil, la standardiste ne paraissait pas du tout surprise. “Monsieur, pourriez-vous s’il vous plaît tendre lentement le bras derrière vous ? Vous sentez quelque chose ? Une sonde dans le bas de votre dos ?”

Inquiet, il a fit ce qu’elle lui demandait. Pas de doute, la sonde était bien là.

“Surtout, ne paniquez pas Monsieur”, a repris la jeune femme. On vient de vous enlever un rein. Vous êtes victime d’un réseau de trafiquants d’organe qui sévit dans la ville. L’ambulance est en route.”

Félicitations.

Vous venez de lire une des légendes urbaines les plus populaires des quinze dernières années, qui a fait le tour d’Internet dans toutes les langues et sous de multiples formes. Une histoire que l’on retient facilement, une histoire qui marque, une histoire qui colle. Alors qu’elle est complètement fausse.

Examinons à présent un article publié dans le magazine d’informations d’une association caritative :

La constitution de communautés au sens large se prête par nature à une équation de retour sur investissement qui peut être reproduite en s’appuyant sur les pratiques existantes. […] Le fait que les organisations donatrices doivent souvent, par souci de transparence, procéder à un ciblage ou à la classification par catégories des sommes octroyées est un facteur qui limite le flux de ressources vers notre organisation.

A présent, faites quelque chose pendant dix minutes, n’importe quoi, puis appelez un ami et racontez lui les deux histoires. Laquelle d’après vous aurez-vous le mieux retenu ? Et laquelle serez-vous capable d’expliquer simplement à votre ami ?

Une légende urbaine d’un coté, quelques lignes d’un article sorties de leur contexte de l’autre : la comparaison est certes, biaisée. Mais elle montre bien deux extrêmes de ce que les auteurs appellent “l’échelle de mémorabilité”. Et illustre parfaitement que certaines histoires collent et d’autres non.

On pourrait croire que certaines idées sont intrinsèquement intéressantes – une bande de voleurs d’organes – et d’autres intrinsèquement ennuyeuses – la stratégie financière d’une association caricative. C’est sans doute partiellement vrai. Mais dans ce débat inné/acquis appliqué aux idées, Chip Heath et Dan Heath font le pari de l’acquis : on rend les idées intéressantes plutôt qu’elles ne naissent intéressantes.

En 1992, Art Silverman, employé du Center for Science in the Public Interest -organisme à but non lucratif ayant pour but d’éduquer les consommateurs en matière de nutrition – contemplait un paquet de pop-corn.

Il venait de recevoir les résultats d’analyse de paquets de pop-corn collectés dans une douzaine de cinémas de trois grandes villes américaines. Les résultats avaient surpris tout le monde : un sac contenait en moyenne 37 grammes de graisses saturées. Les recommandations étaient de 20 grammes maximum par jour.

La faute en revenait à l’huile de noix de coco utilisée à l’époque, débordante de graisse saturée.

Il fallait agir. Ce sac, que l’on pouvait facilement grignoter entre les repas, renfermait à lui seul près de deux jours de graisse saturée. Mais comment informer les consommateurs ? Pour la majorité d’entre eux, “37 grammes de graisses saturées” ne signifient pas grand chose. Est-ce que c’est bien ou mal ? Et même si c’est mal, est-ce que c’est “mauvais mauvais” comme le tabac ou “mauvais normal” comme un biscuit ou une friandise ?

Et évidemment, le terme “37 grammes de graisses saturées” sont suffisamment rébarbatifs pour faire fuir les consommateurs. Les graisses saturées, ça n’excite personne.

Il y avait de nombreuses manières de faire passer le message au public. Mais il fallait quelque chose d’extravagant, pour coller à l’extravagance de cet écart nutritionnel. Alors le CSPI fit une conférence de presse, délivrant ce message :

Une portion moyenne de pop-corn vendue dans un cinéma de quartier contient plus de graisses dangereuses pour les artères qu’un petit-déjeuner avec des oeufs au bacon, un déjeuner composé d’un Big Mac et des frites et un dîner avec steak et garniture – le tout additionné !

Et ce message était appuyé par des visuels. Une table ployant sous tous ces aliments graisseux. Toute une journée d’alimentation déséquilibrée réunie sur une table. Et à coté, un sac de pop-corn.

L’histoire fit sensation et eut les honneurs des chaînes de télévision. Très vite, les consommateurs cessèrent d’acheter des pop-corn et les cinémas, la main sur le coeur, déclarèrent qu’ils n’utiliseraient plus d’huile de noix de coco pour faire cuire leur pop-corn. L’idée avait collée.

Note : J’ai fait des recherches sur ce point précis, et il semble que l’avis soit loin d’être unanime sur la réelle nocivité de l’huile de noix de coco et le sérieux scientifique du CSPI. Comme souvent, il est difficile de trouver un avis unanime sur une recommandation nutrionnelle, tant les experts et organismes ne sont pas d’accord entre eux et tant les intérêts bien compris de chacun sont cachés et nébuleux. Pour des exemples d’articles contre le CSPI ou la nocivité de l’huile de noix de coco, voir ici ou là.

En étudiant les histoires qui collent et celles qui ne collent pas, les frères Heath se sont mis en quête de caractéristiques communes qui permettraient d’expliquer pourquoi certaines histoires collent et pas d’autres, en étudiant notamment des centaines de légendes urbaines et de proverbes très répandus.

Ils ont tirés de ces recherches six principes déterminants. Pour qu’une histoire colle, il faut :

De la simplicité. Un grand avocat a déclaré : “Si vous avancez dix arguments, même s’ils sont tous pertinents, les jurés les auront tous oubliés quand ils retourneront dans la salle des délibérations”. Pour être simple, il faut effeuiller une idée jusqu’à son coeur, en excluant sans relâche.
De l’inattendu. Pour attirer l’attention, il faut déjouer les intuitions.
Du concret. Les idées naturellement adhésives regorgent d’images concrètes. C’est ici que la communication d’entreprise se prend souvent les pieds dans le tapis.
De la crédibilité. Si un ministre de la Santé parle d’un problème de santé, nous sommes disposé à le croire. Mais nous ne sommes pas toujours nanti d’une telle position d’autorité. Nos idées doivent donc porter en elles-même leurs lettres de crédit.
De l’émotion. Pour susciter de la passion pour nos idées, il faut faire ressentir quelque chose aux auditeurs ou aux lecteurs. Nous sommes faits pour éprouver des choses pour les individus, par pour des abstractions.
Une histoire. Entendre des histoires ou des anecdotes agit comme un simulateur de vol, en nous préparant à réagir plus vite et plus efficacement si une situation semblable se produit.

Les lecteurs de cet article ont également lu :https://desformations.wordpress.com/2018/04/07/lintelligence-emotionnelle/
Après avoir lu cette liste, vous pourriez vous dire que ce sont des principes de bon sens. Nous savons tous plus ou moins que nous devrions “être simple” et “raconter des histoires”. Est-ce que vous connaissez beaucoup d’adeptes de charabia soporifique ?

Mais si c’est si simple, pourquoi ne sommes-nous pas inondés d’idées adhésives brillamment conçues ?

Hé bien, il y a un grand méchant. Pas Dark Vador, mais un penchant psychologique naturel de l’être humain, qui rend très difficile l’application de ces principes : la malédiction du savoir.

Pour bien comprendre ce principe, examinons une étude scientifique qui a été conduite en 1990 à l’université de Stanford. Elle a mis en scène deux groupes de participants. Des “batteurs” et des “auditeurs”. On a remis une liste de 25 chansons célèbres – comme la Marseillaise ou Joyeux Anniversaire – aux batteurs, qui devaient en choisir une pour battre son rythme à l’aide d’un doigt sur une table, à l’intention d’un auditeur. L’auditeur devait deviner de quelle chanson il s’agissait.

Les résultats ont été édifiants : sur 120 chansons jouées, les auditeurs en ont identifiés en moyenne 2,5%, soit 3 chansons. Mais ce n’est pas cela qui est édifiant : avant que les batteurs ne jouent, on leur a demandé de prédire le taux de réussite des auditeurs. Ils l’ont estimé à 50%.

Les batteurs ont donc réussis à faire passer le message une fois sur 40, mais pensaient qu’ils allaient y parvenir une fois sur deux. Pourquoi ?

Ils disposaient d’un savoir que n’avaient pas les auditeurs : la mélodie, qui jouait dans leur tête. Pour les auditeurs, les battements pouvaient aussi bien être du morse, mais pour les batteurs, ils accompagnaient en rythme la musique. Et ce savoir les rendaient imperméables ou presque à l’incompréhension des auditeurs.

C’est une parfaite illustration de la malédiction du savoir. Vous pouvez retenter l’expérience chez vous 😉 .

Nous retrouverons cette malédiction dans tous les principes ci-dessus, détaillés ci-dessous. Suivez le guide.

Chapitre 1 : De la Simplicité

Les moindres déplacements des soldats de l’armée américaine répondent à une préparation minutieuse, qui a commencé par un ordre émanant du président des Etats-Unis, et qui descend ensuite tous les échelons de la hiérarchie jusqu’à toucher la base.

Les plans sont détaillés, précisant le “schéma de manoeuvre” et le détail de ce que fera chaque unité, son équipement, ses munitions, etc.

Le problème, c’est qu’aucun plan ne survit au contact avec l’ennemi. C’est comme si vous établissiez un plan détaillé pour un ami qui jouerait une partie d’échec. Vous ne pouvez pas prédire les coups de l’adversaire, donc le plan devient caduc au bout de quelques coups.

Les plans sont utiles dans l’armée. Ils montrent qu’un processus de planification a eu lieu, et permet de se poser de bonnes questions. Mais comme ils ne fonctionnent pas sur le champ de bataille, l’armée américaine a introduit un concept dans les années 80 : l’Intention du Commandement. Il s’agit d’une phrase simple et concise qui décrit l’objectif de l’opération. Elle peut être générale et abstraite aux échelons supérieurs, mais plus on descend et plus elle doit être précise et concrète, comme “Mon intention est de positionner le 3ème bataillon sur la colline 4305 pour la libérer et protéger le flanc de la 3ème brigade lorsqu’elle enfoncera les lignes”.

Grâce à l’IC, les soldats connaissent l’objectif de la mission, libre à eux d’improviser selon les circonstances pour l’atteindre.

Aucun plan ne survit avec l’ennemi. Ce précepte devrait parler même à ceux qui n’ont aucune expérience militaire. Bien souvent, aucun plan commercial ne survit au contact avec le client. Aucun plan de cours ne survit au contact avec les élèves. Etc.

Faire adhérer ses idées dans un contexte bruyant, imprévisible et chaotique n’est pas facile. Le moyen de réussir est la simplicité. Pas simple comme “simpliste” ou “réducteur”. Mais la simplicité comme substantifique moelle de l’idée.

Il faut donc déshabiller l’idée, l’effeuiller complètement jusqu’à mettre à jour son essence, son noyau, et se défaire de tout le superflu. Le plus difficile est d’écarter les idées qui semblent importantes, mais qui ne sont pas pour autant la plus importante. L’Intention de Commandement oblige les officiers de l’armée américaine à extraire l’objectif le plus important d’une opération. Il ne peut y avoir qu’un objectif prioritaire, et qu’une seule IC.

Trouver l’essence d’une idée, c’est écarter un grand nombre d’idées pour permettre à la plus importante de briller de tout son éclat. Comme le disait Antoine de Saint-Exupéry :

La perfection est atteinte non pas lorsqu’il n’y a plus rien à ajouter mais lorsqu’il n’y a plus rien à retirer.

Voici donc l’essence de Ces Idées qui Collent. Pour rendre vos idées adhésives il y a deux étapes :

Trouver leur essence.
Leur donner vie à l’aide des six principes.

Rien de plus rien de moins.

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Chapitre 2 : De l’Inattendu

Le premier problème de la communication est d’obtenir l’attention de ceux à qui vous vous adressez. Parfois nous sommes nantis d’une autorité suffisante pour exiger l’attention – comme les parents avec leurs enfants par exemple – mais la plupart du temps nous ne pouvons disposer de ce luxe.

Un des moyens les plus élémentaires pour capter l’attention est de briser un schéma ou un modèle bien ancré dans l’esprit de nos interlocuteurs. Nous êtres humains nous habituons à une vitesse incroyable aux schémas récurrents. Nous ne faisons bientôt plus attention à cet ordinateur bruyant, à ce ventilateur qui ronronne, à ce tableau accroché au mur… Pour que nous reprenions conscience des choses, il faut qu’un changement survienne : l’ordinateur ou le ventilateur s’arrête, le tableau tombe ou on retrouve son emplacement vide, etc.

Notre cerveau est ainsi extrêmement sensible aux changements. Mais une fois que l’on a attiré l’attention des autres avec la surprise, il faut la conserver en faisant croître l’intérêt.

La surprise est associée à une expression du visage commune à de nombreuses cultures, que les psychologues Paul Ekman et Wallace Friesen dans leur livre Unmasking the Face nomment “le sourcil de surprise”.

Les sourcils sont arrondis et hauts… La peau au-dessous des sourcils est étirée par le mouvement vers le haut et plus visible que d’habitude.

Lorsque nous haussons les sourcils, nos yeux s’écarquillent et notre champ de vision s’élargit, nous obligeant à voir plus. Au contraire lorsque nous sommes en colère, les yeux se rétrécissent afin que nous puissions nous concentrer sur le problème. Souvent la surprise est telle que nous restons bouche bée, le corps paralysé quelques secondes, les muscles relâchés, comme si le cerveau voulait s’assurer que nous ne puissions rien faire qui nous empêcherait d’intégrer cette information nouvelle.
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La surprise agit ainsi comme un neutralisateur de l’urgence lorsque nos machines à deviner sont prises en défaut. Toutes nos activités en cours s’interrompent et notre attention se concentre involontairement sur l’évènement qui nous a surpris.

Ainsi les idées inattendues sont plus susceptibles de coller parce que la surprise nous conduit à être attentifs et à réfléchir, et ce supplément d’attention et de réflexion grave les évènements inattendus dans notre mémoire.

Parfois, cette attention est éphémère, mais dans d’autres cas la surprise peut conduire à une attention durable. Certains chercheurs étudiants les théories du complot remarquent que celles-ci naissent souvent d’évènements inattendus que les individus ne comprennent pas, comme la mort de beaux jeunes gens célèbres. Il existe des théories du complot pour John Kennedy, Marylin Monroe, Elvis et Kurt Cobain. La mort des vieillards de 90 ans suscite souvent moins d’interrogations.

La surprise est donc un instrument puissant à utiliser, mais il faut faire attention à ne pas sombrer dans une utilisation à outrance et gadget de celle-ci. Pour le comprendre, lisez les mots suivants :

COMBINEMENT BRAVITUDE MESON PEAURTE

Puis donnez les à lire à quelqu’un en observant attentivement les expressions de son visage. Normalement, COMBINEMENT et BRAVITUDE font davantage froncer les sourcils, tandis que MESON et PEAURTE provoquent un haussement de sourcils.

MESON et PEAURTE suscitent la surprise parce que leur graphie ne nous est pas familière alors que leur prononciation si. Nous faisons “oh !” lorsque nous prenons conscience que MESON est un manière étrange d’écrire MAISON et PEAURTE l’équivalent mal orthographié de PORTE.

Au contraire, COMBINEMENT et BRAVITUDE nous paraissent bizarrement familiers, car ils utilisent une combinaison de mots existants. Mais ils n’existent pas en eux-même, et lorsque nous en prenons conscience, cela nous agace parce que nous nous sommes escrimés à trouver une solution qui n’existe pas.

Ces deux mots sont des exemples de surprise gratuite et creuse, qui ne colle pas et est frustante. Pour être surprenant, un événement ne peut pas être prévisible , mais pour être suffisante la surprise doit être visible à posteriori. L’astuce a un sens lorsque nous y réfléchissons, mais nous ne l’avons pas immédiatement perçu.

Ainsi pour rendre nos idées plus adhésives il faut :

Identifier le message central que nous avons besoin de communiquer – la substantifique moelle
Découvrir ce que ce message peut avoir de contraire à l’intuition
Communiquer notre message d’une manière qui mette en échec les machines à deviner de notre public sur la dimension essentielle, inattendue.

Une fois que nous avons attiré l’attention, il nous faut encore l’entretenir. Pour cela, nous pouvons utiliser des techniques connues comme la boucle ouverte ou open loop : commencer par une énigme, qui stimule la curiosité intellectuelle et donne envie de connaître la réponse, bref ouvrir une boucle qui ne sera refermée qu’a la fin du message.

Ainsi les énigmes ont beaucoup de pouvoir, car elles créent le besoin d’une fin. Comme le dit le professeur de psychologie Robert Cialdini : “Vous avez entendu parler de l’expérience Aha ! , n’est-ce pas ? Eh bien, l’expérience Aha ! est beaucoup plus satisfaisante lorsqu’elle est précédée de l’expérience Hein ?“.

Chapitre 3 : Du Concret

La Cigale, ayant chanté
Tout l’Été,
Se trouva fort dépourvue
Quand la Bise fut venue.
Pas un seul petit morceau
De mouche ou de vermisseau.

Elle alla crier famine
Chez la Fourmi sa voisine,
La priant de lui prêter
Quelque grain pour subsister
Jusqu’à la saison nouvelle.
« Je vous paierai, lui dit-elle,
Avant l’Août, foi d’animal,
Intérêt et principal. »

La Fourmi n’est pas prêteuse :
C’est là son moindre défaut.
« Que faisiez-vous au temps chaud ?
Dit-elle à cette emprunteuse.
— Nuit et jour à tout venant
Je chantais, ne vous déplaise.
— Vous chantiez ? j’en suis fort aise :
Eh bien ! dansez maintenant. »

Nous connaissons tous les fables les plus célèbres de La Fontaine, et nous retenons facilement leur essence alors que pour la plupart nous les avons apprises à l’école primaire. Savez-vous également – c’est très méconnu en France – que la plupart des fables les plus connues de La Fontaine ne sont que des améliorations des fables d’Esope (voir par exemple le Corbeau et le Renard, le Lièvre et la Tortue, ou le Rat des villes et le Rat des champs) qui les a écrit il y a plus de 2 500 ans ? Les fables d’Esope et leur morale ont fait le tour du monde, engendrant de nombreux proverbes, comme ceux liés à sa fable Le Renard et les Raisins :

Un Renard ayant aperçu au haut d’un arbre quelques grappes de raisins qui commençaient à mûrir, eut envie d’en manger, et fit tous ses efforts pour les atteindre ; mais voyant que sa peine était inutile, il dissimula son chagrin, et dit en se retirant qu’il ne voulait point manger de ces raisins, parce qu’ils étaient encore trop verts et trop aigres.

Tels certains hommes, que leur faiblesse empêche de réussir et qui s’en prennent aux circonstances. Il est facile de mépriser ce que l’on ne peut avoir.

Si les fables d’Esope ont fait le tour du monde et ont survécues 2 500 ans, et si nous retenons facilement les fables de La Fontaine, c’est certes parce qu’elles communiquent des vérités profondes, mais surtout parce que la manière dont elles sont présentées en font des idées qui collent. Les fables évoquent des images concrètes, ici les raisins, le renard, la réflexion méprisante sur les raisins verts.

Ce dont le monde a besoin, c’est de davantage de fables. Nous croulons sous les slogans creux qui n’évoquent et/ou ne signifient rien, dans toutes les professions :

Entreprise :
    Paradigme visionnaire orienté client
    Reeingineering réciproque fondé sur les coûts
Enseignants :
    Compétences métacognitives
    Evaluation du portefeuille pertinent en termes de développement
Médecine :
    Cardiomyopathie idiopathique (Cardiomyopathie  signifie “votre coeur a quelque chose qui ne va pas” et idiopathique  “nous n’avons aucune idée de ce que c’est”)

Et je ne parle même pas des universitaires avec leurs thèses bourrées de jargon lénifiant, des informaticiens, des garagistes, des psychologues, des scientifiques, des hommes politiques, bref de tout le monde ou presque.

Les langages sont souvent abstraits mais la vie, elle, ne l’est pas. Même la stratégie d’entreprise la plus abstraite doit se traduire par des actions tangibles d’êtres humains. Et il est plus facile d’adhérer et de comprendre les actions tangibles que l’exposé d’une stratégie abstraite.

Est concret ce qui est directement perceptible par les sens. Un moteur V8 est concret. “Grandes performances” ne l’est pas. Il faut bien comprendre que l’abstraction a aussi son intérêt, mais c’est le luxe et le privilège de l’expert. Pour enseigner une idée à des débutants ou néophytes, ou même à un groupe de personnes dont vous ignorez le niveau de connaissances, la concrétude est le seul langage sans risque.
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Les idées naturellement adhésives regorgent de d’images et de mots concrets. La légende urbaine du rein volé aurait probablement moins collée si le protagoniste s’était aperçu qu’on lui avait volé son estime de soi.

Chapitre 4 : De la Crédibilité

Une personne sur dix aura un ulcère au cours de sa vie. Pendant très longtemps, les médecins ont crus que les ulcères étaient causés par un surplus d’acide gastrique qui rongeait la paroi de l’estomac, et que ce surplus était causé par le stress, des épices ou un trop-plein d’alcool.

En 1982, Barry Marshal et Robin Warren, deux chercheurs de Perth en Australie, ont découvert que les ulcères étaient provoqués par une bactérie, que l’on nommera bien des années plus tard Helicobacter Pylori. Cette découverte était considérable : si les ulcères étaient provoqués par des bactéries, alors ils pouvaient facilement être guéris : il suffisait de prendre des antibiotiques. Est-ce que la communauté médicale poussa des cris de joie, est-ce que l’on fit une fête en l’honneur des chercheurs, est-ce qu’on les remercia pour cet espoir nouveau qu’ils jetaient sur la santé de centaines de millions d’êtres humains ?

Que nenni. Personne ne les crut. Et pour trois bonnes raisons :

La communauté médicale était fermement convaincue  que rien ne pouvait survivre à l’acide gastrique, une substance extrêmement puissante qui peut ronger un morceau de viande épais et même dissoudre un clou.
A l’époque de leur découverte, Robin Warren était un simple pathologiste dans un hôpital de Perth et Barry Marshal terminait son internat. La cause était entendue : les internes ne guérissent pas des maladies qui touchent 10% de la population mondiale.
Le lieu. Un chercheur de Perth, c’est comme un médecin du Massif Central. La science est la science, mais les scientifiques sont humains et ils ont la même tendance au snobisme que chacun d’entre nous.

Marshall et Warren n’ont même pas réussit à faire publier l’article de leurs travaux. Après deux années d’atermoiements, Marshall, n’y tenant plus, se priva un matin de 1984 de petit-déjeuner, appela ses collègues, et avala devant eux un verre contenant près d’un milliard de H. Pylori. Il développa en quelques jours les symptômes d’un ulcère, et se soigna à l’aide d’antibiotiques.

La partie n’était pas encore gagné, certains chercheurs lui reprochant sa méthodologie, mais sa démonstration avait donné un second souffle à sa théorie, qui commença alors à être largement étudiée. En 1994, le rôle de H. Pylori dans les ulcères était officiellement reconnu, et en 2005, Marshall et Warren reçurent conjointement le prix Nobel de Médecine pour leur découverte.

Voilà donc l’histoire de deux hommes qui font une découverte digne d’un prix Nobel et dont l’un doit s’empoisonner pour qu’on le croie !

Essayer de convaincre un public sceptique est très difficile, car nous engageons alors un combat démoniaque contre toute une vie d’apprentissage et de relations sociales. Et pourtant, certaines légendes urbaines absolument incroyables se répandent comme de la poudre. Qu’est-ce qui peut rendre crédible un message ? Examinons différents outils pour cela :

    Les autorités

Tout message venant d’une autorité établie dans le thème du message est considéré avec plus de respect qu’un message venant d’une personne lambda. Par autorité, on entend deux catégories de personnes :

Les spécialistes, qui font autorité dans leur domaine, comme Stephen Hawkins pour la physique, Alan Greenspan en économie, Tony Robbins pour le développement personnel, etc.
Les stars ou célébrités. Michael Jordan aime McDo. Bon. Ce n’est ni un nutritionniste ni un gourmet, mais il est susceptible de faire aller de nombreuses personnes au McDo tout simplement parce que nombreux sont ceux qui aimerait lui ressembler.

Cependant nous avons rarement l’occasion de pouvoir compter sur des spécialistes internationaux ou des stars pour défendre nos produits et nos idées ( si c’est le cas, vous pouvez sauter cette section 😉 ). Heureusement, il est aussi possible de faire appel à de parfaits inconnus.

    Les illustres inconnus qui savent de quoi ils parlent

Pam Laffin a été l’héroïne d’une campagne de publicité anti-tabac diffusée à la télévision américaine dans le milieu des années 90 (voir cette vidéo par exemple). Elle n’est ni une spécialiste de la santé ni une célébrité. Pam est une fumeuse. Elle avait 29 ans à l’époque, était mère de deux enfants et avait commencé à fumer à 14 ans, “pour avoir l’air plus âgée”. “Le malheur, c’est que cela m’a vraiment fait paraître plus âgée”, a t-elle dit dans les publicités. Celles-ci montrait son combat contre le cancer, ses opérations, ses cicatrices, la souffrance terrible qui était la sienne. Elle est morte à l’âge de 31 ans. Ces publicités ont eu un impact considérable.

A la base, il n’était pas évident que Pam Laffin, une inconnue parfaite, puisse influencer l’opinion. Mais elle est devenue une source crédible et respectée, parce qu’au milieu des innombrables autres sources qui parlaient du tabac, elle respirait l’honnêteté et l’impartialité. Le calvaire montré à la télévision était le sien, il était vrai. Elle a vraiment souffert. Elle est vraiment morte.

    Le pouvoir des détails

Souvent, nous ne pouvons pas utiliser une source de crédibilité extérieure pour cautionner nos message ; la plupart du temps, ils doivent disposer d’une crédibilité interne.

Des études scientifiques montrent que des détails vivants et concrets augmentent la crédibilité d’une idée ou d’une histoire, à condition de ne pas faire feu de tout bois et que ces détails symbolisent et soutiennent le coeur du message.

    Les statistiques illustrées

Un autre moyen de crédibiliser un message est d’utiliser les statistiques. Mais les statistiques sont souvent ennuyeuses et ne font pas coller les idées. Il est préférable de les illustrer par des images ou des comparaisons claires plutôt que d’utiliser des chiffres bruts.

    Le principe de l’échelle humaine

Une autre façon de donner vie aux chiffres est de les présenter dans un contexte plus humain. Comparons les deux développements scientifiques ci-dessous :

Les scientifiques ont récemment calculés une importante contrainte physique avec une précision extraordinaire. Pour vous faire une idée de cette précision, imaginez que vous jetiez un rocher du Soleil sur la Terre et que vous touchiez votre cible dans un rayon de 500 mètres de son centre.
Les scientifiques ont récemment calculés une importante contrainte physique avec une précision extraordinaire. Pour vous faire une idée de cette précision, imaginez que vous jetiez un rocher de New-York à Los Angeles et que vous touchiez votre cible dans un rayon de 1.5 centimètres de son centre.

Quelle affirmation vous semble la plus précise ?

Dans les deux cas, le degré de précision est rigoureusement identique, mais lors d’une étude, 58% des personnes interrogées ont déclarées que la première affirmation était “très impressionnante”, contre 83% pour la deuxième.

Il nous est plus facile de nous représenter la distance New-York – Los-Angeles que Soleil-Terre, cette comparaison colle donc beaucoup mieux et nous fait percevoir plus clairement la prouesse des scientifiques. Il est donc important de mettre à l’échelle humaine tout chiffre ou résultat qui est trop grand pour que l’on puisse se le représenter concrètement.
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Comment se faire des amis

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Phrase-résumée de “Comment se faire des amis”: Pour se faire des amis, influencer les autres et les gagner à notre cause, il est important de savoir ménager leur égo ; ceci passe par un changement important dans notre comportement de tous les jours, qui consiste à ne plus critiquer, à s’intéresser réellement aux autres, à sourire, à retenir le prénom de nos interlocuteurs, à leur faire sentir leur importance, à ne jamais leur dire qu’ils ont tort, à parler de nos erreurs avant de parler des leurs, à motiver, à complimenter sincèrement, et de manière générale, à toujours ménager leur amour-propre.

Par Dale Canergie, 1936 (première édition), 1981 (édition révisée la plus récente), 250 pages. Titre original : How to win friends and influence people

Chronique et résumé de “Comment se faire des amis” :

Après GTD, ce livre est le deuxième best-seller de mon défi fou du Personal MBA, et certainement l’un des plus connus. Il s’est vendu à plus de 45 millions d’exemplaires de part le monde depuis sa première publication – au modeste tirage de cinq mille exemplaires – en 1936. Le livre a fait l’objet de plusieurs révisions depuis la mort de l’auteur en 1955, par sa femme et sa fille, principalement afin de remettre au goût du jour les exemples donnés par l’auteur, concernant des personnalités célèbres en 1936 mais oubliées depuis – sans qu’elles touchent au fond de l’oeuvre en elle-même.

L’auteur commence en nous confiant 8 règles pour bien utiliser son livre, qui me semblent fort pertinentes et applicables à de nombreux livres de non-fiction :

Avoir un grand désir d’apprendre et d’appliquer les principes qui régissent les communications et les rapports entre les êtres humains.
Lire deux fois chaque chapitre avant de passer au suivant.
Interrompre fréquemment nos lectures pour nous interroger sur nos possibilités personnelles d’application de chaque principe.
Souligner les idées importantes.
Revoir le livre tous les mois.
Mettre ces principes en pratique chaque fois que l’occasion se présente.
Transformer ce livre en un jeu amusant : demander à nos amis un gage à chaque fois qu’ils nous surprennent à enfreindre les règles.
Contrôler chaque semaine les progrès que nous faisons. Nous demander quelles fautes nous avons commises, quels progrès nous avons accomplis, quelles leçons nous avons tirées.

Première partie : Trois techniques fondamentales pour influencer les autres

Chapitre 1 : Si vous voulez récolter le miel, ne bousculez pas la ruche

En 1931, Francis “Two Guns” Crowley, un gangster et assassin qui avait notamment tué de sang-froid un policier alors que celui-ci lui demandait son permis de conduire, fut arrêté dans l’appartement de sa petite-amie, après un siège qui mobilisa cent cinquante policiers ! Il fut prit vivant, mais, croyant bientôt mourir, il avait pris le temps d’écrire une lettre. Était-ce une lettre de repentir, une lettre de remords pour les crimes qu’il avait commis ? Non, il y disait “Sous ma veste bat un coeur las, mais bon, et qui ne ferait de mal à personne“.

Il fut condamné à la chaise électrique. Lorsqu’il arriva à la chambre d’exécution, se répandit-il en excuses, déclara t-il qu’il éprouvait des remords ? Non, il dit “Voilà ma punition pour avoir voulu me défendre”.

Al Capone, le plus tristement célèbre gangster de tous les temps, disait lui-même : “J’ai passé les meilleures années de ma vie à donner du plaisir et de l’amusement aux gens, et quelle a été ma récompense ? Des insultes et la vie d’un homme traqué !“. Souvent, les gangsters, criminels et malfaiteurs justifient leur comportement par tout un tas de raisonnements logiques ou fallacieux.

Or, si des criminels aussi notoires que Francis Crowley ou Al Capone se considèrent comme innocents, que pensent alors d’eux-même des gens comme vous et moi, que nous rencontrons chaque jour ?

Ceci est une loi universelle qui est parfois très difficile à accepter : 99 fois sur cent, l’être humain se juge innocent, quelle que soit l’énormité de sa faute. La critique est donc vaine, puisqu’elle met l’individu sur la défensive et le pousse à se justifier, et elle est dangereuse, car elle blesse l’amour-propre et provoque de la rancune. La critique est comme un pigeon voyageur : la personne que nous désirons blâmer et corriger fera tout pour se justifier et nous condamnera en retour. Ou, bien souvent, elle s’exclamera : “Je ne vois pas comment j’aurais pu agir d’une autre manière !”.

Lorsque l’on étudie la vie des hommes considérés comme de grands meneurs d’hommes, comme Abraham Lincoln – que Dale Carnegie a étudié de manière très complète, écrivant même une biographie, Lincoln the Unknown – on s’aperçoit qu’en général, ils manient la critique avec une extrême précaution et font tout pour conserver l’amour propre de ceux à qui ils font des reproches.

Au lieu de condamner les personnes, il est préférable d’essayer de les comprendre, de découvrir le mobile de leurs actions. Cela est beaucoup plus agréable et productif que de critiquer, et cela nous rend plus tolérants, compréhensifs et bons.

Principe 1 : Ne critiquez pas, ne condamnez pas, ne vous plaignez pas.

Chapitre 2 : Le grand secret des relations humaines

Il n’y a qu’un moyen au monde pour amener une personne à accomplir une action : c’est de susciter en elle le désir de cette action. Évidemment, il est toujours possible d’employer la force ou l’autorité ou le chantage, mais ces méthodes ont bien plus d’inconvénients que d’avantages. C’est seulement en vous donnant ce que vous voulez que je parviendrai à vous faire agir.

Or, quels sont nos besoins ? Dans une liste préfigurant quelques peu la pyramide de Maslow, Dale Carnegie nous liste les différents besoins que nous réclamons avec une insistance inlassable :

La santé et la conservation de la vie
La nourriture
Le sommeil
L’argent et les biens qu’il procure
La survivance future
La satisfaction sexuelle
Le bonheur de nos enfants
Le sentiment de notre importance

Très souvent, la plupart de ces besoins sont satisfaits, mais il en est un qui est rarement contenté, alors qu’il est aussi profond, aussi impérieux que la faim. Ce que Freud appelle “le désir d’être reconnu”, ce dont William James parle comme “le principe le plus profond de la nature humaine” : c’est la soif d’être apprécié, reconnu, d’être considéré comme important. Ce désir distingue les hommes des animaux, chez qui il n’existe pas.

C’est ce désir d’importance qui a poussé de nombreux hommes à la naissance pourtant misérable à réaliser un glorieux destin, comme Lincoln, Dickens ou Rockefeller, et c’est ce désir qui pousse les hommes à s’acheter des voitures bien trop grosses pour leur besoins ou une maison bien trop vaste pour eux.

Dites-moi comment vous comblez ce besoin, et je vous dirai qui vous êtes. La manière dont nous comblons ce besoin est un des traits qui caractérise le mieux notre personnalité. Certains le comblent en allant jusqu’au crime, comme la tristement célèbre bande à Bonnot, d’autres en écrivant des chefs-d’oeuvres de la littérature, en bâtissant des empires commerciaux, ou en aidant les autres de toutes leurs forces, jusqu’à leur dernier souffle. L’Histoire est pleine de détails amusants sur des personnages célèbres qui s’efforcent de montrer leur importance, de George Washington, qui exigeait qu’on l’appelât “Sa Grandeur le Président des Etats-Unis” jusqu’à Victor Hugo qui désirait donner son nom à la ville de Paris.

Note : Et il suffit de se balader au cimetière du Père Lachaise et de lire les épitaphes pour se rendre compte que ce besoin d’importance accompagne nombre d’hommes jusque dans leur mort.

Or, quelle est la meilleure manière de donner à une personne cette importance qu’elle réclame tant ? C’est de le complimenter. Il ne s’agit pas ici de pratiquer la flatterie, grossière ou non, qui est dangereuse et finit souvent par se retourner contre le bonimenteur. Il s’agit d’une nouvelle attitude mentale, d’une nouvelle manière de vivre : chercher chez les autres leurs qualités et les complimenter sincèrement, leur faire part de notre admiration quand nous en avons. L’éloge sincère est le miel des relations humaines – tout le monde le recherche et l’apprécie hautement.

Principe 2 : Complimentez honnêtement et sincèrement.

Chapitre 3 : Qui en est capable a le monde avec lui, qui ne l’est pas reste seul

Pourquoi toujours parler de ce que nous désirons ? C’est vain, puéril et absurde. Évidemment, chacun d’entre nous s’intéresse à ce qu’il désire. Nous nous y intéresserons éternellement. Mais nous serons les seuls à y penser. Tous les autres sont semblables à nous sous ce rapport et ne préoccupent que de ce qu’ils pensent.

C’est pourquoi, la seule façon d’influencer son voisin est de lui parler de ce qu’il veut et lui montrer comment il peut l’obtenir.

C’est le secret du succès : se mettre à la place de l’autre, et considérer les choses à la fois de son point de vue et du nôtre. Car l’action naît de nos désirs fondamentaux, et pour influencer les autres il faut avant tout susciter chez un eux un ardent désirer d’agir.

Principe 3 : Motivez souvent pour faire ce que vous proposez.

Deuxième partie : Six moyens de gagner la sympathie des autres

Chapitre 4 : Pour être partout le bienvenu

Aimez-vous les chiens ? Si oui, pourquoi ? Est-ce que par hasard le fait que le chien vous est totalement fidèle, vous aime spontanément et sincèrement et vous fait la fête quand vous rentrez chez vous n’y est pas totalement étranger ?
Est-ce que vous appréciez quand il vous saute dessus en agitant la queue, la langue pendante, à peine la porte ouverte, s’oubliant complètement pour vous accueillir ?

Nous connaissons tous des gens qui peinent toute leur vie pour que les autres s’intéressent à eux. Vains efforts ! Les personnes ne songent qu’à elles-même. Elles y pensent le matin, le midi et le soir. Quand vous regardez une photo d’un groupe duquel vous faites partie, qui regardez-vous en premier ?

Ainsi pour que les autres s’intéressent à vous, vous devez d’abord vous intéresser à eux. Tous, que nous soyons mendiant ou roi, nous aimons ceux qui nous admirent.

Vous voulez vous rendre sympathique ? Alors notez les anniversaires dans votre agenda et souhaitez-les, accueillez les personnes avec chaleur et empressement au téléphone, montrez votre admiration et votre intérêt sincère quand l’occasion se présente. Publius Syrus le disait déjà il y a plus de deux mille ans :

Nous nous intéressons aux autres quand ils s’intéressent à nous.

Comme pour tous les conseils de ce livre, celui-ci doit être appliqué avec la plus totale sincérité. Ainsi, vous pourrez même toucher le coeur des êtres les plus puissants et les plus intouchables.

Principe 4 : Intéressez-vous réellement aux autres.

Chapitre 5 : Un moyen facile de faire une bonne première impression

Les actes en disent plus que les paroles. Le sourire dit : “Vous me plaisez”, “Je suis content de vous voir”, “Votre présence me rend heureux”, etc. Évidemment, il s’agit du sourire sincère, large et spontané qui séduit et réconforte, pas du sourire mécanique et faux qui irrite au lieux de plaire.

L’exemple le plus frappant de l’effet d’un sourire sincère est le sourire d’un enfant.
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Photo par Julien Lagarde

Souvent il est communicatif et peut transformer notre humeur la plus maussade l’espace d’un instant, le temps que nous souriions à notre tour.

Le sourire est tellement important qu’il s’entend même dans notre voix. Votre voix au téléphone sera transformée si vous souriez, essayez vous verrez 🙂 .

Essayez ceci : pendant une semaine, à chaque heure du jour, souriez, de votre sourire le plus large, le plus sincère possible, soyez aimable avec les autres, appréciez leur compagnie, car il faut que nous nous plaisions dans la compagnie de nos semblables si vous voulons qu’ils se plaisent dans la nôtre. Si c’est difficile pour vous, dites-vous que c’est juste une semaine et que vous pourrez arrêter ensuite si cela ne vous plaît pas 😉 .

Principe 5 : Ayez le sourire.

Chapitre 6 : Si vous n’observez pas ce principe… tant pis pour vous

James Farley, homme politique Américain célèbre, a réussi à devenir une pierre angulaire de la politique Américaine, incontournable pendant des décennies, alors qu’il est né dans une famille pauvre de fermiers, qu’il a perdu son père à 10 ans et a dû commencer à travailler à cet âge dans un chantier, à pousser des brouettes de sable et à faire sécher des briques au soleil. Quand Dale Carnegie lui demanda son secret, il lui répondit qu’il pouvait se rappeler du prénom de plus de cinquante mille personnes, ainsi que des détails sur la vie de chacun.

Il était l’agent électoral de Roosevelt. Il avait une méthode simple mais redoutable : chaque fois qu’il rencontrait une nouvelle personne, il recherchait ses nom et prénom – avec leur orthographe exacte – et gravait soigneusement ces détails dans son esprit, puis pouvait saluer cette personne par son prénom en la recroisant plus tard – parfois des années après.

Jim Farley savait que chacun préfère son nom à tous les autres noms de la terre. Si vous vous souvenez du nom de quelqu’un, vous faites à son propriétaire un compliment subtil et apprécié. Mais si vous l’oubliez, le prononcez mal ou l’orthographiez mal, alors vous pouvez indisposer et même fortement déplaire. Les hommes sont si fiers de leur nom qu’ils s’efforcent de le perpétuer à tout prix.

Or en général, si nous oublions les noms, c’est que nous ne prenons tout simplement pas le temps de les noter, de les répéter, et de les graver durablement dans notre esprit. Cela se travaille, et demande certes du temps, mais le jeu en vaut la chandelle.

Principe 6 : Rappelez-vous que le nom d’une personne revêt pour elle une grande importance.

Chapitre 7 : Souhaitez-vous que votre conversation soit appréciée ? C’est très facile

Comment réussir auprès de votre interlocuteur ? Comment le convaincre et mener à bien votre entretien avec lui ? Il n’y a aucun mystère : pour conquérir la sympathie de quelqu’un, la mettre de bonne humeur et la rallier à sa cause, il faut lui accorder son attention exclusive lorsqu’elle s’exprime. Rien n’est plus flatteur.

Pour cela, il faut savoir écouter sincèrement et le montrer.

Cela fonctionne aussi avec les personnes mécontentes, y compris les clients. Souvent, les clients mécontents qui se plaignent sont au fond d’eux-même blessés parce qu’on leur a montré d’une manière ou d’une autre qu’ils ne sont pas importants. Si vous réussissez à leur prouver qu’ils sont importants à vos yeux, alors souvent leur plainte s’en ira d’elle-même.

A l’inverse, si vous voulez savoir ce qu’il faut faire pour que les gens vous fuient, se moquent de vous dans votre dos, ou vous méprisent, c’est simple : n’écoutez jamais ce que disent les autres; parlez toujours de vous-même. S’il vous vient une idée alors que quelqu’un d’autre s’exprime, n’attendez pas qu’elle ait fini. A quoi bon après tout ? De toute façon, ce qu’elle ne raconte ne peut pas être aussi intéressant et brillant que ce que vous allez dire. Allez-y franchement, et coupez-la au milieu d’une phrase.

Mais si vous tenez à ce que votre conversation soit appréciée, sachez écouter : pour être intéressant, soyez intéressé. Posez des questions stimulantes, agréables, interrogez-le sur sa vie, sur ce qu’il a fait. Rappelez-vous que la personne avec qui vous parlé est cent fois plus intéressée par sa rage de dents que par la famine qui aurait causée la mort de milliers de Chinois.

Principe 7 : Sachez écouter. Encouragez les autres à parler d’eux-mêmes.

Chapitre 8 : Comment intéresser les autres

Pour trouver le chemin du coeur d’un homme, il faut l’entretenir de ce qu’il chérit le plus.

Si vous arrivez à découvrir ce qui intéresse quelqu’un, ce qui le passionne, vous n’aurez pas qu’à vous détendre et l’écouter avec intérêt pendant qu’il vous expliquera tout ce que vous voulez savoir.

Principe 8 : Parlez à votre interlocuteur de ce qui l’intéresse.

Chapitre 9 : Comment plaire instantanément

Il existe une loi primordiale que nous devons respecter dans notre rapport avec les autres. Si nous l’observons, nous gagnerons amitié et bonheur. Si nous la violons, nous ferons naître sous nos pas d’innombrables difficultés. La voici : faites sentir aux autres leur importance.

Vous tenez à l’estime de ceux qui vous entourent, vous désirez que l’on rende justice à vos mérites, et il vous est très agréable de vous sentir important dans votre petite sphère. Vous haïssez les flatteries lourdes, mais adorez les éloges sincères, vous voulez être honoré, encouragé, complimenté. Nous aspirons tous à cela.

Principe 9 : Faites sentir aux autres leur importance et faites-le sincèrement.

Troisième partie : Douze moyens de rallier les autres à votre point de vue

Chapitre 10 : Que gagnez-vous à argumenter ?

Dans sa jeunesse, Dale Carnegie adorait les controverses. Il avait étudié au collège la logique et l’argumentation, ne ratait jamais l’occasion de participer à des débats contradictoires, et a même dirigé ensuite un cours de dialectique et fait le projet d’écrire un livre sur le sujet… Puis, après avoir assisté et participé à des milliers de discussions, il les a analysés, et en a tiré une conclusion : le meilleur moyen de l’emporter dans une controverse, c’est de l’éviter. Neuf fois sur dix, chacun se retire du débat en étant plus que jamais convaincu d’avoir raison.

En effet, ces batailles là, personne ne les gagne ! Car si vous perdez, vous perdez, et si vous gagnez, vous perdez aussi, car si vous avez prouvé à votre adversaire qu’il a tort, vous lui avez fait sentir son infériorité, vous l’avez blessé dans son amour-propre et son orgueil. Or,

Homme convaincu malgré lui
Garde toujours le même avis.

Vous devrez donc choisir : un triomphe spectaculaire et théorique, ou un accord sincère. Les deux sont rarement obtenus ensemble. Vous avez beau avoir raison, cent fois raison, si vous vous acharnez à le prouver pour modifier l’opinion de votre adversaire, vos efforts seront aussi vains que si vous aviez tort.

Mais que faire alors en cas de désaccord ? L’idée est de bien accueillir le différend. Le différend est une occasion de vous enrichir, de découvrir un point de vue nouveau que vous n’imaginiez peut-être pas. Voici quelques conseils en pareil cas :

Ne cédez pas à votre première impulsion.
Maîtrisez votre colère.
Commencez par écouter.
Cherchez des terrains d’entente.
Soyez honnête.
Promettez de réfléchir aux idées de vos adversaires, de les étudier avec soin.
Remerciez sincèrement vos adversaires pour leur intérêt.
Ajournez votre action pour laisser aux deux parties en présence le temps d’examiner en détail le problème.

Principe 10 : Évitez les controverses, seul moyen de s’en sortir vainqueur.

Chapitre 11 : Un moyen infaillible de se faire des ennemis ! Comment l’éviter ?

Quand Théodore Roosevelt était président des Etats-Unis, il confessait qu’il ne pouvait être sûr d’avoir raison plus de 75% du temps. C’était l’extrême limite de ses possibilités. Si tel était le degré que pouvait atteindre un homme ayant tellement réussi, qu’en est-il de vous et moi ?

En effet, si nous pouvions être certain d’avoir raison ne fût-ce que 50% du temps, il ne nous resterait plus qu’à nous installer à Wall Street et à gagner un million de dollars par jour. Mais si nous ne pouvons pas atteindre cette proportion, pourquoi nous permettons-nous d’affirmer que les autres sont dans l’erreur ?

Ne commencez donc jamais une phrase par “Je vais vous prouver cela” ou “Je vais vous démontrer que”, car cela revient à dire “Je suis plus malin que vous, et je vais vous faire changer d’avis”, ce qui ne peut que blesser l’amour-propre des personnes sans changer leur conviction. Il est en effet difficile, même dans les conditions les plus favorables, de modifier l’opinion des autres, alors pourquoi élever des obstacles et ajouter encore de la difficulté ?

Si quelqu’un vous affirme quelque chose que vous croyez faux, n’est-il pas préférable de commencer par : “Ecoutez, je ne suis pas du tout de cet avis, mais je peux me tromper. Cela m’arrive souvent. Si je me trompe, je veux bien rectifier mon opinion… Examinons la chose ensemble, voulez-vous ?”.

Ce genre de phrases est magique car personne ne peut rien y objecter : “Je peux me tromper… voyons cela ensemble”. Qui peut trouver quelque chose à redire à cela ? Ainsi, il ne vous arrivera jamais d’ennuis si vous admettez promptement que vous êtes sujet à l’erreur.

Voici un extrait du livre La formation de l’Esprit de James Harvey Robinson pour approfondir :

Il nous arrive de modifier spontanément nos opinions sans effort et sans émotion. Mais, si l’on vient nous affirmer que nous sommes dans l’erreur, nous nous révoltons contre cette accusation et prenons instantanément une attitude défensive. C’est avec légèreté que nous formons nos convictions, mais il suffit qu’on menace de nous les arracher pour que nous prenions pour elle une passion farouche. Évidemment, ce n’est pas tant nos idées que notre amour-propre que nous craignons de voir en danger…

Principe 11 : Respectez les opinions de votre interlocuteur. Ne lui dites jamais qu’il a tort.

Chapitre 12 : Que faire quand vous avez tort ?

Un jour, l’auteur promenait son chien sans laisse et muselière dans un parc, ce qui était interdit. Il tomba nez-à-nez avec un gendarme à cheval, qui après une vive réprimande, lui dit de ne pas y revenir. Une semaine plus tard, Dale Carnegie retomba sur le même gendarme, dans les mêmes circonstances. Que fit-il ? Il se précipita au devant du gendarme, se confondit en excuses, et lui rappela qu’il lui avait promis de lui mettre une amende s’il le reprenait. Le gendarme répondit d’un ton modéré, Dale Carnegie insista sur sa culpabilité et son tort, et finalement le gendarme, clément, le laissa partir.

Car ce gendarme, comme nous tous, n’était qu’un homme : ce qu’il voulait, c’était affirmer son importance. Quand Dale Carnegie s’accusait, la seule façon qui restait au gendarme pour garder sa propre estime était d’adopter une attitude magnanime.

Quand nous savons que nous méritons une remontrance, ne vaut-il pas mieux prendre les devants courageusement et faire notre mea culpa ? Si nous nous infligeons nous même un blâme, cela n’est-il pas plus acceptable que dans la bouche de quelqu’un d’autre ?

Principe 12 : Si vous avez tort, admettez-le promptement et énergiquement.

Chapitre 13 : C’est par le coeur qu’on parvient à l’esprit

Esope, l’esclave grec du septième siècle avant JC, avait déjà expliqué l’objet de ce chapitre :

Un jour, le vent et le soleil se disputèrent pour savoir qui étaient le plus fort. Le vent dit :

– Je vais te prouver que c’est moi. Tu vois ce vieillard là-bas ? Je parie que je vais lui faire ôter son manteau plus vite que tu ne pourrais le faire.

Sur quoi, le soleil disparut derrière un nuage et le vent se mit à souffler en ouragan. Mais plus il soufflait fort, et plus l’homme serrait sa pelisse contre lui.
Finalement, le vent se lassa et tomba. Alors, le soleil sortit de derrière le nuage et sourit doucement au voyageur. Bientôt celui-ci sentit sa chaleur, s’essuya le front et ôta son manteau.

Le soleil fit alors observer au vent que la douceur et la bonté sont toujours plus forts que la violence et la fureur.

Principe 13 : Commencez de façon amicale.

Chapitre 14 : Le secret de Socrate

Quand vous voulez convaincre quelqu’un, évitez, dès le début, de soulever des questions sur lesquelles vous n’êtes pas d’accord. Concentrez-vous plutôt sur les points qui vous rapprochent et soulignez-les. L’objectif est de montrer que vous tendez vers le même but, et différez seulement sur les moyens d’y parvenir, et pour cela, de la faire dire “oui” le plus tôt possible, et de surtout faire en sorte qu’elle ne dise pas “non”.

Car comme le dit le professeur Overstreet dans son livre L’Art d’influencer la conduite humaine :

Une réponse négative est un obstacle difficilement surmontable. Quand une personne a dit “non”, tout son orgueil exige qu’elle garde une attitude constante[…]. Comprend-elle plus tard que ce non est injustifié ? Tant pis ! Elle ne peut se rétracter : elle doit ménager avant tout son précieux amour-propre. Voilà pourquoi il est extrêmement important de lancer, dès le début, votre interlocuteur dans la bonne direction : celle des acquiescements.

[…]

Quand une personne dit “non” sincèrement, avec conviction, elle fait plus qu’articuler des mots de trois lettres. […] Tout l’être est sur la défensive, tout le système neuro-musculaire se met en garde contre le consentement.

Au contraire, quand la personne dit “oui”, son organisme prend une attitude réceptive, consentante. Par conséquent, plus nous parviendrons à conquérir de “oui” et mieux nous réussirons à mettre notre auditeur dans une humeur favorable à notre proposition.

Note : ce principe est connu sous le nom “d’escalade de l’engagement” dans la psychologie de l’engagement, décrite notamment dans le Petit traité de manipulation à l’usage des honnêtes gens.

Principe 14 : Posez des questions qui font dire oui immédiatement.

Chapitre 15 : La soupape de sécurité

La plupart des personnes parlent trop lorsqu’elles doivent convaincre un interlocuteur. Laissez l’autre “vider son sac”. Il connaît mieux que vous ses affaires et ses problèmes. Posez lui des questions et laissez le s’exprimer. Cela donne de bons résultats aussi bien dans les relations professionnelles qu’amicales ou familiales.

Principe 15 : Laissez votre interlocuteur parler tout à son aise.

Chapitre 16 : Pour obtenir la coopération d’autrui

Les idées que nous découvrons par nous-même ne nous inspirent-elles pas plus confiance que celles que nous présentent prêtes à l’emploi, sur un plateau d’argent ? Si cela est vrai, n’est-il pas maladroit d’essayer d’imposer à tout prix nos opinions ? N’est-il pas plus sage de faire quelques suggestions adroites, en laissant l’autre tirer ses propres conclusions ?

Il y a vingt-cinq siècles, le sage chinois Lao-Tseu disait que la raison pour laquelle les rivières et les mers reçoivent les hommages des centaines de ruisseaux des montagnes, c’est qu’elles restent plus bas qu’eux. Elles peuvent alors régner sur tous les ruisseaux de montagne. Le sage, voulant être au-dessus des autres, se place lui-même en-dessous ; voulant être devant, il se place derrière. Ainsi, bien que sa place soit au-dessus des autres, ceux-ci ne sentent pas son poids ; bien que sa place soit devant, ils n’en sont pas blessés.

Principe 16 : Accorder à votre interlocuteur le plaisir de croire que l’idée vient de lui.

Chapitre 17 : Une formule pour accomplir des prodiges

Même si votre voisin est dans l’erreur, il ne croit pas se tromper. Ne le condamnez pas : le premier imbécile venu peut condamner. Essayez plutôt de le comprendre. C’est là le fait des êtres sages, tolérants et même exceptionnels.

En effet, pour penser et agir comme il le fait, votre voisin a une raison. Découvrez ce motif caché et vous connaîtrez le secret de ses actes, et probablement de sa personnalité.

Considérez le contraste qui existe entre l’intérêt passionné que vous portez à vos propres affaires et la tiède attention que vous portez au reste du monde. Songez, et songez bien, au fait que tous les hommes de l’univers éprouvent exactement ce que vous éprouvez. Si vous comprenez cela, alors vous vous perfectionnerez considérablement dans l’art de mener les hommes.

Principe 17 : Efforcez-vous sincèrement de voir les choses du point de vue de votre interlocuteur.

Chapitre 18 : Ce que chacun désire

N’aimeriez-vous pas connaître une phrase magique grâce à laquelle vous éviterez les querelles, dissiperaient les rancunes, stimulerez les bonnes volontés et inciterez votre interlocuteur à vous écouter avec attention ?

Oui ? Hé bien elle existe. La voici :

“Je comprend très bien votre attitude, si j’étais vous j’aurai probablement la même”.

Essayez et vous verrez 😉 .

Principe 18 : Accueillez avec sympathie les idées et les désirs des autres.

Chapitre 19 : Un appel apprécié de tous

Tous ceux que nous rencontrons ont une haute opinion d’eux-même et veulent paraître nobles et généreux à leurs propres yeux. Ainsi, l’individu a en général deux raisons d’agir : une qui fait bien, et la vraie. L’individu connaît bien la deuxième, mais il préfère mettre en avant ses motivations les plus honorables.

Donc, pour influencer les autres il est préférable de faire appel à ce qu’ils ont de plus noble. Par crainte de fissurer l’image idéaliste qu’ils ont d’eux-mêmes, ils seront plus motivés pour répondre à vos appels.

Note : La volonté de ne montrer que sa motivation la plus noble n’est pas seulement forte pour préserver l’image que l’on a de soi, elle l’est aussi pour l’image que l’on projette aux autres. Pour aller plus loin, je vous invite à télécharger les excellents cours de Jon Elster sur l’irrationnalité sur le site du Collège de France.

Principe 19 : Faites appel aux sentiments élevés.

Chapitre 20 : Le cinéma le fait, la télévision le fait, pourquoi pas vous ?

Au début du siècle dernier, un journal fut l’objet de rumeurs sournoises, qui disaient en substance que ce journal contenait trop de publicité et pas assez de texte, qu’il n’avait plus d’intérêt pour les lecteurs, etc. Il fallait agir vite pour couper court à ces rumeurs dévastatrices. Mais comment ? Le personnel du journal eut une idée géniale : ils découpèrent tous les textes non publicitaires d’une édition, et les publièrent sous forme de livre, qu’ils nommèrent Une journée. Le livre contenait 307 pages, soit une moyenne habituelle pour un livre, alors que le journal n’était vendu quà une fraction du prix habituel d’un livre.

Cette publication mit en lumière les mensonges des rumeurs, et frappa les esprits d’une manière plus convaincante et plus attrayante que n’auraient pu le faire une montagne de chiffres et d’arguments.

Principe 20: Démontrez spectaculairement vos idées. Frappez la vue et l’imagination.

Chapitre 21 : Pour déclencher une réaction

L’envie de se dépasser et la compétition sont deux moteurs extrêmements puissants de l’âme humaine. Pour obtenir des résultats, stimulez la compétition, non par l’appât du gain, mais par une émulsion plus noble, le désir de mieux faire, de surpasser les autres et de se surpasser.

Principe 21 : Lancez un défi.

Quatrième Partie – Soyez un leader : neuf moyens de modifier l’attitude des autres sans irriter ni offenser

Chapitre 22 : S’il vous faut corriger une faute, commencez ainsi

Il s’agit d’un procédé évident, mais qui donne des résultats : il nous est moins pénible d’entendre des remarques désagréables après un compliment sur nos qualités.

Principe 22 : Commencez par des éloges sincères.

Chapitre 23 : Comment corriger les autres sans vous faire détester

Un jour, une personne haut placée d’une usine d’acier se promenait dans ses ateliers. Il rencontra un groupe d’ouvriers qui fumaient. Juste au dessus de leur tête se trouvait un écriteau “Défense de fumer”. Que croyais-vous que fit cette personne ? A t-elle invectivé ces hommes en leur criant “Vous ne savez pas lire ?”. Non. Il s’est approché d’eux, leur a offert à chacun d’eux un cigare et leur dit “Vous me feriez plaisir en allant fumer ces cigares dehors”.

Que croyez-vous que ressentirent les ouvriers ? Ils étaient en infraction et savaient qu’il savait. Au lieu de les punir, il leur offra un cadeau et ne leur adressa pas un mot de reproche. Il leur avait fait sentir leur importance. Qui ne pourrait aimer un tel homme ?

Avec des personnes sensibles qui souffriraient d’une critique directe, attirez indirectement l’attention sur leurs erreurs, et vous ferez des merveilles.

Principe 23 : Faites remarquer erreurs ou défauts de manière indirecte.

Chapitre 24 : Parlez d’abord de vos erreurs

En reconnaissant nos propres erreurs, même si nous ne les avons pas corrigés, nous pouvons aider les autres à modifier leur comportement. Quelque phrases d’humilité peuvent grandement aider à faire passer la pilule de la critique.

Principe 24 : Mentionnez vos erreurs avant de corriger celles des autres.

Chapitre 25 : Personne n’aime recevoir des ordres

Un ordre trop brutal peut provoquer chez votre interlocuteur une offense qui peut durer longtemps, même si cet ordre est justifié. A la place, posez des questions comme “Pourriez-vous étudier ceci ?” ou “Pensez-vous que ce serait bien ?” ou “Voulez-vous faire ceci ?”. Poser des questions rend non seulement les ordres plus acceptables, mais stimule aussi la créativité de votre interlocuteur. Les personnes acceptent plus facilement un ordre si elles ont pris part à la décision qui est à son origine.

Principe 25 : Posez des questions plutôt que de donner des ordres directs.

Chapitre 26 : Comment ménager l’amour-propre de votre interlocuteur

Voici ce que Saint Exupéry a écrit :

Je n’ai pas le droit de dire ou faire quelque chose qui diminue un homme à ses propres yeux. Ce qui compte, ce n’est pas ce que je pense de lui, c’est ce qu’il pense de lui-même. Blesser un homme dans sa dignité est un crime.

Principe 26 : Laissez votre interlocuteur sauver la face.

Chapitre 27 : Comment stimuler les hommes

Le psychologue Jess Lair a écrit ceci :

L’éloge est comme le soleil pour l’esprit humain. Nous ne pouvons nous épanouir sans lui. Cependant, la plupart d’entre nous sommes prêts à souffler sur les autres le vent glacial de la critique, bien plus qu’à réchauffer le coeur en les complimentant.

Ainsi, reconnaissons les progrès, si légers soient-ils, de ceux que nous voulons encourager. C’est ainsi que nous les stimuleront, que nous les engageront à poursuivre leurs efforts.

Principe 27 : Louez le moindre progrès et louez tout progrès. Faites cela chaleureusement et généreusement.

Chapitre 28 : Comment inciter l’autre à se dépasser

Pour cela, il n’y a rien de mieux que de complimenter l’autre sur son potentiel ou ses actions d’éclats passées, et de lui demander s’il pense pouvoir revenir à son niveau initial ou atteindre son plein potentiel.

Principe 28 : Donnez une belle réputation à mériter.

Chapitre 29 : Comment favoriser les progrès

Dites à votre conjoint, à votre enfant ou à votre collègue qu’il est stupide, qu’il n’a aucune disposition pour tel travail ou tel jeu, qu’il le fait mal, qu’il ne comprend rien, etc, et vous détruisez en lui tout désir de se perfectionner. Mais essayez la méthode opposée : dispensez généreusement les encouragements ; arrangez-vous pour que la tâche à accomplir semble facile, montrez à celui que vous encouragez que vous avez confiance en ses capacités, dites-lui qu’il possède un talent insoupçonné… et il s’exercera au petit jour s’il le faut.

Principe 29 : Encouragez. Que l’erreur semble facile à corriger.

Chapitre 30 : Comment motiver

Pour modifier une attitude ou un comportement, il est utile de garder en mémoire les points suivants :

Soyez sincère. Ne faites pas de fausses promesses. Oubliez votre propre intérêt et concentrez-vous sur l’intérêt de votre propre interlocuteur.
Sachez exactement ce que vous voulez que votre interlocuteur fasse.
Mettez-vous à la place de votre interlocuteur.
Considérez les avantages que votre interlocuteur peut retirer en accomplissant ce que vous lui proposez.
Faites que ces avantages soient en accord avec les désirs de votre interlocuteur.
Quand vous faites une proposition, formulez-la de telle manière que votre interlocuteur comprenne qu’il va en retirer un avantage personnel.

Principe 30 : Rendez les autres heureux de faire ce que vous suggérez.

Critique de “Comment se faire des amis” :

Je suis très heureux d’avoir lu ce livre. Cela faisait des années qu’il était dans ma liste de livres à lire (qui ne cesse de s’allonger démesurément au fur et à mesure que mes lecteurs m’envoient des suggestions ! 😉 ) et j’ai enfin eu l’occasion de mettre la main dessus. Sur la forme, ce livre est écrit simplement de manière très accessible. Dale Carnegie semble écrire comme il parle, en restant très concret, concis et pertinent et en donnant de très nombreux exemples – que dis-je ! pléthore d’exemples – dont vous n’avez qu’un minuscule échantillon dans ce résumé. Ces exemples pourront sembler vieillots – ils s’échelonnent de la guerre de Sécession jusqu’à la seconde guerre mondiale pour la plupart – mais sont extrêmement variés, passant d’un président à un roi à un empereur, jusqu’à des directeurs d’usine, magnats de la finance ou ouvriers. Ils permettent de s’imprégner des concepts avec beaucoup de facilité pour comprendre comment les appliquer au quotidien.

Au niveau du contenu, ce livre me semble extrêmement intéressant de par l’importance primordiale qu’il accorde à l’égo et à l’amour propre. Dale Carnegie met en avant la nature profondément émotionnelle des êtres humains, et tout son livre tourne autour de deux concepts primordiaux :

Quoi qu’ils en disent, les hommes et les femmes sont avant tout des êtres émotionnels qui ont un besoin vital de porter un regard bienveillant sur eux-même.
Quelque soit la rationnalité d’une argumentation, ils la rejetteront dans la majorité des cas si leur amour-propre est blessé.

Une fois ces deux concepts compris, la majorité des principes de ce livre sont simples à comprendre. Reste à les appliquer. Les huit conseils que donnent Carnegie au début de ce livre – et qui pourraient facilement s’appliquer à presque tous les livres du Personal MBA – sont je pense un bon début pour bien les mettre en pratique. Comme pour tout, ces conseils sont à appliquer avec modération, sinon nous nous pourrions nous transformer je pense en machine à fabriquer de la consensualité, ce qui peut être un peu fade et hypocrite. Je pense également qu’un bon coup de pied au cul peut parfois donner plus de résultats que toute la diplomatie du monde. Mais l’approche de Carnegie ne consiste pas à adopter des trucs mécaniques pour augmenter de manière artificielle son influence, elle consiste à comprendre les deux concepts énoncés ci-dessus, à les saisir de l’intérieur pour transformer notre point de vue sur les relations humaines et toujours veiller à ce que nos interlocuteurs sortent grandis ou en tout cas indemnes de nos argumentations, confrontations et autres débats.

C’est un vaste programme. Je suis sûr que les relations humaines seraient un peu plus fluides si tout le monde appliquaient les principes de ce livre. Il est de plus une excellente introduction aux notions d’égo et d’amour propre, et le point de départ pour moi de certaines interrogations : pourquoi avons-nous tant besoin de garder une vision de nous intacte, conforme à ce que nous pensons de nous, alors même que bien souvent “nous formons nos convictions avec légèreté ?”. Pourquoi préférons-nous une vision confortable, mais faussée de nous même, à la vérité ? Qu’est-ce que l’égo ? Et l’amour-propre ? Sont-ils profondément humains et donc universels, grandement influencés par la société ou non ? Bref, de grandes interrogations intéressantes mais qui demanderont un peu de temps avant d’être approfondies 🙂 .

Je recommande donc ce livre. Il est excellent, peut changer notre façon de voir les relations humaines et se lit très facilement. Un must-have.

Points forts :

Clair et concis
Écrit très simplement et facile à lire
De nombreux exemples couvrant une large palette de situations
Concepts fondamentaux forts et pertinents
De nombreux principes à appliquer et à  intérioriser

Points faibles :

Les exemples un peu vieillots (de la guerre de Sécession à la seconde guerre mondiale principalement)
Un peu redondant parfois

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L’intelligence émotionnelle

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Phrase-résumée de « L’intelligence émotionnelle » : Daniel Goleman souhaite relever le défi par cet ouvrage, de nous rendre maîtres de nous-mêmes, de faire de nos émotions des alliés et de ne plus être leurs esclaves ; soucieux de préserver notre santé, il montre comment les émotions négatives sont dangereuses, et comment nous pouvons modifier le cours de notre vie, en nous affranchissant du prévisible dû aux gênes, grâce à l’apprentissage dès le plus jeune âge d’autres comportements ; pour cela, certaines écoles expérimentales enseignent aux enfants les aptitudes psychologiques et sociales nécessaires dans la conduite de leur vie en stimulant l’intelligence émotionnelle… il nous appartient d’appliquer la méthode à nous-mêmes !

Par Daniel Goleman, 1999, 421 pages.

Note : Cette chronique a été rédigée par Elisabeth Chervonaz-Humez
Chronique et résumé de « L’intelligence émotionnelle » :
Le défi d’Aristote :

« Tout le monde peut se mettre en colère. Mais il est difficile de se mettre en colère pour des motifs valables et contre qui le mérite, au moment et durant le temps voulus »

Aristote, Éthique à Nicomaque.

Les conséquences de nos pulsions remplissent quotidiennement les pages de nos journaux (meurtres, maltraitances, saccages…). Il peut nous arriver à tous de perdre le contrôle de nos émotions, de réagir par la colère ou la violence, par la dépression ou les regrets.

Nous avions à notre disposition des manuels de développement personnel à foison, mais sans qu’aucun d’eux ne se soit basé sur des données scientifiques. Grâce aux progrès de l’imagerie neurologique, nous pouvons maintenant commencer à comprendre le fonctionnement de notre cerveau.

Daniel Goleman pense que ce qu’il appelle « intelligence émotionnelle » est à l’origine des facultés de maîtrise de soi que l’on peut inculquer aux enfants afin qu’ils puissent utiliser leur potentiel intellectuel, quel qu’il soit, quel que soit leur quotient intellectuel (QI).

Il nous propose alors de le suivre à travers un voyage qui commence par un bilan des dernières découvertes sur l’architecture cérébrale pour se poursuivre par une description de l’intelligence émotionnelle, la maîtrise de nos pulsions, la capacité de nouer des relations d’empathie avec les autres. Puis, quittant le domaine personnel, Daniel Goleman nous entraîne dans le monde de l’entreprise où la réussite de notre carrière passe par la qualité de nos relations.
Première partie : Le cerveau émotionnel
1. À quoi servent les émotions ?

Lorsque nous devons affronter des situations d’urgence vitale, ou réaliser des tâches trop importantes, notre corps répond directement par nos émotions. Quand nous sommes dirigés par nos émotions, l’intelligence est occultée.

Les premières lois et codes moraux (comme les Dix Commandements) répondent peut-être au besoin de canaliser, domestiquer les émotions et les passions.

L’étymologie du mot « émotion » du latin « motere » qui signifie « mouvoir » et du préfixe « é » qui signifie un mouvement vers l’extérieur, nous montre bien que les émotions nous incitent à agir.

Chaque émotion provoque en nous des réactions physiologiques qui nous permettent d’agir de manière appropriée, sans que l’intelligence y puisse prendre part :
– la colère fait affluer le sang vers les mains afin qu’elles puissent frapper, prendre une arme. De l’adrénaline nécessaire à des mouvements vigoureux est aussi libérée.
– la peur dirige le sang vers les muscles moteurs (pour fuir) et nous fait ainsi pâlir en privant notre visage d’afflux sanguin. Le corps est paralysé un instant, juste le temps nécessaire à une prise de décision vitale : courir, se cacher.
– le bonheur active le centre cérébral qui inhibe les sentiments négatifs et apaise les zones cérébrales génératrices d’inquiétude. Un sentiment d’apaisement se fait sentir, permettant de se remettre rapidement d’une fatigue, ou d’une contrariété. Toutes les actions sont réalisées avec enthousiasme, facilement et de manière variée.
– l’amour, la tendresse, la satisfaction sexuelle engendrent un état de calme et de contentement, apaisant toute peur ou colère, et laissant la place à la complicité.
– la surprise entraîne invariablement un haussement des sourcils qui, en augmentant le champ visuel, permet d’engranger un maximum d’informations et ainsi de préparer une action plus adaptée.
– le dégoût réalise une sorte de grimace faciale universelle, le nez se retrousse un peu, peut-être pour permettre aux narines de se fermer à un poison toxique.
– la tristesse est bénéfique, car elle nous pousse à rester souvent reclus, chez nous, en sécurité, et de prendre le temps d’établir des projets pour l’avenir.

L’esprit rationnel et l’esprit émotionnel se complètent. Le premier nous permet consciemment d’être réfléchis et pondérés et le second nous oblige à des comportements impulsifs et parfois illogiques.

Ces fonctions et comportements découlent directement de l’histoire du développement de la Vie, depuis son apparition sur Terre : Le tronc cérébral est apparu en premier, se développant autour de la moelle épinière et prenant en charge la respiration, le fonctionnement des organes et des mouvements basiques. Après plusieurs millions d’années d’évolution, le néocortex fit son apparition, c’est ce qu’on appelle le « cerveau pensant ». Il s’est développé à partir du bulbe olfactif.

Ce développement important enserre la partie supérieure du tronc cérébral périphérique, d’où son nom de « système limbique » (venant du mot latin « limbus » : bord). Désormais, nous connaissons les émotions : désir, fureur, amour, effroi. Le développement du système limbique nous offrira la capacité d’apprentissage et de mémorisation. Il y a une centaine de millions d’années, plusieurs couches de cellules cérébrales s’ajoutèrent et firent s’accroître de manière significative la taille de notre cerveau, créant un néocortex d’Homo Sapiens incroyablement développé.

Nous pouvons alors ressentir des sensations sur les idées, les symboles, l’imagination et nous tourner vers l’art. L’augmentation de la masse du néocortex entraîne un accroissement exponentiel du nombre de connexions entre neurones. La vie affective devient de plus en plus complexe, nous permettant pour la première fois de réagir à nos propres émotions de manière variée et nuancée.

Le néocortex s’étant développé à partir des aires émotionnelles et partageant avec elles de nombreux circuits, il est aisé de comprendre pourquoi le reste du cerveau est soumis ainsi aux centres de l’émotion.
2. Lorsque les émotions prennent le pouvoir : anatomie d’un coup d’Etat

Près de la base du système limbique se trouve un petit amas en forme d’amande, ce qui lui a donné son nom : amygdale. L’hippocampe et l’amygdale sont les parties essentielles du « cerveau olfactif » primitif à partir duquel se sont formés le cortex et le néocortex. L’ablation de l’amygdale, accidentelle ou non, ôte toute capacité à donner un contenu émotionnel à ce qu’on vit ; on appelle cela la « cécité affective ». Les personnes qui en sont privées n’ont plus ni peines… ni joies.

Les dernières recherches prouvent que l’amygdale détermine nos actions avant même que notre néocortex ait eu le temps de prendre une décision réfléchie : les relations entre ces deux zones sont au cœur de l’intelligence émotionnelle.

En présence d’un événement redouté ou détesté, l’amygdale réagit instantanément et transmet l’alerte à toutes les autres parties du cerveau. En réaction à un stimulus visuel ou auditif, le thalamus est le premier à réaliser un traitement. Puis, dans un deuxième temps, il envoie les informations au néocortex (aire cérébrale de la vision, ou de l’audition) qui va pouvoir interpréter l’information, et décider de ce qu’il y a à faire. Dans un troisième temps, il transmet, si nécessaire, une partie des informations à l’amygdale, donc, au centre de contrôle de nos émotions.

Mais la découverte principale a été de constater que le thalamus transmet aussi l’information directement à l’amygdale en même temps qu’il le transmet au néocortex et que le trajet est deux fois plus court entre le thalamus et l’amygdale, autrement dit, l’amygdale reçoit l’information avant que celle-ci ne soit interprétée ! Ceci explique pourquoi nous réagissons parfois sans comprendre le sens de nos actions. L’amygdale envoie les ordres à notre corps avant même que le néocortex ait su déterminer si l’ordre est judicieux. C’est comme un circuit parallèle, plus rapide !

D’autres recherches ont aussi montré que nous réagissons à une chose bien avant que notre cerveau l’ait interprétée. L’hippocampe enregistre les données brutes, et l’amygdale retient la saveur émotionnelle des événements lors de fortes émotions. C’est pourquoi nous nous souvenons toujours d’une foule de détails du jour de la première rencontre amoureuse, ou de ce que nous étions en train de faire lors de l’annonce du décès d’une personne proche et des détails qui pourraient paraître insignifiants et que nous ne retiendrions jamais dans un contexte habituel. L’excitation de l’amygdale a pour effet d’imprimer les moments d’émotions avec une force inhabituelle.

Chez l’enfant, l’amygdale est mature bien avant le reste du cerveau, car elle est plus proche de sa forme définitive dès la naissance, alors que le néocortex continuera sa croissance même après la fin de l’adolescence. Les premières émotions importantes des toutes premières années de la vie sont donc imprimées dans l’amygdale, à un moment où nous sommes encore incapables d’analyser ces expériences avec des mots. Lorsque ces souvenirs reviennent à la suite d’un stimulus extérieur, ils déclenchent des émotions qui trouvent leur origine au tout début de notre vie, quand tout était nouveau et étonnant, et que nous manquions encore des outils d’analyse et de mise en perspective. On comprend alors mieux pourquoi nous manquons souvent de jugement lorsque nous sommes sous l’emprise d’émotions fortes.

En fait, l’amygdale déclenche des réactions impulsives et angoissées, mais, de l’autre côté du circuit menant au néocortex se trouve, dans les lobes préfrontaux, un centre qui les tempère. Il intervient lorsque nous avons peur ou que nous sommes en colère. L’information traitée par le néocortex provoque une réaction qui est alors coordonnée par les lobes préfrontaux qui planifient et organisent nos actions. Si une réaction affective est nécessaire, les lobes préfrontaux s’en chargent avec discernement et en choisissant parmi tout l’éventail des possibilités : attaquer ou fuir (comme les animaux qui n’ont que ces deux possibilités) ou aussi apaiser, persuader, gagner la sympathie, se sentir coupable, gémir, mépriser… Le cortex préfrontal agit comme un parent qui modérerait un enfant impulsif (l’amygdale) en lui demandant poliment de réagir autrement.

L’existence de ces liaisons entre le cerveau limbique et les lobes préfrontaux peut provoquer, en cas d’émotion forte, une sorte de paralysie neuronale en sabotant la capacité du lobe préfrontal à entretenir la mémoire active, comme lorsque nous sommes contrariés et que cela nous empêche d’apprendre convenablement.

Des chercheurs ont montré que, contrairement à ce que l’on pourrait penser, les sentiments sont indispensables aux décisions rationnelles et au raisonnement. Lorsque la complémentarité s’instaure entre le système limbique, le néocortex, l’amygdale et les lobes préfrontaux, la capacité intellectuelle est améliorée. C’est pourquoi nous allons essayer de mieux comprendre comment utiliser notre intelligence émotionnelle.
Deuxième partie : La nature de l’intelligence émotionnelle
3. La bêtise de l’intelligence

L’empathie, la capacité d’automotivation, la persévérance, la maîtrise des pulsions, la patience et la bonne humeur sont des caractéristiques de l’intelligence émotionnelle qui comptent beaucoup plus dans la réussite que n’importe quel test réussi de QI.

Howard Gardner, psychologue à Harvard, a inspiré le Project Spectrum qui, à titre expérimental, éduque les enfants à développer leur intelligence émotionnelle et par là même, à cultiver les dons naturels des enfants et à les cultiver. Il aime à répéter que « beaucoup de gens ayant un QI de 160 travaillent pour d’autres dont le QI ne dépasse pas 100. »

Pour mieux comprendre comment peut fonctionner une telle éducation, il nous faut apprendre à connaître et à ressentir nos émotions intelligentes.

Peter Salovey, psychologue de Yale, a défini les cinq émotions à la base de l’intelligence émotionnelle :
• La connaissance des émotions : La conscience de soi est la clé de voûte de la compréhension de soi, et de l’intuition. Ceux qui en sont maîtres conduisent mieux leur vie.
• La maîtrise de ses émotions : La capacité à adapter ses sentiments à chaque situation, à pacifier son esprit, à se libérer des angoisses, de la tristesse ou de la colère. Ceux qui possèdent cette capacité se sortent incomparablement mieux des revers de la vie.
• L’automotivation : Apprendre à canaliser ses émotions pour se concentrer, se maîtriser et s’automotiver nous permet de nous accomplir et de faire des choses remarquables.
• La perception des émotions d’autrui : L’empathie est la base de toute relation sociale, la compréhension des autres nous ouvre les portes des rapports humains les plus aboutis.
• La maîtrise des relations humaines : Il s’agit là de savoir entretenir de bonnes relations avec les autres, et de savoir gérer leurs émotions. Les personnes qui les possèdent savent se rendre populaires, diriger et conduire efficacement leurs relations avec autrui.

La plasticité du cerveau est telle que nous pouvons compenser nos insuffisances de l’une ou l’autre de ces cinq émotions par l’apprentissage, un ensemble d’habitudes ou de réactions.

Le QI et l’intelligence émotionnelle ne s’opposent pas mais se complètent et nous construisent.
4. Connais-toi toi-même

Un conte japonais raconte qu’un samouraï belliqueux demanda à un maître zen de lui expliquer le paradis et l’enfer. Le moine l’éconduit avec mépris. Le samouraï se sentant insulté tira son épée et menaça le moine de le tuer. Le moine dit alors : « Voilà ce qu’est l’enfer ». Surpris par la vérité de ces paroles, le samouraï se calma, rengaina son épée et le remercia de l’avoir éclairé. Le moine ajouta « et voilà le paradis » !
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La « conscience de soi » désigne l’attention permanente portée à son état intérieur.

La capacité d’autoréflexion est importante à développer. C’est la différence entre se mettre en colère, et penser « j’éprouve de la colère » pendant que l’on est en colère. Les circuits néocorticaux surveillent les émotions et c’est la première étape vers leur maîtrise. Reconnaître que l’on est de mauvaise humeur, c’est déjà vouloir ne plus l’être !

En tant que parents, nous avons nous aussi notre part dans l’éducation de l’intelligence émotionnelle de nos enfants : lorsque notre enfant fait mal à un camarade, l’injonction « arrête immédiatement ! » a pour effet de l’empêcher de continuer, mais la colère de notre enfant ne s’atténue pas. Nous pouvons donc lui expliquer que nous comprenons sa colère, et lui demander s’il la ressent encore.

On peut distinguer trois catégories de personnes suivant leur rapport qu’elles entretiennent avec leurs émotions :
• Ceux qui ont conscience d’eux-mêmes : Ils sont souvent subtils dans leur vie affective et indépendants, en bonne santé psychologique et ont une conception positive de la vie
• Ceux qui se laissent submerger par leurs émotions : Ils sont souvent versatiles et perdent toute distance avec les événements. Ils ne font pas grand-chose pour se défaire de leur mauvaise humeur et pensent qu’ils ne contrôlent pas leur vie affective
• Ceux qui acceptent leurs dispositions d’esprit : Les personnes généralement de bonne humeur, qui, de ce fait, ne voient pas l’intérêt à changer, et les personnes qui ont des sautes d’humeur et qui les acceptent. Les dépressifs sont souvent dans cette catégorie, résignés dans leur désespoir.

La capacité à se débarrasser d’une mauvaise humeur réside dans la conscience de celle-ci, c’est la seconde forme fondamentale d’intelligence émotionnelle.
5. L’esclave des passions

Nous ne pouvons vivre sans émotion. Daniel Goleman prône leur équilibre, à la mesure de leur valeur et de leur signification. Une émotion appropriée, proportionnée aux circonstances, nous préserve de l’ennui (moments où les émotions sont trop affaiblies) et de l’angoisse, de la fureur ou encore de la dépression (lorsqu’elles deviennent extrêmes, persistantes et pathologiques).

• La colère

La vie est faite de hauts et de bas, l’art du bien-être est qu’ils doivent se compenser. Tout comme les pensées agitent notre cerveau à chaque seconde, les émotions bourdonnent constamment en nous. L’anatomie du cerveau, comme nous l’avons vu, ne peut nous préserver d’emportements, mais nous pouvons en limiter la durée. L’exemple d’une personne venant de vous faire une queue de poisson est parlante. Que vous dites-vous ? « Quel c… ! Il aurait pu provoquer un accident ! Il ne va pas s’en tirer comme ça ! » ou bien « Peut-être a-t-il de bonnes raisons de conduire ainsi, une urgence médicale par exemple. ». Dans le premier cas, votre corps se prépare au combat, votre cœur accélère son rythme, et si, en plus, la voiture qui vous suit vous klaxonne, vous êtes alors prêt à déverser toute votre colère. Avec les secondes pensées, votre attitude est plus indulgente, elle adoucit la colère et désamorce la montée de fureur. Benjamin Franklin le disait bien « La colère n’est jamais sans raison, mais c’est rarement la bonne raison ».

La fureur est sans doute l’émotion la plus rebelle : elle procure de l’énergie, voire de l’euphorie, à l’inverse de la tristesse. Plus nous ruminons la cause de notre fureur, plus nous réinventons de bonnes raisons, et alors, nous attisons encore plus notre fureur. Reconsidérer la situation sous un angle plus positif est l’un des moyens les plus sûrs pour nous calmer.

La colère se nourrit d’elle-même. L’amygdale libère de la catécholamine à chaque poussée de colère et qui se dissipe en une vingtaine de minutes. Une pensée qui surgit lorsque ce processus d’escalade est bien avancé déclenche une bouffée de colère bien plus violente que celle ayant alimenté le mécanisme à ses débuts.

Parvenu à ce stade, l’individu ne pardonne plus et ne peut plus être raisonné. Cette grande excitation entretient une illusion de puissance et d’invulnérabilité, susceptible d’inspirer et de faciliter l’agression. Pendant ce laps de temps, toute autre pensée ou perception qui se forme, provoque la montée du niveau d’excitation de l’organisme.

Une expérience a été réalisée au cours de laquelle un assistant insultait et provoquait des sujets volontaires, testés. Lorsqu’on offrait aux sujets l’occasion de se venger de l’assistant, en donnant leur avis sur sa candidature à un emploi, ils le faisaient avec une colère mêlée de jubilation.

Une variante a été réalisée : une complice entre juste après les provocations en demandant au provocateur de sortir pour n’importe quelle raison. Elle reste même indifférente à la remarque sarcastique que lui lance l’assistant et, une fois celui-ci sorti, elle explique que le provocateur est extrêmement tendu à l’approche de ses examens. Lorsqu’on donne ensuite aux sujets irrités l’occasion de se venger, ils n’en font rien, et, au contraire, expriment de la compassion à son égard. Une information apaisante permet donc une réévaluation des événements à l’origine de la colère et offre l’occasion d’une désescalade de celle-ci.

La distraction est un procédé extrêmement efficace pour modifier son humeur. Il est donc préférable de faire une longue marche, l’exercice physique étant un excellent calmant. Ou encore, une séance de relaxation, quelques profondes respirations, un moment de détente musculaire permettent au corps de passer d’un était d’excitation à un état d’excitation moindre. L’apaisement de la colère ne se fera toutefois que si le train de pensées agressives s’interrompt.

C’est pour cela que nous pouvons nous éloigner de l’autre momentanément, en pensant à autre chose, lire, regarder la télévision ou aller au cinéma, car ces dernières activités peuvent facilement nous permettre de changer d’idées ! Une autre stratégie pour maîtriser son irritabilité est d’essayer d’être conscient de soi-même, de saisir au vol les pensées cyniques ou hostiles et de les coucher par écrit, ainsi, il est plus facile de les identifier précisément et de les contester ou de les réévaluer.

L’une des croyances populaires qui dit qu’il vaut mieux laisser libre cours à la colère s’effondre face au fait qu’au contraire, cette attitude excite davantage le cerveau émotionnel, et la personne finit par être plus en colère qu’avant.

• L’anxiété

Les pensées anxiogènes sont légion, et ne font que nous faire « tourner en rond ». L’exemple type suivant est très parlant : « Tiens, le moteur fait du bruit… Si je dois conduire ma voiture au garage, cela va me coûter cher… Il va falloir que je prenne sur ce que j’avais mis de côté pour l’école de ma fille…

Je risque de ne plus avoir la somme nécessaire pour l’inscrire… Et puis, ses notes ont baissé au dernier bulletin… Qu’est-ce qui va se passer si ses notes se mettent à baisser et s’il ne peut entrer dans cette école ?… Je crois bien que le moteur est fichu…». Et voilà, la boucle est bouclée, chaque souci renvoie à un autre, qui renvoie au bout de quelques-uns… au premier…

La peur en présence d’un danger potentiel a pour conséquence un comportement vigilant, et provoque de l’anxiété, bien normale aux temps préhistoriques, car elle permet de se concentrer sur les moyens d’y faire face. S’inquiéter permet de trouver une manière positive de remédier à la cause de l’inquiétude. Mais, lorsque le cycle s’intensifie et se prolonge, l’angoisse apparaît avec ses prolongements naturels : phobies, obsessions et compulsions, crises de paniques.

Les anxieux se racontent des histoires en sautant d’une préoccupation à l’autre, en paroles et non en images. Les insomniaques aussi sont concernés, car en fait, le problème ne vient pas d’excitation somatique, mais de pensées inopportunes.

Les anxieux chroniques sont incapables de suivre le conseil simple d’arrêter de se tracasser, ou de ne pas se faire de souci, de prendre la vie du bon côté. Toutefois, des solutions simples peuvent les aider à maîtriser leurs émotions : reconnaître les tout premiers signes physiques de montée de l’angoisse : accélération du pouls, transpiration, tremblements. Un simple exercice de relaxation peut alors être réalisé (exercice qui est pratiqué quotidiennement, afin de bien le maîtriser au moment où le besoin se fera sentir).

De suite, l’étape suivante peut être mise en route : la critique vis-à-vis de soi-même et de son anxiété (l’évaluation du risque que l’événement tant redouté se produise, les manières de parer à l’éventualité, l’utilité de remâcher sans cesse ces pensées inquiètes).

• La mélancolie

La tristesse est l’émotion dont on essaie le plus de se débarrasser. Toutefois, elle est parfois positive, en effet, l’attention se fixe sur l’objet perdu. Elle oblige à réfléchir à la signification de la tristesse, de la perte, et enfin, d’effectuer de nouveaux plans qui permettront à la vie de continuer. Le deuil est utile, la vraie dépression, non. La persistance ou non de la dépression dépend en grande partie du penchant de l’individu à ruminer.

La stratégie à mettre en place est double : d’une part, contester les pensées ruminées et les remplacer par des pensées plus positives, d’autre part, établir un programme distrayant. L’aérobic est l’un des moyens les plus efficaces pour traiter une dépression légère et une humeur négative. Une des façons efficaces pour se remonter le moral est de se gratifier d’un petit succès, de réaliser quelque chose que l’on s’est obligé à faire. L’aide aux autres est aussi l’un des moyens les plus efficaces contre la mélancolie… !

• Le refoulement ou le refus optimiste

Les personnes qui amortissent les émotions négatives en deviennent de tels experts, qu’ils n’ont même plus conscience de leur négativité ! De nombreuses personnes font tout pour ignorer des émotions comme la colère ou l’anxiété (une personne sur six). Ne pas montrer ses émotions afin d’être un exemple de stoïcisme pour ses enfants ou encore rester impassible devant une situation pénible. Les perceptions gênantes sont affadies par une activité augmentée dans le lobe préfrontal gauche (alors que le droit est le centre de la négativité). Les personnes s’autorégulent par une tranquillité de l’esprit, peut-être au prix d’une perception affaiblie de leur conscience d’eux-mêmes.
6. L’aptitude maîtresse

La « mémoire active » est l’aptitude à conserver toute information en rapport avec la tâche en cours à l’esprit. Toutefois, dans certaines situations, nous pouvons ressentir une certaine paralysie (comme lors d’un examen où nous perdons nos capacités, ou d’un spectacle où le trac nous submerge).

À l’inverse, lorsque l’enthousiasme, la confiance se mobilisent pour atteindre un but, la motivation est sans limites et les résultats parlent d’eux-mêmes. Le peloton de tête dans toute activité se distingue des autres, à niveau égal, par une capacité sans borne à la persévérance sans relâche, à la ténacité (notion que l’on retrouve d’ailleurs chez Anthony Robbins avec le CANI : Constant And Never-ending Improvement soit, une « amélioration constante en persévérant sans fin »).

Un état d’hypomanie (état de légère exaltation) est la plus plaisante pour les écrivains et les personnes créatives. Une bonne façon d’aider quelqu’un à surmonter une difficulté consiste à la faire rire… la bonne humeur libère la pensée, et donc, l’imagination.

Les personnes qui sont confiantes se fixent des objectifs plus élevés en général, et travaillent davantage et avec acharnement à leur réalisation, et donc, finalement, atteignent leurs objectifs ! Ces personnes savent se motiver et se persuader que les choses s’arrangeront lorsqu’elles connaissent un revers, car elles ont la conviction d’avoir les moyens d’atteindre leurs objectifs et la souplesse nécessaire pour découvrir d’autres voies de succès.

L’optimiste pense qu’un échec provient toujours d’un élément qui peut être modifié, de façon à ce que la prochaine fois se transforme en réussite. Les pessimistes se reprochent à eux-mêmes leurs échecs et le mettent sur le compte de leur propre « caractère », non modifiable. Certes, nous avons tous un tempérament plutôt optimiste ou pessimiste, mais il est possible d’apprendre à modifier ses attitudes par l’expérience et l’apprentissage.

La « fluidité » est le summum des émotions mises au service de la performance ou de l’apprentissage. Ce sont les moments où l’on donne le meilleur de soi, où le temps n’a pas de prise sur ce que l’on fait et que l’on va au-delà de ses propres limites. C’est une merveilleuse sensation que nous avons tous un jour connu. La discipline nous permet de la connaître plus souvent par une concentration, une discipline, une focalisation sur ce que l’on veut réaliser qui permet alors de s’affranchir de tout ce qui n’est pas la tâche à accomplir pour la réaliser sans effort. L’attention est à la fois détendue, et très focalisée. Nous sommes légèrement euphoriques. L’activité corticale du cerveau est atténuée et les dépenses d’énergie sont minimales (alors qu’une concentration tendue accroît celles-ci).
7. Les racines de l’empathie

L’empathie est la capacité de ressentir ce que les autres ressentent, de se mettre à leur place. Ceux qui la ressentent le plus sont ceux qui perçoivent le plus leurs propres émotions. L’empathie pousse donc à se soucier des autres et, dans ce sens, son contraire est l’antipathie.
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La plupart des émotions ne sont pas traduites par des mots, mais par le ton d’une voix, des gestes, l’expression d’un visage. Bien entendu, c’est un plus pour les relations amoureuses. Les enfants qui savent le mieux décrypter ses signes non verbaux réussissent mieux scolairement, bien qu’ayant un résultat au test de QI identiques à d’autres qui eux, ne reconnaissent que peu, cette façon de communiquer.

Une façon de comprendre l’autre est de comprendre l’émotion dans la manière dont il dit les choses, plutôt que dans les mots prononcés eux-mêmes. 90 % au moins des messages affectifs passent par la communication non verbale. Dès les premières heures de la vie, même les bébés ont de la peine en entendant un autre bébé pleurer. Les bébés souffrent par empathie avant même d’être conscients du fait qu’ils existent indépendamment des autres. À l’âge d’un an, ils comprennent que ces souffrances ne sont pas les leurs, mais ont envie de faire quelque chose pour l’autre, sans savoir quoi faire.

Les enfants ressentent plus d’empathie quand leurs parents leur expliquent ce que ressentent les autres en conséquence de leurs mauvaises actions par exemple. Ils aident leurs enfants à se mettre à la place de l’autre et à ressentir les émotions d’une autre personne.

Toutefois, lorsqu’un parent ne manifeste à l’enfant aucune empathie sur telle émotion que ressent celui-ci, et de façon durable, l’enfant finit même par ne plus ressentir cette émotion. Certes, ce n’est pas irrémédiable et une psychothérapie ultérieure peut en partie réparer ce handicap, mais que de temps perdu et d’émotions non vécues !

Anatomiquement, la partie droite des lobes frontaux, lésée chez certains patients, entraîne une incapacité à comprendre un message affectif passant par le ton d’une voix, se limitant au strict sens de chaque mot de la phrase (par exemple : aucune différence de perception entre un véritable « merci » et le même mot prononcé de manière irritée).

En l’absence totale d’empathie, les individus deviennent des satyres et des sociopathes. En effet, cette absence entraîne des raisonnements centrés sur la personne elle-même, en ignorant l’autre. Un violeur peut très bien raisonner ainsi : « les femmes rêvent de se faire violer. Si elle résiste, c’est qu’elle fait la difficile », les pédophiles se disent « je ne lui fais pas de mal, je lui apprends l’amour.

C’est ma manière de lui montrer mon affection », un parent maltraitant se dira après avoir battu son enfant que « c’est une bonne leçon ». Un pédophile pourra même se dire « si l’enfant ne veut pas d’acte sexuel avec moi, il peut toujours s’arrêter », il ne voit l’autre qu’à travers son propre filtre de fantasme pervers, et à aucun moment ne se met à la place de l’enfant. L’enfant n’a pas de sentiment propre pour le pédophile.

Les psychopathes se raconteront n’importe quelle histoire pour autant qu’elle aboutisse à ce qu’ils veulent de leurs victimes. Les psychopathes, souvent, ne ressentent aucune peur pour eux-mêmes (ni celle de la sentence ni celle de douleurs physiques de certains châtiments, aux États-Unis par exemple), ils ne peuvent donc pas ressentir ce que ressentent leurs victimes, et n’éprouvent aucune empathie.

  1. L’art de bien s’entendre avec les autres

Un certain calme intérieur permet de s’ouvrir aux autres et d’y être réceptif. Pour aider les autres, et gérer leurs émotions, il nous faut deux atouts de base : la maîtrise de soi et l’empathie.

Les émotions, comme de nombreuses études le montrent, sont contagieuses. Les personnes qui savent aider les autres, apaiser leurs soucis sont des personnes vers lesquelles tout le monde se tourne dans les moments difficiles. Lors d’un transfert de l’humeur d’un individu vers l’autre, la contagion émotionnelle se dirige du plus au moins expressif.

La coordination émotionnelle est ressentie lorsqu’une interaction se produit entre au moins deux personnes : les gestes des individus pendant qu’ils parlent se reflètent, les deux changent de position au même instant. La synchronie se voit parfois entre professeurs et élèves, ils s’apprécient alors, et ils se sentent heureux, enthousiastes et intéressés.

L’harmonisation que connaissent une mère et son bébé se transforme en coordination des humeurs entre adultes. On retrouve ce type de communication dans les capacités suivantes :
• L’aptitude à organiser des groupes : capacité première des leaders
• La capacité à négocier des solutions : talent des médiateurs
• La capacité à établir des relations personnelles : aptitude à éprouver de l’empathie et à communiquer. Les bons coéquipiers possèdent ce talent et on peut compter sur leur sérieux.
• La capacité d’analyse sociale : capacité de comprendre les motivations des autres, leurs sentiments. C’est l’une des capacités propres aux bons thérapeutes ou romanciers.

On comprend bien que ces aptitudes sont partie intégrante du charme, du charisme ou de la réussite sociale. C’est un plaisir de fréquenter les personnes qui les possèdent.

Les enfants ou les personnes impopulaires cherchent à s’imposer au groupe, alors que les autres prennent le temps d’observer le groupe afin de comprendre ce qui s’y passe avant de s’en approcher, puis en acceptent les règles avant d’émettre des suggestions si besoin est.

L’ultime « étape » de la maîtrise de l’habileté sociale est ce que Daniel Goleman appelle le « génie émotionnel ». Une personne capable de gérer la fureur de l’autre, c’est-à-dire, capable de la distraire de sa colère, d’éprouver de l’empathie et d’épouser son point de vue afin de lui en faire changer possède cette maîtrise que nous aimerions, j’imagine, tous posséder.
Troisième partie : L’intelligence émotionnelle appliquée
9. Ennemis intimes

L’intelligence émotionnelle peut aussi couvrir le domaine du mariage… afin d’éviter le divorce. Sans vouloir être trop caricatural, Daniel Goleman brosse un tableau où l’homme se plaint des exigences déraisonnables de sa femme, tandis qu’elle ne voit que de l’indifférence dans l’attitude de son mari vis-à-vis de ce qu’elle dit. Mais, ce « clivage » homme-femme n’apparaît pas à la naissance, il provient de la façon dont les enfants sont élevés : les parents parlant plus facilement des émotions à une fille (mis à part la colère) qu’à un garçon.

Dès 10 ans, les filles jouent ensemble par petits groupes et essaient d’asseoir leurs relations sur la coopération, les jeux de rôles. Les garçons, eux, jouent en groupes plus importants, où la compétition est souvent reine. Si un jeu doit s’arrêter parce qu’un enfant s’est fait mal, les filles se tournent de suite vers celle qui souffre, lui parlent et la consolent, alors que les garçons laissent le blessé seul, lui reprochant presque d’avoir interrompu le jeu.

Il ne faut donc pas s’étonner si une dizaine d’années plus tard, les femmes réclament des discussions afin d’échanger avec leur mari, alors que pour eux, la complicité est la façon de réaliser quelque chose ensemble, de concret.

Le secret de la communication conjugale est de se plaindre et non de faire des reproches. Voici la différence par un exemple concret entre ces deux concepts : « Quand tu oublies de prendre mes vêtements au pressing, j’ai l’impression que tu ne penses pas à moi. » ou bien « Être à ce point égoïste et sans égard ! Ça prouve bien que je ne peux vraiment pas compter sur toi pour faire les choses comme il faut, puisque tu oublies de passer au pressing ! » Le premier exemple repose sur l’émotion qu’un fait, une action, engendre chez la personne, et alors, le partenaire peut, par empathie, se mettre à la place de l’autre et une discussion saine peut s’engager. La deuxième phrase, accusatrice, juge l’autre sans procès, sans appel et le blesse. Plusieurs petites phrases identiques, régulièrement assénées ne conduisent qu’à une séparation à plus ou moins long terme ! Le conjoint accusé n’a que deux solutions : être sur la défensive, ou riposter. La riposte est stérile, surtout si elle est réalisée, elle aussi, sous forme de reproche…

Les pensées pénibles deviennent automatiques et renforcent le sentiment de victimisation de l’un ou l’autre partenaire. De ce fait, même une gentillesse sera ignorée ou minimisée, laissant libre cours à la spirale des reproches ou des ruminations des griefs que l’un a contre l’autre.

Une simple pensée comme « peut-être est-il/elle de mauvaise humeur — je me demande s’il n’a pas de problème à son travail…» permet de ne pas voir l’autre comme irrécupérable, mais comme une passe difficile que l’on peut résoudre.

Sur le plan physiologique, la submersion par la colère consiste en une élévation du rythme cardiaque. Elle commence quand le cœur atteint 100 battements par minute (au lieu de 72 pour les femmes, et 82 pour les hommes en moyenne au repos), seuil facilement accessible lors des colères ou des crises de larmes. Des hormones alors sont sécrétées par le corps afin d’entretenir un état d’alarme pendant un certain temps. Le cœur accélère alors encore de 10, 20 ou même 30 battements supplémentaires par minute. Les muscles se tendent, et parfois même des troubles de la respiration apparaissent. Les émotions ont alors totalement pris le dessus, et la meilleure façon n’est pas, pour les hommes, de se refermer dans le silence, ou, pour les femmes, de critiquer sans relâche leur conjoint, mais de prendre note qu’un problème existe. L’homme peut alors proposer à sa femme de l’écouter plus calmement et d’entendre ce qu’elle a à dire. La femme peut alors veiller à ne pas attaquer, ni critiquer personnellement son mari, mais se limiter à lui parler de son comportement et de ce que celui-ci engendre comme émotion chez elle. Il serait bon qu’elle élargisse ses idées, et surtout, qu’elle rassure son mari sur son amour.

L’homme et la femme formant un couple « idéal », et dont l’union est durable, ne s’éloignent jamais d’un sujet de désaccord et échangent leurs différents points de vue dès le départ, quels qu’ils soient. Chacun montre à l’autre qu’il est à son écoute. La tension est donc réduite, et une discussion constructrice peut s’épanouir.

Comme nous ne sommes pas tous maîtres en la matière, nous pouvons prêter notre attention à notre rythme cardiaque. Dès que celui-ci s’élève de 10 battements au-dessus de notre rythme habituel, il convient de faire part à l’autre de la conscience d’un différend, de lui assurer son écoute ultérieure, cinq minutes plus tard, le temps de se séparer afin de retrouver un rythme cardiaque normal, et de reprendre plus calmement la discussion, en prenant soin de bien définir l’objet de la discussion et de ne pas s’en écarter. Cette « procédure » peut être discutée au calme, peut-être même, dès le début d’une relation, afin de se mettre d’accord sur la façon dont le couple se comportera en cas de désaccord, dans le respect de chacun.

Daniel Goleman propose alors, afin de déterminer le sujet et de s’y circonscrire la méthode XYZ qui consiste à communiquer par la formulation suivante : « Quand tu as fait X, j’ai ressenti Y, et j’aurais préféré que tu fasses Z ». C’est une communication explicite, qui exclut la rudesse et bannit toute attitude défensive de l’autre. Le respect de l’autre et l’amour sont les meilleurs outils pour désarmer tout conflit, chacun a le droit de reconnaître sa responsabilité, ou même de s’excuser, afin de montrer à l’autre que l’ont prend en compte les sentiments qu’il exprime, même si l’on n’est pas d’accord (par exemple : « Je vois bien que tu es contrarié[e] »). La légitimation apaise le conjoint qui voit qu’il a été compris, même si le désaccord reste, l’un et l’autre savent alors ce que ressent l’autre et, dans le respect, peuvent désormais préserver le partenaire.
10. Le management, une affaire de coeur

Dans 80 % des accidents d’avion, l’erreur fatale aurait pu être évitée par une harmonie plus grande entre l’équipe et l’écoute de l’autre.

En effet, lorsque l’on est contrarié, notre attention se délite et nous avons du mal à prendre des décisions : « le stress rend les gens idiots ».

Daniel Goleman nous indique que « diriger, ce n’est pas dominer, c’est savoir persuader les autres de travailler pour atteindre un but commun ».

La première qualité dans le travail est de savoir transmettre les informations dont les collaborateurs ont besoin pour avancer, y compris celle de leur dire s’ils vont ou non dans la bonne direction à chaque étape, afin que la dernière soit une réussite. Là encore, comme dans le couple, l’exposition de griefs sous forme de critiques fécondes, la possibilité laissée à tous d’exprimer ses idées crée une atmosphère propice au travail efficace et dans la bonne humeur.

Une expression lapidaire comme « Vous êtes en train de vous planter », agrémentée d’un ton sarcastique est tout à fait stérile sur le plan de la réalisation pure d’un projet, mais plus encore, ne laisse à la personne aucune possibilité de répondre puisque le reproche est général et sans aucune proposition d’amélioration. Elle génère un sentiment de démotivation et de doute chez le collaborateur à qui cette sentence est adressée.
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Une bonne critique doit être énoncée et composée comme suit :
• description de ce que la personne a déjà accompli
• description de ce qu’elle peut encore accomplir
• énonciation sous forme de conseil afin que le collaborateur puisse entendre les suggestions d’amélioration
• sur un ton empreint d’optimisme
• précision de l’explication de ce qui a été mal fait et de ce qui doit être fait pour le corriger ou ne pas le reproduire
• prononciation avec empathie afin de sentir l’impact de ce que l’on dit sur l’autre, sans préjugé.
Dans l’entreprise, l’intelligence émotionnelle demande aussi de ne tolérer aucune intolérance.
11. Esprit et médecine

Lorsque nous sommes malades, nous nous sentons subitement faibles, vulnérables et souvent impuissants. Nous ne souhaitons que nous voir rassurés, consolés par les médecins et le personnel soignant, alors que celui-ci réalise son travail d’un point de vue « scientifique », et souvent, en négligeant l’aspect émotionnel que chaque phrase ou chaque mot fait résonner en nous.

Il faudrait que le « corps » médical tienne compte autant de la composante émotionnelle que de la composante purement physique.

Les chercheurs ont découvert que le système nerveux est relié au système immunitaire. Chaque émotion génère des hormones particulières qui ont un effet important sur les cellules immunitaires.

L’un des exemples donnés par Daniel Goleman concerne, par exemple, une opération. Si une personne dit qu’elle ne veut pas être opérée, certains chirurgiens annulent l’intervention, car ils savent que dans ce cas, les personnes réagissent extrêmement mal. Elles saignent plus, sont plus souvent infectées ultérieurement et sont plus sujettes à des complications, sans compter que le temps de convalescence est augmenté. La raison en est simple : la panique et l’angoisse augmentent la tension artérielle qui entraîne alors un saignement accru des veines ; ce qui est l’une des complications les plus ennuyeuses lors d’une opération.

De plus, toutes les études montrent que les accès de colère, répétitifs, mobilisent durement le cœur en augmentant le rythme cardiaque et la tension. Avec la répétition, il peut en résulter des dommages, même bénins au niveau des artères, des micro-fissures au niveau de l’artère coronaire en particulier, qui, sur plusieurs années, peuvent entraîner un grave problème cardiaque. Par exemple, à Stanford, on enseigne la tolérance aux personnes ayant déjà eu une crise cardiaque, ce qui diminue de 44 % le risque d’une deuxième crise.

Plusieurs études montrent que le stress pourrait diminuer et altérer les fonctions immunitaires, ce qui permettraient l’accélération de métastases, l’augmentation de la vulnérabilité aux attaques virales, et le déclenchement de crises d’asthme, entre autres, sans compter toutes les implications dans les troubles de l’appareil digestif.

Il est donc nécessaire et indispensable, surtout dans le cas de maladies graves, de traiter aussi l’état stressé, ou dépressif des patients.

La communication et l’expression des émotions sont nécessaires, et une étude là encore, a montré que les femmes survivaient deux fois plus longtemps après un traitement d’un cancer avancé du sein, si elles participaient à des réunions de discussion où elles pouvaient exprimer leurs émotions, leurs craintes et, tout simplement, échanger librement au sujet de leur maladie.

Comme l’a justement signalé un patient : « La compassion est plus que du réconfort, c’est un bon médicament ».
Quatrième partie : Possibilités
12. Le creuset de la famille

Une bonne éducation à l’intelligence émotionnelle est le principal rôle des parents. Mais certains parents ne font pas attention aux sentiments de l’enfant et les ignorent en les trouvant insignifiants, ou bien ils laissent faire et promettent des récompenses, ou des punitions… D’autres sont aussi toujours insatisfaits de leurs enfants, les méprisant et les critiquant sans cesse et ne respectant pas ce qu’ils ressentent, et même, se fâchent quand l’enfant tente de se justifier… « je t’interdis de me répondre ! »…

Une autre attitude consiste à profiter de la contrariété ressentie par l’enfant pour lui enseigner comment la dominer, en l’écoutant, et lui posant les « bonnes » questions : « es-tu en colère par ce que… ? », « Au lieu de te battre, pourquoi ne t’amuses -tu pas de ton côté ? », « Que ressens-tu maintenant ? ». Les enfants se détendent alors, deviennent moins brutaux, et plus attentifs et, par la même occasion, deviennent de meilleurs élèves car plus attentifs.

Lorsqu’un enfant demande de l’aide pour la réalisation d’un puzzle ou tout autre jeu, le fait que l’adulte vienne l’aider avec un réel plaisir ou vienne sous la contraints, ou même, ne vienne pas du tout, va façonner la manière de penser de l’enfant. Dans le premier cas, il saura qu’en cas de problème, il n’est pas seul, et peut compter sur les autres, et sera plus enclin à demander, plus tard, de l’aide à ses professeurs ou collègues. Dans le second cas, l’enfant deviendra souvent méfiant, et agressif. Le manque d’attention est certainement plus dévastateur que les mauvais traitements.
13. Traumatisme et réapprentissage émotionnel

À la suite d’une agression, même si la personne n’en est que témoin, il s’ensuit pour certains un syndrome de stress post-traumatique (PTSD) conduisant à des cauchemars, des rêves donnant même parfois une sensation de mort imminente. Les souvenirs terrifiants deviennent des détonateurs super-sensibles qui sont prêts à se déclencher au moindre signe pouvant laisser penser que les conditions sont de nouveau réunies et peuvent reproduire le fait à l’origine du traumatisme. L’amygdale est imprimée durablement et profondément.

L’une des différences importantes dans la façon dont les personnes réagissent à un PTSD est fonction de celui-ci. Elles s’en débarrasseront plus facilement si elles n’ont pas eu l’impression d’une impuissance totale : incontrôlable.
L’une des techniques utilisées pour guérir les PTSD est de faire revivre le traumatisme dans un cadre sécurisant, c’est-à-dire un contexte peu angoissant, et ensuite, d’imaginer un dénouement « magique », heureux, car cela donne au cerveau un sentiment de maîtrise. L’art est une autre technique : le processus de dessin déclenchant dans le cerveau un début de sentiment de maîtrise du traumatisme, de possibilité de le circonscrire.

Il est donc très important de débuter la guérison par l’établissement d’un sentiment de sécurité, par la relaxation, et tous les moyens de calmer les circuits émotionnels afin de préparer le réapprentissage. Puis, il faut reformuler le déroulement de ce qui s’est passé, afin d’en voir, petit à petit, le caractère complètement unique, par des détails, par des précisions, et par la description de ce que la personne a ressenti et ressent toujours au fur et à mesure de la narration de ce qui s’est passé. La répétition de cette étape permet de s’en distancier, et c’est une leçon importante reçue par le cerveau, car le discours devient plus fluide, progressivement.
14. Tempérament et destinée

Dès la naissance, nous savons tous que nous avons un tempérament privilégié parmi les quatre suivants : timide, hardi, optimiste et mélancolique. Bien entendu, avec toutes les nuances qui y sont associées.

Pourtant, nous connaissons tous de grands timides qui sont devenus de grands acteurs… La naissance ne fait pas tout, l’éducation de l’intelligence émotionnelle façonne ensuite nos émotions et peut les modifier du tout au tout.

Les généticiens nous expliquent que les gènes ne déterminent pas tout, l’environnement (en particulier pendant l’enfance) peut améliorer et modeler la manière dont le caractère s’exprimera.
Cinquième partie : Les rudiments de l’intelligence émotionnelle
15. Le prix de l’ignorance

Nous constatons avec effarement les crimes odieux commis par des mineurs pour des raisons futiles : mère tuée parce qu’elle refusait de laisser un enfant regarder la télévision, copain qui s’est moqué du futur tueur… Daniel Goleman trouve que l’on se soucie plus d’apprendre à lire à nos enfants qu’à contrôler leurs émotions afin qu’ils soient encore en vie demain…

Les enfants agressifs (futurs adultes) font le postulat que les autres sont hostiles et négligent les faits réels. Les actes suivent de suite ce qu’ils perçoivent comme des menaces.

Une possibilité pour l’école, consiste à un jeu de rôle : par petits groupes, on décrypte les émotions des uns et des autres, appelant l’empathie, mais surtout, on modifie la façon de voir l’autre, et son attitude qui n’est pas forcément menaçante. Et donc, petit à petit, l’éducation modifie la perception ressentie par les enfants, face à des actes anodins.

La dépression, les troubles alimentaires, l’isolement et l’abandon des études, l’alcoolisme et la toxicomanie peuvent aussi être atténuées par l’éducation émotionnelle.
16. L’éducation émotionnelle

La Nueva Learning Centre de San Francisco est une école qui a intégré l’enseignement de l’intelligence émotionnelle au programme de pédagogie pure.

À l’appel des élèves le matin, ceux-ci ne répondent pas par un « Présent ! », mais par un chiffre qui correspond à une humeur : « 1 » veut dire déprimé, et « 10 » signifie que le moral est au plus haut.

Ensuite, au cours de la matinée, le professeur pourra revenir ainsi sur les rejets, envies, disputes, bagarres et tous les autres événements qui ont pu se dérouler dans et hors école, afin de les mettre en perspective, de parler du comportement judicieux à adopter et surtout, de faire trouver aux enfants eux-mêmes des solutions à leurs problèmes et à ceux de leurs camarades.

Ils apprennent par différents jeux et projets à collaborer pour réussir le problème posé (car celui-ci ne peut être réalisé en solo), apprennent à arbitrer eux-mêmes des conflits entre enfants, et osent parler de leurs problèmes aux professeurs et aux autres élèves, car ils savent que ceux-ci vont les écouter et trouver des solutions avec eux, sans jugement préalable.

Dans les écoles de New Haven, on apprend aux enfants, dès la maternelle, une technique pour maîtriser les pulsions en 6 étapes :

Feu rouge
1. Marque un temps d’arrêt, calme-toi et réfléchis avant d’agir
Feu orange
2. Expose le problème et explique comment tu te sens
3. Donne-toi un but positif
4. Imagine un grand nombre de solutions
5. Pense aux conséquences possibles
Feu vert
6. Passe à l’action en appliquant le meilleur plan

Les enfants doivent suivre les 6 étapes dès qu’ils se sentent en colère, tristes, vexés afin d’apprendre chaque jour à se maîtriser et d’arriver à l’âge adulte bien plus aguerris.

Cette méthode est une variante du modèle appelé SOCS pour Situation Options Conséquences Solutions : on expose une situation et on exprime les sentiments qu’elle remue ; puis, on recherche les différentes options qui se présentent et les conséquences que chacune entraîne et enfin, on choisit la solution adéquate.

Daniel Goleman rêve que l’apprentissage de l’intelligence émotionnelle puisse enfin épargner des vies tant en diminuant le nombre de morts et d’agressions, qu’en agrémentant ce que les personnes vivent émotionnellement.
Conclusion sur « L’intelligence émotionnelle »

Daniel Goleman, docteur en psychologie, qui a enseigné à Harvard, a été touché par les accidents quotidiens relatés dans les journaux ; accident d’un genre spécial car ils sont tous la conséquence de pulsions incontrôlables. Il désire, par l’intelligence émotionnelle, pouvoir sauver des vies futures.

Le récit est truffé de statistiques, de rapports d’études et d’exemples qui étayent chacun des aspects de l’exposé.Dans cette chronique, nous avons délibérément choisi de faire l’impasse sur ces détails afin d’aller à l’essentiel de la mise en application de l’intelligence émotionnelle, pour plus de légèreté et surtout, pour nous laisser la possibilité de nous focaliser sur les solutions que propose l’auteur.

Daniel Goleman nous livre des pistes de réflexion plutôt qu’une méthode à appliquer de A à Z. Son livre traite tout aussi bien des effets physiologiques de l’apparition d’une émotion, que des dialogues intérieurs que chacun a avec lui-même et aussi des solutions que trouvent certains chercheurs. Daniel Goleman nous offre les résultats de certaines expérimentations afin de nous offrir des pistes à mettre en application.

Points forts :

Un florilège de directions à suivre par l’exposé de nombreuses pistes concrètes pour mieux maîtriser ses émotions,
De véritables solutions et exemples pour savoir communiquer de manière plus constructive avec nos enfants, notre partenaire ou nos proches
L’éventail complet des émotions est balayé ainsi que celui des différents comportements qui détruisent des vies à divers niveaux ce qui permet à chacun de trouver dans le livre au moins un cas concret qui peut nous aider ou aider nos proches… ou nous aider à les aider
Les appendices et annexes fournissent un complément très riche pour approfondir la méthode

Points faibles :

Certains principes exposés n’en sont qu’à un stade de l’expérimentation et il est parfois délicat de vouloir généraliser des cas isolés
Les exemples sont parfois simplifiés afin d’aller à l’essentiel de ce que Daniel Goleman souhaite nous dire, mais la simplification ne permet pas toujours d’appliquer une méthode
Maintes redites donnent parfois l’impression que le livre aurait pu aller plus directement à l’essentiel

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Stratégies de prospérité

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Phrase résumée du livre : D’heureuses occasions se présentent invariablement a ceux qui savent développer leurs talents, qui ont de l’ambition et qui, grâce à la discipline et à la persévérance font preuve d’initiative. Découvrez les 7 stratégies de prospérité : libérer le pouvoir des objectifs, étendre la sphère de ses connaissances, apprendre à changer, s’occuper de ses finances, maîtriser le temps, s’entourer de gagnants, apprendre l’art de bien vivre. 

De Jim Rohn, 1986, 204 pages.

Note : Cette chronique est une chronique invitée de Charles Hutin. Je le laisse se présenter :

Passionné de développement personnel, j’ai décidé de créer mon blog Vie Explosive, où je parle de développement personnel, finances, santé, entrepreneuriat. Merci donc à Olivier pour les conseils de Blogueur Pro (que j’applique!) et de me laisser participer à Des Livres Pour Changer De Vie.

Dans ma recherche de nouvelles connaissances, j’ai récemment lu l’excellent livre Stratégies de prospérité de Jim Rohn qui est très connu dans le monde du développement personnel. En voici donc la chronique.
Chronique et résumé du livre

L’auteur est sorti de l’université un an après y être entré en pensant qu’il en savait suffisamment : il avait hâte de travailler. Il reconnait que ce fût une de ses grosses erreurs de jeunesse.

A 25 ans Jim Rohn était sans ressources, sa vie était semblable à la majorité. Il travaillait déjà depuis 6 ans, et a décidé de faire un bilan : il avait des dettes, était marié, son salaire n’était que de 57$ par semaine et n’augmentait pas. Les promesses qu’il avait faites à sa femme n’étaient qu’un souvenir. Il était ambitieux et travaillait fort, il a cru que cela lui assurait le succès : deuxième erreur.

Il songeait à se lancer en affaire, mais ne passait pas à l’action car il n’avait pas de capital. C’est là qu’il fit une rencontre qui changea le cours de sa vie : Mr Earl Shoaff.

Mr Shoaff lui a enseigné toutes ses stratégies pour réussir dans la vie, et il les a mises en application. Il est devenu un conférencier émérite, connu dans le monde.

Dans son livre, il nous enseigne donc les 7 stratégies qui lui ont permis de réussir.

Les conseils évoqués sont tirés de 5 mot-clés : les principes fondamentaux, le bonheur, la prospérité, le succès et la discipline.
1ère stratégie : Libérez le pouvoir des objectifs.

Les objectifs sont des rêves clairement définis, et vous aident à trouver des motifs qui vous poussent à agir. Si vous savez ce que vous voulez, et que vous le voulez vraiment, vous trouverez inévitablement le moyen de l’obtenir.

Posez-vous la question suivante : “Qu’est-ce qui me motive vraiment?”.

Jim Rohn distingue 4 facteurs de motivation :

  1. La reconnaissance
  2. Eprouver le sentiment de réussite
  3. La famille
  4. La générosité

Se fixer des objectifs : il y a 2 types d’objectifs selon lui.

– Les objectifs à long terme :Qu’est-ce que je désire faire durant les 10 prochaines années? Dès qu’un objectif est atteint, il faut en fixer un nouveau.

– Les objectifs à court terme.

Faites en sorte que vos échecs soient douloureux. Nous pouvons comprendre que si ça fait mal, nous n’ayons plus envie d’en subir un à nouveau, tandis que si c’est anodin, alors subir un échec sera une formalité.
Il faut viser haut, suffisamment pour exiger de nous un effort, motiver à l’action mais il ne doit pas être dans les nuages pour ne pas nous décourager.

Demandez ! Demandez ce que vous désirez, mais faites le de façon intelligente. Ayez foi en vous-même et en vos objectifs.

Les priorités : lorsque vous déterminez des objectifs, il en faut des prioritaires et des secondaires. A chaque fois que vous vous posez un objectif, demandez-vous : “Est-ce un objectif majeur ou mineur?” afin de bien identifier la priorité de cet objectif.

La concentration : accordez un maximum de concentration à tout ce que vous faites. Si vous voulez rêvasser (et c’est important) faites le dans les plages de temps que vous vous êtes réservé pour ça. Le reste du temps, concentrez-vous. Vous n’imaginez pas quel effet cela aura sur votre vie.
2ème stratégie : Etendez la sphère de vos connaissances.

Il est important d’apprendre à ce saisir de tout ce qui a une réelle valeur autour de soi

Etudiez ! L’arrêt de l’école n’est pas un prétexte pour arrêter d’apprendre ! Créez un journal intime. A la fin de chaque semaine, passez du temps à réfléchir à ce qu’il s’est passé ces 7 derniers jours. Analysez vos échecs.
Les lecteurs de cet article ont également lu :https://desformations.wordpress.com/2018/04/04/le-petit-prince/
Comment acquérir la sagesse ? Il y a deux voies :

  1. La réflexion : regardez les évènements qui se sont déroulés dans votre vie et tirez en des leçons. Ainsi vous apprendrez énormément. Un expérience peut devenir une denrée monnayable, une source de richesse, mais il n’en sera ainsi que si vous prenez le temps de réfléchir à cette expérience et de la noter dans votre esprit. Un fois que vous ferez cela, vous transformerez vos expériences en quelque chose de valable.
  2. Apprendre à partir de l’expérience d’autrui : apprenez des échecs d’autrui, et ne reproduisez pas leurs erreurs. Il y a plusieurs façon d’apprendre d’autrui :

– Livres et cassettes : toutes les personnes qui réussissent lisent, lisent et relisent. C’est leur curiosité qui les pousse à lire, elles veulent savoir et sont constamment en quête de nouvelles façon de s’épanouir. Les leaders sont des lecteurs (Note d’Olivier : et si vous n’avez pas le temps de lire, consultez ma vidéo Comment lire sans lire).
– Ecouter les sagesses des uns et les folies des autres : choisissez une personne couronnée de succès et invitez-là à dîner. Posez lui des questions, et écoutez.
– Observez les gagnants et les perdants : vous désirez obtenir une promotion ? Observez vos supérieurs. Observez la manière de se comporter des gens qui ont réussi.

Si vous n’avez pas beaucoup de temps, essayer de consacrer 30 min par jour à apprendre.

“La répétition est mère de l’habileté”.

Chaque mois, mettez de côté une partie de votre revenu pour l’investir dans votre recherche de connaissances. Utilisez cet argent dans le but de cultiver le géant qui dort en vous.
3ème stratégie : Apprendre à changer.

Si quelqu’un vous donne un million de dollars, alors vous feriez bien de vous efforcer à devenir millionnaire. Un homme très prospère disait : “Si vous preniez tout l’argent qu’il y a dans le monde pour le diviser en parts égales et le redistribuer à chacun, ce même argent retournerai dans les poches de ceux qui le possédaient auparavant”.

Surpassez vous pour obtenir plus que vous n’avez déjà. Pour gagner plus, il faut montrer sa valeur et en acquérir. Vous désirez être supérieur à la moyenne ? Alors affichez un sourire supérieur à la moyenne, souciez vous de votre prochain et développez un désir intense de gagner.

Nous ne souhaitons pas que quelque chose de meilleur, nous le devenons. Le problème est en nous alors arrêtons de blâmer les autres !

Voici 3 restrictions que l’on s’impose à soi-même :

– La procrastination : elle est dangereuse, elle entraîne la stagnation. Tout remettre au lendemain est dangereux car au bout du compte les journées s’accumulent et le résultat est catastrophique à la fin de l’année.
– Le blâme : nous pointons du doigt alors que le problème est en nous même, tout cela pour défendre notre égo, nous n’avons pas à faire face à nos faiblesses ni nos défaites.
– L’excuse : les gens font d’incroyables détours pour ne pas faire face à la réalité. Il faut se poser une question : “Qu’allez-vous faire à partir d’aujourd’hui pour vous améliorer et améliorer votre vie?”.

Si vous ne vous débarrassez pas de certaines restrictions que vous vous êtes imposées, les 5 prochaines années seront semblables aux 5 dernières.

Pour progresser, il faut être discipliné ! Nous ne pouvons pas changer quelqu’un, c’est lui qui décide de changer.

Comment changer ? Nous ne pouvons pas changer du jour au lendemain, mais c’est un processus évolutionnaire composé de petits changements quasiment imperceptibles.

Apprenez à vous discipliner : seule la discipline vous permettra de faire des efforts constants pouvant former les habitudes qui vous mèneront à la réussite. Commencez par relever des petits défis, et enchaînez-les, puis augmentez petit à petit la difficulté. Par exemple, si vous souhaitez perdre du poids, alors mangez votre pain sans beurre : “Petit à petit, l’oiseau fait son nid”.
4ème stratégie : Occupez-vous de vos finances.

Si l’argent devient l’objet de votre amour, et que vous poursuivez la recherche de la fortune au dépens d’autres valeurs, vous aurez perdu et non gagné. Nos actes en disent long sur nous-même.
Jim Rohn dit qu’il faut être heureux de payer ses taxes : sans elle le gouvernement n’aurait aucun équilibre : pas de défense, de recherches et tous les services publics. En revanche il précise qu’il ne faut pas en payer de trop !

La règle des 70/30 :

Dépensez en taxes 70% de vos revenus (il parle en fait de tout ce qui est nécessaire pour vivre, comme son loyer, la nourriture, et aussi des taxes de l’Etat). Pour les 30% restants, faire comme suit :
– 10% en charité,
– 10% en investissement de capital : se lancer en affaire, même à temps partiel,
– 10% en épargne : cela vous permet d’affronter les hivers de la vie.
Les lecteurs de cet article ont également lu :https://desformations.wordpress.com/2018/03/28/preface-a-lart-daller-a-lessentiel/
Sachez rajuster votre tir.

Il se peut que l’on dévie de notre chemin comme une fusée que l’on envoie sur la lune, et dans ce cas là, il faut rajuster son tir, se remettre dans le bon chemin. C’est humain de dévier, il faut savoir se remettre sur les rails.

Faites un décompte.

Faites un état financier : inscrivez la liste de vos biens sur la moitié d’une feuille, et de vos obligations sur l’autre moitié, et soustrayez le montant de vos obligations à celui de vos biens.

Il faut avoir une certaine attitude : celle de la prospérité et du bonheur. Pour ça il faut apprendre à aimer plutôt qu’a détester, même s’il s’agit de donner de l’argent.
5ème stratégie : La maîtrise du temps.

Il faut que vous gériez intelligemment votre emploi du temps :

Votre temps est la plus précieuse de vos possessions. Elle est limitée et il est impossible d’en acquérir plus.

Il répertorie 4 attitudes vis-à-vis de la gestion de son emploi du temps :

– Se laisser aller, être en retard : nous ne pouvons pas nous laisser aller vers une vie meilleure,
– Mentalité du 9 à 5 : osciller entre le laisser aller et le travail de bourreau,
– Le bourreau du travail : provoque l’éloignement de la famille,
– Une gestion intelligente de son temps : accorder de l’importance à tous les éléments de notre vie. Travailler en mettant l’accent sur la productivité et non pas le nombre d’heure (comme nous avons tendance à le faire en étant salarié).

La maîtrise de votre temps :

Il faut apprendre à dire NON. Il est important de bien scinder le travail et l’amusement, il faut bosser quand nous sommes au travail, mais ne plus y penser lors de nos repos.

Apprenez à vous connaître : il faut savoir l’heure à laquelle nous sommes plus productifs. Jim Rohn conseille d’écrire ses idées noir sur blanc. Il faut tout coucher sur un papier et planifier ses journées. Il préconise 4 outils importants :

– Un journal : informations utiles, bonnes idées et bons conseils,
– Un classe projet : allouez une section à chaque projet,
– Un calendrier : registre des RDV, notez vos frais, le contenu des rencontres et les choses à faire,
– Un plan d’attaque : ne commencez pas une journée sans l’avoir planifiée, puis une semaine : “Qu’est-ce que je veux accomplir cette semaine?”, et enfin un mois.
6ème stratégie : S’entourer de gagnants.

Nous sommes comme les gens qui nous entourent : s’ils dépensent tous leurs revenus alors nous ferons pareil.

Nous agissons comme les personnes qui nous entourent, il faut donc toujours se demander :

– Quel effet a cette personne sur moi ?
– Suis-je d’accord de me trouver en compagnie de ces personnes?

Si vous ne savez pas trop, alors posez vous ces questions supplémentaires :

– Que vous font-elles faire?
– Que vous font-elles écouter?
– Que vous font-elles lire?
– Où vous font-elles sortir?
– Que vous font-elles penser?
– Comment vous font-elles parler?
– Comment vous font-elles vous sentir?
– Que vous font-elles dire?

Demandez vous si vos connaissances vous rapprochent ou vous éloignent des buts que vous vous êtes fixés.

Si quelqu’un essaye de vous arracher à vos rêves, alors il faut se débarrasser de son influence. Si nous ne pouvons pas (collègues …) alors il faut la limiter au maximum !

En revanche passez plus de temps avec les bonnes personnes! Trouvez des gens qui ont réussi et qui vous aideront à dresser un plan du succès.
7ème stratégie : Apprendre l’art de bien vivre.

Pour enrichir sa vie, il faut déjà privilégier la qualité à la quantité. Il ne faut pas accorder plus de pouvoir à l’argent qu’il n’en possède. Il faut savoir que l’argent amplifie. Par exemple quelqu’un qui boit, s’il possède plus d’argent se noiera dans l’alcool, pour quelqu’un qui est heureux, plus d’argent lui permettra d’amplifier son bonheur.

L’amour et l’amitié : il est très important d’aimer et d’être aimé, cela permet de vivre pleinement. Nous sommes faits pour avoir des relations. Les amis sont aussi très importants !

Les forces les plus puissantes qui sont en nous sont les émotions, voici les 5 principales :

  1. Le dégoût : il peut changer une vie s’il est bien orienté. Dès que nous atteignons un point de non retour, nous pouvons vouloir tout changer et trouver la motivation pour.
  2. La décision : une décision qui peut changer le cours de notre vie peut se vivre comme une guerre civile intérieure. Quoi que vous fassiez, nous vous arrêtez jamais à la croisée de deux chemins. Décidez : mieux vaut faire un mauvais choix que aucun.
  3. Le désir : il vient de l’intérieur de nous, et non pas de l’extérieur, mais il peut être activé par des éléments venus de l’extérieur. N’importe quoi peut déclencher le désir, donc il ne faut pas ériger des murs pour se protéger, mais se laisser envelopper par sa vie.
  4. La détermination : vous devez être capable de dire “Je veux”, “Rien ne peut résister à la volonté humaine prête à mettre en jeu sa propre existence pour atteindre son but” – B. Disraeli.
    La détermination c’est se promettre de ne jamais abandonner.
    Les lecteurs de cet article ont également lu :https://desformations.wordpress.com/2018/04/02/avant-de-quitter-votre-emploi-10-lecons-pratiques-que-tout-entrepreneur-devrait-connaitre-sil-veut-eriger-une-entreprise-multimillionnaire/
    “Pendant combien de temps essayerai-je encore de réaliser mes rêves?”. A cette question nous devons répondre “Tant et aussi longtemps que je n’y serai arrivé”.
  5. L’action : C’est l’ingrédient qui assure le résultat. Seule l’action peut provoquer une réaction positive.

“La foi sans l’action n’est d’aucune utilité. »

Les affirmations sont utiles si l’on s’en sert comme un outil pour créer l’action.

Pour finir, Jim Rohn propose de se poser toujours ces 4 questions :

– Pourquoi essayer ?
– Pourquoi ne pas essayer ?
– Pourquoi pas vous ?
– Pourquoi pas maintenant ?
Conclusion

Ce livre apporte vraiment toutes les bases en terme de développement personnel. Derrière un titre qui fait penser à l’argent, en fait ce sont 7 stratégies à mettre en place pour réussir dans tous les domaines.

Etant fan de développement personnel depuis quelques années, j’ai vraiment reconnu les préceptes indispensables que j’ai pu apprendre jusque là et j’ai aussi beaucoup appris.

J’avais déjà mis en pratique la création d’objectifs (ceux-ci n’étant pas trop détaillés sur mon blog), la gestion de mes finances via le placement sur une assurance-vie, j’essaye aussi de toujours apprendre mais je mets actuellement en pratique la stratégie n°6 : s’entourer de gagnants et ce n’est pas chose évidente. Avec ses méthodes, nous nous rendons très vite compte que certaines personnes de notre entourage nous prennent toute notre énergie. Le fait de moins les fréquenter aide vraiment à penser plus positivement et aller de l’avant.

La stratégie 5 : la maîtrise de son temps est aussi très importante, et je m’efforce via des méthodes d’organisations à mieux gérer mon temps afin d’en avoir plus de disponible.

Si je devais conseiller sur les stratégies à appliquer tout de suite, pour ma part ce serait d’abord se fixer des objectifs comme J.Rohn le préconise, toujours apprendre, et s’occuper de ses finances ! Depuis que je les mets en application, ma vie a pris un autre tournant.

Par exemple, me fixer des objectifs m’a permis de perdre du poids (11 kgs au total en 12 semaines), de développer mon business (j’ai fait croître mon trafic au dessus des 100 visites journalière, et je commence à gagner de l’argent via mon blog), et de devenir extrêmement plus sociable (je peux maintenant parler beaucoup plus facilement avec des personnes que je ne connais ni d’Eve ni d’Adam)! Vos objectifs doivent être précis et datés, et décomposés en plus petits objectifs s’ils vous semblent trop gros. Ecrivez-les pour 1 an, 5 ans et 10 ans, mais engagez vous à les tenir et ne pas les laisser trainer. Un conseil, affichez les à un endroit où vous pourrez les lire tous les jours. Autre chose, n’essayez pas d’en avoir trop, prenez les plus importants à vos yeux, si vous en avez trop vous ne ferez rien. C’est ce que j’en tire de mon “expérience” dans ce domaine.

Il s’agit d’un excellent ouvrage contenant vraiment toutes les bases pour réussir, surtout lorsque l’on débute en développement personnel. C’est un livre à offrir pour changer une vie.

Points forts :

– Des conseils assez faciles à mettre en œuvre, du concret.
– Tout est basé sur l’histoire de Jim Rohn, et de sa rencontre avec Mr Shoaff, qui lui a inculqué toutes ces valeurs et lui a beaucoup appris.
– Le livre est très facile à lire.

Points faibles :

– Malgré des conseils excellents, on sent que certains ne sont plus d’actualité, mais tout à fait adaptables.
– Il aurait mérité plus de détails concernant les objectifs.
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Le Petit Prince

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Phrase-résumée de "Le Petit Prince" : La perception du monde qui nous entoure est totalement subjective toutefois à travers des analogies et les récits du Petit Prince, Antoine de Saint Exupéry nous pousse à réfléchir sur des situations courantes de la vie qui sans nul doute changeront votre vision.

Par Antoine de Saint Exupéry, 1943, 93 pages.

Note : Ceci est une chronique invitée écrite par Kevin BODEVING du blog tondefi
Chronique et résumé de « Le Petit Prince » :

Antoine de Saint Exupéry est un écrivain, aviateur et poète. Il devient pilote durant son service militaire en 1922 et est ensuite engagé par une compagnie postale. Il se met à l’écriture en relatant ses expériences d’aviateur. Il rejoindra l’armée de l’air en 1939 et disparut lors d’une mission de reconnaissance en 1944. Lorsqu’il était à New York pendant la guerre, il écrit « Le Petit Prince » en deux versions, française et anglaise. Ce dernier sera publié en 1943 aux Etats-Unis et en 1946 en France. Le livre connait un succès mondial, aujourd’hui traduit dans plus de 300 langues, il fait partie des ouvrages les plus vendus et lus au monde.

Conté à la première personne, nous rentrons dans l’histoire à travers notre narrateur, un aviateur qui vient de tomber en panne en plein désert du Sahara. Sa machine étant endommagée, il tente de la retaper pour repartir et c’est lors des réparations qu’il fait la surprenante rencontre du Petit Prince. Un étrange petit bonhomme à la chevelure dorée venu d’une autre planète qui lui fait le récit de ses diverses aventures et rencontres avant ce jour.

« Le Petit Prince » peut, aux premiers abords, apparaitre comme un livre pour enfants, mais nous allons voir que derrière de nombreuses analogies, il y a de quoi bousculer votre perception.

Le narrateur nous fait remarquer que les adultes ont oublié qu’ils ont un jour été eux aussi des enfants. Il nous explique qu’à l’âge de 6 ans, il avait dessiné un éléphant dans un serpent boa, sans que l’on voie clairement l’éléphant, mais juste la bosse créée dans le ventre du serpent. Cependant, les adultes prenaient son croquis pour un chapeau et malgré un autre croquis explicatif, ils lui ont conseillé d’arrêter de dessiner pour se concentrer aux mathématiques, à la géographie, etc.

Qu’est ce que cela nous apprend ? L’environnement social peut nous écarter de ce que l’on aimerait. Nous sommes conditionnés à faire ce que le monde juge bien pour nous et nous allons voir à travers les 3 parties suivantes tous les autres enseignements que nous donne le Petit Prince.

Partie 1 : Trouver son équilibre
Partie 2 : Pourquoi faire attention à notre environnement
Partie 3 : Tout est une question de perception

Partie 1 : Trouver son équilibre

Le Petit Prince vient d’une autre planète et avant de rencontrer notre narrateur sur la Terre, il a effectué de nombreuses rencontres. C’est par ce biais que nous en apprenons un peu plus sur la philosophie et l’état d’esprit de notre héros.

Le Petit Prince est curieux et n’abandonne jamais une question sans recevoir une réponse. À chacune de ces rencontres, il interroge son interlocuteur sur la raison pour laquelle il agit ainsi, et ce dans le but de comprendre son comportement. Si vous vous reconnaissez à travers ces différentes situations, cela vous amènera à prendre du recul lors de futurs événements.

Sur la première planète où s’arrête le Petit Prince, il fait la rencontre d’un souverain. Le discours de ce dernier est basé sur l’autorité. Après quelques échanges, nous comprenons que l’autorité ne peut être respectée qu’à partir du moment où cette dernière est raisonnable. Le souverain explique que le fait d’ordonner un acte impossible ou déraisonnable ferait de lui un mauvais dirigeant puisqu’il demande l’impossible. Application à la vie courante, nous pouvons parfois nous retrouver dans la situation du roi, faire preuve de raison lorsque nous ordonnons quelque chose améliorera considérablement nos résultats. Au même principe que si nous sommes soumis à un ordre, prendre le recul nécessaire pour déterminer si ce dernier est raisonnable impactera le bon déroulement de la requête. Je vous laisse méditer sur cela et nous allons passer directement à la destination suivante.

Nous faisons la rencontre du vaniteux, une personne qui se cache dans son orgueil. Aveuglé par cette attente de reconnaissance, il est seul et ne fait rien. Situation tournée à l’absurde puisque l’habitant de cette planète ne fait qu’attendre les applaudissements du Petit Prince pour saluer. L’approche ici est intéressante puisqu’elle nous indique qu’être dans l’attente d’une forme de reconnaissance sans raison ne nous contentera jamais et nous finirons certainement par lasser notre entourage. L’orgueil et l’égocentrisme sont clairement des valeurs qui nous bloquent dans notre bon développement.

C’est alors au tour du buveur. Ce dernier boit pour oublier qu’il a honte… honte de boire. Paradoxal n’est-ce pas ? C’est parfois simple de s’enfermer dans une routine que l’on a soit même créée, sans prendre le recul nécessaire pour s’en rendre compte, nous serons juste piégés à jamais. Vous avez la clef pour sortir d’un processus dont vous êtes l’origine, VOUS avez pris la décision de rentrer dans cette habitude. Ici, le buveur a décidé de boire. Pour arrêter, il faudra prendre une nouvelle décision, et c’est là toute la difficulté.

La prochaine rencontre est celle du businessman. Un personnage qui se dit posséder les étoiles. Une belle analogie avec l’argent. Le Petit Prince fait remarquer qu’il est inutile de posséder quelque chose si cela ne nous apporte rien et si l’on n’apporte pas de valeur à ce que l’on possède. Ne devenez pas esclave de vos possessions, le businessman n’apprécie pas la présence de notre héros parce qu’en tant qu’homme sérieux, il se doit de compter les étoiles afin de les posséder. Quelle est l’utilité de cette possession ? C’est exactement le point que le Petit Prince soulève.
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Nous arrivons ensuite sur une toute petite planète avec l’allumeur de réverbères qui allume et éteint son réverbère parce que c’est la consigne. Respectueux de cette dernière, il continue son travail que le Petit Prince caractérise comme utile. Toutefois, l’allumeur de réverbères répète sans cesse la même action et annonce être fatigué car il n’a pas le temps de se reposer. Le Petit Prince lui indique une technique pour être fidèle à la consigne et paresseux. Cependant sa technique ne convient pas à l’allumeur. Ce dernier n’aime que dormir et la proposition du Petit Prince ne le lui permettrait pas. L’optimisation du travail grâce à une sorte d’automatisation pour acquérir de la liberté, c’est la solution apportée par notre petit bonhomme. L’allumeur de réverbères serait détesté de toutes les autres personnes rencontrées jusqu’à présent parce que c’est le seul qui ne s’intéresse pas à lui-même. En effet, le Petit Prince prône le partage et c’est sa première rencontre qui défend ses valeurs.

Sur la planète qui suit, nous faisons la connaissance du géographe. Intéressé par la visite du Petit Prince, ce dernier nous apprend qu’il est dépendant des explorateurs puisque ce sont eux qui voyagent et relatent ce qu’ils voient, ceci lui permettant de dessiner les cartes. Un travail bien peu satisfaisant si nous sommes incapables de créer ou d’avancer par nous-mêmes.

Une fois sur Terre, le Petit Prince rencontre un aiguilleur qui envoie les trains et foule de personnes tantôt vers la droite, tantôt vers la gauche. Notre héros se demande ce que tout ce monde cherche et l’aiguilleur lui répond que même le chauffeur de la locomotive ne le sait pas. Nous comprenons par notre petit héros, que les enfants savent ce qu’ils cherchent. Il est important de trouver un but afin de se diriger. Lorsque nous sommes des enfants, nous rêvons de devenir astronaute, pompier, peintre… puis on oublie. Nous devons reprendre le contrôle pour être maitre de notre destination.

Que nous enseignent toutes ces rencontres ? C’est avant tout une image du monde du travail et de l’environnement social, chaque personne en fonction de son comportement et de sa perception interprète les choses différemment. Certains agiront pour la reconnaissance, pour leurs propres intérêts, d’autres seront dépendants des consignes ou d’éléments externes et s’enfermeront abandonnant leurs plaisirs. Certains dirigeront déraisonnablement. Chaque situation est subjective et sera sujette aux motivations de chacun. Ce qu’il faut retenir est l’importance de trouver l’équilibre, prendre conscience de la position à laquelle nous nous trouvons pour nous épanouir. Il faut ouvrir son esprit sur le monde qui nous entoure sans pour autant oublier nos envies et plaisirs.

Le Petit Prince parle beaucoup de sa planète et nous allons voir en quoi gérer son environnement peut impacter notre vie.
Partie 2 : Pourquoi faire attention à notre environnement ?

Au fil des chapitres, nous en apprenons de plus en plus sur l’origine de notre héros à la chevelure dorée. En effet, c’est à travers la curiosité du Petit Prince et les nombreuses questions posées par ce dernier que nous découvrons sa planète.

Cette dernière est le reflet de nombreuses réflexions sur l’environnement et le développement personnel. Regardons cela plus en détail.

Le Petit Prince jardine régulièrement sur sa planète afin d’identifier les bonnes des mauvaises herbes. Comme l’explique ce dernier, un baobab détruirait sa planète parce qu’il serait beaucoup trop gros et les racines de ce dernier anéantiraient sa petite planète. Afin d’éviter cela il est indispensable de traiter toutes les herbes et d’identifier les bonnes des mauvaises parce qu’un baobab, avant de devenir énorme, passe par l’état de brindille.

Ici, c’est une analogie sur les problèmes, il est important d’analyser tout ce qui agit sur notre environnement afin d’identifier ce qui peut devenir un problème. En effet, détecter et contrôler dès son apparition quelque chose qui peut être néfaste à terme permettra d’éviter bien des soucis. Le bon développement de notre environnement passe donc par de petites actions régulières.

Cette idée de répéter des actions pour le bon fonctionnement est renforcée lorsque nous apprenons que la planète de notre héros est occupée par trois petits volcans. Il nous indique qu’il ramone régulièrement ces derniers afin d’éviter des éruptions qui nuiraient à sa planète. C’est ici une invitation à ne pas procrastiner, et ce afin de ne pas envenimer des situations qui par la suite peuvent s’avérer aussi compliquées à gérer.

En parlant de sa planète, le Petit Prince nous enseigne plusieurs choses sur les émotions. Lorsqu’il est triste, il regarde des couchers de soleil. Sa planète étant petite, il peut apercevoir jusqu’à 43 couchers de soleil en une journée. Le fait de détourner notre attention de quelque chose peut combler nos sentiments. Si vous êtes tristes, cherchez une chose qui vous fait oublier votre tristesse. Trouvez comme le Petit Prince votre « coucher de soleil ».

L’habitant de la planète de notre héros qui a le plus d’importance à ses yeux est une fleur. Une rose qu’il a vu sortir de sa graine, coquette, cette dernière aime que l’on prenne soin d’elle. Il la met sous globe, la protège du vent et l’arrose régulièrement au bon vouloir de cette dernière. Le Petit Prince raconte qu’il fut malheureux parce qu’il avait accordé plus d’importance aux mots qu’aux actes de la rose. Une leçon sur l’amour, plus nous éprouvons des sentiments envers une personne et plus il sera difficile de faire la part des choses entre les mots et les actes. C’est parfois lorsqu’il est trop tard que nous réalisons cela. Dans ce passage, la rose s’excuse auprès de notre Petit Prince et lui dit qu’elle a été sotte.
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Nos sentiments peuvent nuire à notre communication. En avoir conscience est déjà un très bon point pour assurer un équilibre dans ses relations et agir sans regret.

Avant de vous détailler un peu plus cette réflexion, nous devons voir un passage entre Le Petit Prince et l’aviateur. Ce dernier ne savait pas très bien dessiner puisqu’il n’avait jamais eu l’occasion d’exercer. En effet à l’âge de 6 ans, les grandes personnes avaient avorté sa carrière de peintre suite à l’échec de ces deux premiers dessins. Je vous laisse imaginer sa surprise lorsque le Petit Prince lui demanda de dessiner un mouton. Peu satisfait des croquis réalisés, l’aviateur finit par dessiner une caisse avec des trous en expliquant à son jeune juge que son mouton se trouvait à l’intérieur. Émerveillé, le petit bonhomme le remercia. L’imagination permet de créer ce que bon nous semble. La seule limite est subjective et dépendra uniquement de vous-même.

Notre héros à la chevelure dorée fut heureux d’apprendre qu’un mouton mangeait les arbustes. Cela lui offrait une solution au problème des baobabs. Toutefois, cette solution engendra une nouvelle problématique : la sécurité de sa fleur. Il se demandait alors quel intérêt ont les fleurs à avoir des épines si cela n’empêchait pas un mouton de les dévorer. Le narrateur s’énervait sur les réparations de son appareil et répondit sèchement au Petit Prince. Accordant plus d’importance à un boulon plutôt qu’à la question de notre héros, il répondit à ce dernier que les épines des roses étaient inutiles et justifiaient la méchanceté de ces dernières. Offusqué, le Petit Prince lui fit ainsi remarquer qu’il parlait comme les grandes personnes et était incapable de faire la part des choses, il fondit ensuite en larmes. Notre aviateur se retrouva devant sa réparation qui n’avait pas avancé et un petit prince à consoler.

Voici un second exemple de la nuisance de nos sentiments dans la communication. En répondant par la colère, le narrateur a blessé notre jeune héros. Nous avons tendance à trop nous concentrer sur quelque chose en dépit de notre environnement et des personnes qui nous sont chères.

Pour assurer un meilleur équilibre, il est essentiel de mesurer son environnement. Lorsque nous communiquons, le fait d’accorder toute notre attention à notre interlocuteur préviendra bien des situations. Notre jugement est souvent faussé par des éléments extérieurs.

L’approche ici est certes philosophique et psychologique, mais c’est surtout une invitation à remettre en cause notre comportement. Pour appuyer ce propos, l’aviateur nous raconte l’histoire d’un astronome. Le scientifique fit une conférence pour exposer ses découvertes révolutionnaires, mais drôlement vêtu, il passa pour un clown et personne ne releva son discours. Sa crédibilité fut ainsi nulle à cause de son accoutrement. Plusieurs mois plus tard, il reproduisit son discours, mais cette fois habillé d’un élégant costume. Tout son auditoire fut réceptif et stupéfait de ses recherches. La communication ici passe avant tout par un acte de présentation.

Le narrateur nous informe que les grandes personnes aiment les chiffres pour comprendre. Être en mesure d’imaginer une situation sans avoir un chiffre comme référence est fondamental pour comprendre la vie. Pourquoi ? L’amour, les émotions, les relations sont des choses qui ne se mesurent pas avec des chiffres. Antoine de Saint Exupéry, à travers ses personnages et situations nous invitent à développer un état d’esprit. Nous sommes bercés dans un monde rationnel, mais pour obtenir le meilleur de notre environnement, il faut dépasser certaines bases comme les chiffres et vivre l’instant présent, écouter nos relations ou encore pourquoi pas, simplement regarder un coucher de soleil.

Être conscient de ses actions et de son environnement est capital pour notre bon développement. Nous avons vu à travers ces différents passages qu’en fonction d’un choix, les conséquences engendrées seront bien différentes. Prendre du recul et réagir en pleine conscience nous permettra d’éviter des situations, mais surtout rendra notre environnement plus agréable.

Nous allons voir avec la troisième et dernière partie en quoi la perception peut tout changer.
Partie 3 : Tout est une question de perception

Le Petit Prince est arrivé sur la planète Terre, en plein milieu du désert, il est à la recherche des hommes. Il effectue différentes rencontres et nous allons ainsi percer le sens de ce voyage que nous avons effectué avec notre petit héros.

La première rencontre du Petit Prince est le serpent qui représente la clef vers un autre monde. Ce dernier informe notre jeune héros que dans le désert ou chez les hommes, nous sommes seuls dans les deux cas. Une invitation à définir la solitude. En effet, un passage d’autant plus intéressant aujourd’hui puisqu’avec les technologies, nous sommes entourés, mais pouvons ressentir quand même cette solitude. Il est important d’être authentique. C’est ce que le Petit Prince va nous apprendre par la suite.

Il fit la rencontre d’une fleur, elle l’informa qu’il existe six ou sept hommes. Ce jugement étant uniquement basé sur son vécu. Toujours en quête des hommes, le petit bonhomme fit l’ascension d’une montagne afin de prendre de la hauteur, il cria, mais ne reçut comme réponse que son écho. Il pensa alors que les hommes ne faisaient que répéter ce qu’on leur disait. Lorsque nous ne connaissons pas quelque chose, il est très simple de baser son jugement sur le peu d’informations que nous avons et ainsi être totalement dans le faux. L’importance de chercher la compréhension plus que le jugement permettra d’éviter de fausses croyances.

Son voyage continua et il arriva devant un champ de rose. Lui qui pensait être riche d’une rose unique et de trois volcans, il fut bien surpris de voir la vérité devant ce champ de roses et ces montagnes. Ce qu’il possédait n’avait rien d’unique et cela l’attrista. Il s’écroula en pleurs.
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Un court passage riche en émotions qui nous montre à quel point la vérité peut s’avérer blessante parfois. Cependant, c’est avec l’arrivée du renard que la perception de notre héros changea. Regardons cela plus en détail.

Le renard apprend au petit prince ce que signifie apprivoiser. C’est en créant des liens qu’une chose semblable à d’autres devient unique. Il n’est pas ici question de posséder, mais d’ajouter de la valeur, de se faire grandir. Une relation fonctionne lorsque les deux parties en tirent profit, il doit exister cette harmonie. Lors du départ du Petit Prince, le renard indique qu’il est triste, mais grâce aux moments partagés avec lui, chaque fois qu’il regardera un champ de blé, il sera heureux.

Nous faisons très facilement des liens et rapprochements entre les choses. L’aspect d’unicité c’est le fait de nous approprier quelque chose, au même titre que je vous invite à le faire avec ce livre. Je suis certain que vous verrez et comprendrez des choses différemment de ce que je vous décris ici. Le renard enseigne au Petit Prince pourquoi sa rose est unique. C’est le temps qu’il lui a consacré qui la rend si importante à ses yeux.

L’aviateur a fini son eau et avec le Petit Prince, ils se mirent à la recherche d’un puits. Nous apprenons que le désert est magnifique justement parce qu’il renferme un puits. Le désert est simplement l’analogie de notre intérieur. En chacun de nous, il y a un puits, un trésor caché et c’est la recherche de ce dernier qui rend le tout merveilleux. La prise de conscience de cela nous permettra d’avancer pour trouver « notre puits ». La traversée du désert peut s’apparenter aux moments difficiles de notre vie, nous pouvons ainsi abandonner et mourir de soif ou nous pouvons commencer à marcher pour nous mettre en quête du « puits ».

C’est en effet une approche très abstraite et philosophique, mais cela nous montre qu’en fonction de notre perception, une situation peut être totalement différente. Ce que nous cherchons n’est pas toujours visible. Au contraire, nous avons tendance à trop nous fier à ce que nous voyons en nous concentrant sur un fait ponctuel oubliant tout le processus l’ayant provoqué.

Le Petit Prince explique à l’aviateur qu’une fois parti, ce dernier n’aura qu’à lever les yeux vers les étoiles pour l’entendre rire. De ce fait aux yeux de l’aviateur, toutes les étoiles seront des petits grelots alors que pour d’autres ce ne sera que des lumières dans le ciel.

Le narrateur réalise alors qu’il n’avait pas fait d’attache à la muselière du mouton. Peut-être que le mouton aura mangé la rose du Petit Prince et que ce dernier pleurera. Ou peut-être que non. L’aviateur n’aura jamais la réponse et le fait de penser que « oui » ou « non » le fera entendre les étoiles rire ou pleurer. La perception est subjective et change totalement sa vision.

Nous sommes maitres de notre perception et c’est à nous de décider si nous voulons voir la vie positivement ou négativement. En effet, le Petit Prince nous montre que notre état d’esprit orientera nos choix et émotions. Toute notre vie est basée sur des choix simples et personnels.
Conclusion sur « Le Petit Prince » :

Le Petit Prince a littéralement changé ma vie. Pourquoi ? C’est un livre que j’ai lu étant plus jeune puis par hasard je suis retombé dessus et j’ai décidé de le relire. Cette approche fut totalement novatrice puisqu’à la différence de ma première lecture, je comprenais cette fois les analogies. Je fis ainsi des rapprochements directs à ma vie et au monde qui m’entoure, chose dont je n’étais pas forcément apte à ma première lecture.

Comme nous l’avons vu, c’est à travers de nombreux personnages et des passages riches en émotions comme celui du renard ou les nombreux échanges avec l’aviateur, que nous sommes, nous lecteurs, amenés à nous remettre en question. Le Petit Prince n’est donc pas destiné qu’à des enfants dans le but d’éduquer sur des principes clefs, mais bel et bien un voyage au cœur de nous-mêmes.

Personnellement, au-delà de questionnements, le livre m’a surtout permis de trouver des réponses. Je vous invite à écrire par une phrase simple, une problématique que vous avez et de lire ensuite Le Petit Prince. À défaut de vous donner la réponse directe, vous trouverez une ligne directrice pour orienter vos recherches vers votre solution.

Je considère Le Petit Prince comme un « must have » puisqu’étant très court il permet d’être lu et relu tout en apportant à chaque nouvelle lecture quelque chose de nouveau. Bien qu’assez philosophique, il traite directement de nombreuses notions fondamentales pour notre route vers le bonheur.

Bref, il a été mon premier pas vers le développement personnel et je le conseille vivement. Gardez votre esprit vif et lisez entre les lignes, ne vous arrêtez pas à une simple rose ou un renard qui parle.

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Points forts :

Court et facile à lire
Chaque nouvelle lecture apporte quelque chose en plus
Le livre permet de se remettre en question sur de nombreux points
La richesse du livre est aussi grande que votre imagination

Points faibles :

Demande de la réflexion pour appliquer ses enseignements
Les réflexions sont limitées à votre imagination
Beaucoup de sujets soulevés sans forcément être très approfondis

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